• L'idée d'un aménagement global de notre espace vital est relativement neuve : elle est née au XXe siècle d'une réaction contre les désordres du XIXe siècle ; elle concerne aujourd'hui les pays du tiers-monde aussi bien que les pays développés.
    En effet, les révolutions techniques qui se sont succédé depuis les environs de 1930 ont bouleversé les données antérieures. Elles ont diversifié les ressources, décentralisé le potentiel économique, diffusé les communications de toute nature et permis ainsi la liberté géographiques des activités. Aux États-Unis et en Europe occidentale, l'évolution récente prouve la vigueur des nouvelles tendances : les mégalopoles éclatent, le milieu rural bénéficie de l'exode urbain et les "zones résidentielles privilégiées" sont en pleine expansion. En France même, le recensement de 1982 a révélé une véritable mutation.
    On peut donc mener désormais partout des politiques tendant à organiser une croissance harmonieuse et à constituer des communautés régionales vivantes, largement autonomes. Les doctrines et les méthodes correspondantes font ici l'objet d'analyses concrètes qui s'appuient sur de nombreuses études régionales, de l'Alsace eu Choletais et des Pays-bas à la Côte d'Ivoire. Tous ces exposés sont d'autant plus accessibles qu'ils sont volontairement exempts de tableaux statistiques et de graphiques. Ils peuvent être lus par tous ceux qui s'intéressent aux problèmes de cadre de vie et à ceux de la décentralisation économique et institutionnelle.

  • Le mouvement régionaliste a été stimulé, sinon engendré, par les développements du progrès technique. On peut dire, sans excès, qu'il est apparu à l'âge du chemin de fer et qu'il s'est épanoui à l'âge de l'automobile, l'extension de relations courantes entraînant l'élargissement des horizons de la vie quotidienne.
    Ce mouvement répond à trois autres exigences : mieux répartir les tâches des pouvoirs publics, « décoloniser la province » en offrant à ses élites des responsabilités effectives, libérer les citoyens de l'anonymat jacobin ou concentrationnaire en les enracinant dans un paysage et une histoire.
    C'est pourquoi, au-delà des vicissitudes politiques et administratives, la question régionale demeure d'une actualité permanente en France comme dans le reste de l'Europe. Les solutions qu'elle appelle et qu'expose ici J.-F. Gravier seront, sans doute, différentes selon les traditions et les structures ; mais elles impliquent toutes une répudiation explicite du système napoléonien, une décentralisation générale des pouvoirs de décision et, finalement, une nouvelle idée de la société. Ce livre vient à son heure pour faire le point sur l'un des problèmes majeurs de l'avenir national.

  • Cet ouvrage vise à remplacer deux livres aujourd'hui épuisés : « Paris et le désert français (1947) », « Mise en valeur de la France » (1949). Les thèses soutenues par J.-F. Gravier sont maintenant bien connues et ont exercé ces dernières années une grande influence, tant sur l'évolution de l'opinion que sur la politique gouvernementale de décentralisation industrielle et d'aménagement du territoire. On dispose aujourd'hui d'un recul suffisant, de faits assez nombreux et de statistiques assez sûres, pour établir que cette politique correspond à une transformation, des structures économiques et sociales, commandée par le progrès technique récent. Nous ne sommes plus à l'âge du charbon, mais dans l'ère de la houille blanche, du pétrole et de l'énergie nucléaire. Afin d'assurer aux faits une présentation aussi vivante et aussi concrète que possible, l'ouvrage est composé d'une centaine de textes assez brefs, dont chacun est le commentaire d'un graphique ou d'une carte illustrant tel ou tel aspect des problèmes traités.

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