• Contempler un tableau ou un paysage, écouter une pièce de musique, s'immerger dans un univers sonore, lire un poème, voir un film : telle est l'expérience esthétique. Or, dans chaque culture humaine, elle est de toutes les expériences communément vécues à la fois la plus banale et la plus singulière. Singulière car elle a pour condition qu'on s'y adonne sans autre but immédiat que cette activité elle-même ; banale, car elle n'en demeure pas moins de part en part une des modalités de base de l'expérience commune du monde. Elle exploite le répertoire de l'attention, de l'émotion et du plaisir mais elle leur donne une inflexion particulière, voire paradoxale. Il s'agit donc, démontre Jean-Marie Schaeffer, de comprendre non pas l'expérience des oeuvres d'art dans sa spécificité, mais l'expérience esthétique dans son caractère générique, c'est-à-dire indépendamment de son objet. Si l'expérience esthétique est une expérience de la vie commune, alors les oeuvres d'art, lorsqu'elles opèrent esthétiquement, s'inscrivent elles aussi dans cette vie commune. Mais n'est-ce pas là ce qui peut arriver de mieux et aux oeuvres et à la vie commune ? Faisant appel aux travaux de la psychologie cognitive, aux théories de l'attention, à la psychologie des émotions et à la neuropsychologie des états hédoniques pour en clarifier la nature et les modes de fonctionnement, l'ambition philosophique de cet ouvrage est de comprendre le comment de l'expérience esthétique - la généalogie évolutionnaire de cet emploi si singulier de nos ressources cognitives et émotives - et le pourquoi - ses fonctions, existentielles tout autant que sociales. Après cela, il sera difficile de penser l'expérience esthétique comme autrefois. Prix Dagnan-Bouveret 2015

  • Les années 90 ont vu une renaissance remarquable des réflexions philosophiques consacrées à l'esthétique. De là à croire à une renaissance de la doctrine esthétique elle-même conçue comme une discipline philosophique fondatrice, il n'y a qu'un pas que certains philosophes se sont empressés de franchir. L'objet de cet essai est de montrer le caractère illusoire d'une telle croyance.

  • Afin de déterminer la spécificité de l'expérience esthétique, Jean-Marie Schaeffer étudie les conduites esthétiques, la réception des oeuvres d'art et le rapport entre la fonction esthétique et les fonction cognitives.

  • Quoi de plus familier que l'image et l'art photographiques ? Or, cette familiarité même est cause de nombreux malentendus, prétexte à mauvais procès. L'étude - sans concession - que propose ici Jean-Marie Schaeffer doit aider à sortir de ce brouillard. L'image photographique est d'un statut complexe : d'une part, et avant tout, elle est l'empreinte laissée sur une surface sensible par l'objet qu'elle représente ; d'autre part, comme image, elle entretient un rapport analogique avec la vision humaine. Entre empreinte et analogie se tissent des relations difficiles. D'où quelques vrais et faux problèmes - par exemple celui-ci : qu'en est-il de l'« objectivité » photographique ? D'où aussi la multiplicité des usages de la photo, et la diversité, autour d'elle, des stratégies de communication. L'art photographique est l'art de tous les dangers. En témoigne la tentation permanente de construire l'image selon des modèles picturaux, de la saturer de stéréotypes visuels et culturels. Comme si la photo avait peur d'elle-même, et de sa spécificité : art précaire et irréductible, art de la trace, indifférent à toute surenchère interprétative, art profane qui se contente de donner à voir. Avec l'Image précaire, la collection « Poétique » ouvre son champ à l'ensemble des pratiques artistiques.

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