• Concernant les seniors, le système français continue d´entretenir l´inactivité plutôt que l´emploi. Si les préretraites publiques ont peu à peu disparu depuis dix ans, la majorité des entreprises choisissent aujourd´hui encore d´ajuster leurs effectifs à la baisse par le départ des seniors. Et cette volonté ne rencontre guère de résistance chez les intéressés, dans la mesure où un système d´assurance chômage spécifique leur permet d´attendre la retraite dans des conditions acceptables. Nous proposons une réforme qui, en rendant plus difficile l´accès à la retraite via le chômage indemnisé, permettrait de limiter les sorties consensuelles de l´emploi par une combinaison optimale entre assurance et incitations en fin de carrière. Il faudrait compléter ce dispositif par une taxe spécifique pénalisant les entreprises qui continueront de licencier des seniors.

  • Autrefois considéré comme un exemple à l'échelle planétaire, le modèle social français est aujourd'hui à bout de souffle.Temps de travail en baisse, pré-retraites longtemps encouragées, disparition progressive de secteurs entiers de l'industrie, refus de créer des emplois peu qualifiés car jugés « indécents », système d'aides aux effets pervers : en voulant éviter à tout prix le chômage, la France a fait le choix de l'inactivité. Pour finalement récolter les deux.Redéfinir un nouveau modèle social s'impose, selon Jean-Olivier Hairault, économiste et chercheur associé au CEPREMAP (Centre pour la recherche économique). En sacrifiant l'illusoire égalité idéologique pour oser un nécessaire pragmatisme. En travaillant davantage pour réduire les impôts et la dette publique tout en préservant un haut niveau de protection sociale. Ainsi seulement la France se prouvera à elle-même qu'elle est à la fois protectrice et compétitive.

  • En France, l'emploi des seniors est en panne, tandis que nos voisins européens ont mieux réussi dans ce domaine depuis le milieu des années 1990. Existe-t-il une spécificité, voire une fatalité française, ou nos réformes sont-elles inadaptées, donc inopérantes ?Cet opuscule propose d'aller beaucoup plus loin dans les politiques d'incitation à la prolongation d'activité, encore bien timides en France. Il faut casser la norme du départ précoce en mettant en place de fortes surcotes en capital et une liberté complète dans le cumul emploi-retraite. Une telle politique aura des conséquences positives sur l'emploi après 60 ans, mais également sur celui des quinquagénaires en repoussant les effets de bord créés par l'âge de la retraite, qui freinent fortement la demande et l'offre de travail des seniors.

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