• Écrire, publier, parler de son oeuvre, tout cela comporte parfois des risques qu'écrivains et intellectuels acceptent d'assumer. Ces risques sont-ils les mêmes pour les femmes et pour les hommes ? Et s'ils sont différents, en quoi le sont-ils ? Pour les femmes qui écrivent, quels thèmes, quelles figures donnent corps à l'idée du risque ?

  • Comme le laisse entendre un numéro récent d'Interférences littéraires consacré à la réflexion d'auteur, écrire (une lettre) à ou sur d'autres créateurs, hommes ou femmes, ou encore au grand public, selon le cas, consiste souvent, pour l'écrivain moderne et contemporain, à tenter de mettre en place une représentation singulière de soi, de son travail et de ses préoccupations intellectuelles - de se construire une identité particulière et de se forger une place précise dans le champ littéraire. Ce peut être donc une occasion de parler de la littérature, ou « à la société, de la société », tout en gérant son image d'auteur. Théoriciens et critiques de la correspondance le rappellent bien : depuis surtout le xixe siècle, la lettre est à divers degrés toujours mise en scène de soi ou de sa pensée par soi, qu'il s'agisse de la missive privée, définie comme substitut de la parole soustrait à la communication publique, ou de l'essai littéraire ou l'oeuvre s'offrant, au sens où l'entend Jacques Derrida, comme une lettre ouverte. Il arrive, par exemple, que l'auteur profite de l'espace de la lettre pour s'adonner à des réflexions pouvant nourrir son travail ou à des exercices de style pouvant se transposer dans l'espace de l'oeuvre littéraire à proprement parler.

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