• L'auteur montre comment une certaine logique de l'inconscient rencontre d'autres logiques, sociales, pour modeler les manifestations corporelles.

  • G. Le Breton nous raconte ici ses années de guerre et de résistance.

  • Nadja

    André Breton

    "J'ai pris, du premier au dernier jour, Nadja pour un génie libre, quelque chose comme un de ces esprits de l'air que certaines pratiques de magie permettent momentanément de s'attacher, mais qu'il ne saurait être question de se soumettre. J'ai vu ses yeux de fougère s'ouvrir le matin sur un monde où les battements d'ailes de l'espoir immense se distinguent à peine des autres bruits qui sont ceux de la terreur et, sur ce monde, je n'avais vu encore que des yeux se fermer."

  • L'amour fou

    André Breton

    "Je vous souhaite d'être follement aimée." Un des textes fondamentaux du surréalisme. Un des ouvrages de Breton dans lequel s'offre le plus ouvertement la gamme entière de ses "charmes". Le hasard et le désir, la vie et le rêve, le monde et l'homme entretiennent ici une mystérieuse correspondance de tous les instants.

  • "Lorsque, au printemps de 1919, André Breton et Philippe Soupault conçoivent et expérimentent la méthode d'écriture d'où naîtront non seulement Les Champs magnétiques mais deux pièces de théâtre : Vous m'oublierez et S'il vous plaît, sans compter nombre de textes automatiques, l'un a vingt-trois et l'autre vingt-deux ans. Au même âge, Rimbaud venait de rompre avec la poésie ; Isidore Ducasse s'arrachait aux Chants de Maldoror et affrontait cette Préface à un livre futur par quoi se donnent les Poésies.
    En 1918, Breton et Aragon, encore mobilisés, se portaient régulièrement volontaires, à l'hôpital où ils étaient affectés, pour assurer la garde de nuit et là, des heures durant, se lisaient à voix haute les psaumes démoniaques du Comte de Lautréamont. L'année suivante, Breton recopie, à la Bibliothèque nationale, l'exemplaire unique des Poésies, qui sont publiées en avril, dans le n° 2 de Littérature, revue qu'il vient de fonder avec Aragon et Soupault.
    On serait tenté de penser que, dans l'esprit des "scripteurs", Les Champs magnétiques sont précisément ce "livre futur" annoncé, au seuil de la mort, par le jeune Ducasse. En un sens, en effet, ils répondent à l'injonction de l'initiateur : "La poésie doit être faite par tous. Non par un." Par-delà les Poésies, les Champs se mesurent aux Chants. L'outrance rhétorique perverse et savante de Maldoror, la sécheresse pseudo-conformiste de Ducasse retournant Pascal et Vauvenargues comme on dépouille un lapin, instituent, dans leur apparente opposition, une zone d'extrême turbulence d'où peut jaillir, sans entraves ni scrupules, la voix automatique."
    Philippe Audouin.

  • Les manipulations de la parole sont devenues courantes dans les sociétés modernes. La démocratie, qui a placé la parole au centre de la vie publique, paraît menacée par la prolifération des techniques qui visent à nous contraindre, sans que nous nous en rendions compte, à adopter tel comportement ou telle opinion. La sensation diffuse de vivre dans un " univers menteur " n'est-elle pas à l'origine de formes nouvelles d'individualisme et de repli sur soi ? Toutes les méthodes de communication et de débat sont-elles bonnes dans un espace public qui se prétend démocratique ?
    Dans ce livre passionnant, Philippe Breton s'efforce de répondre à ces questions en décrivant les différentes techniques de manipulation qui saturent notre environnement, à partir de nombreux exemples pris dans les domaines de la politique, de la publicité, de la psychothérapie et de la communication. Proposant une analyse des faiblesses des sociétés modernes, il ouvre aussi quelques pistes pour redonner à la parole le rôle d'outil vivant de la démocratie. Il introduit notamment le concept original de liberté de réception, sans laquelle la liberté d'expression reste surtout la liberté des puissants.
    La Parole manipulée a été couronné en 1998 par le Prix de philosophie morale de l'Académie des sciences morales et politiques.

  • Un guide indispensable pour aider à choisir un album à un enfant en fonction d'un sujet précis, ou simplement au gré de ses envies de parent, d'accompagnant ou de curieux.

  • Mal-être, conduites à risque, contrôle de son apparence, addictions, troubles alimentaires, difficultés affectives ou sociales, rites de la virilité et de l'entre-soi... L'adolescence se révèle pour certains une épreuve difficile. Vécue avec exubérance ou discrétion, elle reste un passage obligé, même si elle est ressentie de façon différente par chaque nouvelle génération. Le sociologue et anthropologue David Le Breton, professeur à l'Université de Strasbourg, revient sur ce qui caractérise l'adolescence dans notre société en perpétuel changement.

  • Cette correspondance inédite fait revivre vingt ans de l'histoire de Dada et du surréalisme au fil des échanges entre deux acteurs majeurs. Des noms d'écrivains - Tzara, Aragon, Crevel, Char, Péret et d'autres - traversent ces pages, ainsi que ceux de peintres, Max Ernst et surtout Dalí. On y voit l'histoire des revues s'enrichir de nouveaux épisodes.
    L'auteur de Capitale de la douleur et de L'amour la poésie a donné à la poésie surréaliste son plus pur éclat, sa participation aux côtés de Breton à la vie palpitante du mouvement se révèle primordiale. Les enthousiasmes alternent avec les aveux de détresse absolue dans le dialogue de deux êtres réunis par une amitié sans réserve.
    Relation dont l'un et l'autre mesureront rétrospectivement le caractère exceptionnel. 'J'ai cru, comme en aucun autre, à ton amitié, à ta compréhension profonde de ce que nous voulions', écrit Breton à Eluard en mars 1936. À partir de cette année, les engagements révolutionnaires dictés au départ par la même et intransigeante passion les conduisent peu à peu vers des choix opposés. Rejoignant une aspiration de jeunesse vers la fraternité humaine, Eluard va en chercher l'incarnation du côté du Parti communiste auquel il adhérera pendant la guerre alors que les yeux de Breton se seront définitivement dessillés lors du premier Procès de Moscou. Sous nos yeux, la correspondance se fait la chronique d'une rupture.

  • 'André Breton, parmi tous les poètes vivants, est certainement le plus grand. Cela ne fait aucun doute pour tous ceux qui, ayant lu Novalis, Nerval, Rimbaud, Lautréamont, Apollinaire, ont découvert dans la poésie la plus complète recréation possible de l'être humain. Cela ne fait aucun doute pour tous ceux qui reconnaissent la poésie comme une révolution qui se décide minute par minute, partout où elle se manifeste librement et sans limites. Cela ne fait aucun doute pour tous ceux qui refusent de compartimenter la poésie selon les fichiers des historiens et des professeurs, et qui, dans l'amour, dans l'érotisme, dans l'action politique, dans la vie quotidienne, dans le raisonnement et dans le rêve, ressentent le besoin fondamental de tout déborder, de tout faire éclater, de tout surmonter, de tout réinventer. Cela ne fait aucun doute, enfin, pour tous ceux qui savent retrouver dans une page des Vases Communicants, par exemple la page 124 de la dernière édition, la même pensée, la même vie, oui, exactement la même pensée et la même vie, pour tout dire la même exigence et le même risque, que dans Il y aura une fois, la stupéfiante préface au Revolver à cheveux blancs, ou dans n'importe quel poème de Clair de Terre.' Alain Jouffroy, 3 juillet 1966.

  • Ce guide propose des astuces et des adresses pour voyager de façon solidaire, plus écologique et alternative dans 50 pays :
    - 1 000 adresses d'hébergements, de restaurants, d'activités, de boutiques, d'ONG... engagés : logements chez l'habitant, écovillages, restaurants bio et végétariens, associations de tourisme communautaire avec une immersion dans leurs modes de vie, etc.
    - 150 lieux engagés pour pratiquer le bénévolat, l'écovolontariat et le Wwoofing, dans des fermes paysannes, des communautés écologiques, des écoles, des refuges pour animaux, des ONG de protection des primates, etc.
    - 150 agences proposant des séjours dans le respect des locaux et de l'environnement.
    - Des centaines d'astuces écologiques, adaptées à chaque pays.
    - Des astuces pour voyager durable et plus écologique dans le monde : voyager 0 déchet, se déplacer autrement, se loger différemment, voyager dans le respect de la nature, partir à la rencontre des habitants, etc.
    Une mine d'or pour ceux qui souhaitent découvrir d'autres façons de voyager et donner un sens à leurs vacances !
    À PROPOS DES AUTEURS
    Maryne Arbouys et Jules Bloseur parcourent le monde à la recherche d'adresses et d'acteurs engagés prenant en compte la préservation de notre planète. Leur idée : valoriser des initiatives durables et des associations sur leur route. Ils sont les auteurs de www.explorelemonde.com, l'un des blogs voyage référence dans le domaine du tourisme durable, créateurs de contenus et consultants dans le monde du voyage. Ils ont rédigé la partie 1000 adresses engagées.
    Nicolas Breton, voyageur sensible à l'écologie et à la justice sociale, est l'auteur du livre Hors des sentiers battus, découvrir le monde autrement (éditions ABM), conférencier sur le thème du voyage durable et responsable développement chez Viatao. Il a rédigé la partie Astuces pour voyager de façon durable et écologique.

  • Seul un singe qui aurait appris à parler et côtoierait les hommes pourrait dire toute la folie humaine. C'est la fiction qu'imagine Restif de la Bretonne (1734-1806) dans la Lettre d´un singe aux animaux de son espèce. César-singe, animal domestique qui a reçu une éducation classique auprès de sa maîtresse, entend consoler les bêtes des malheurs que leur causent les humains en décrivant leurs pratiques barbares : ceux qui se présentent comme les rois de la nature sont en fait bien plus à plaindre, puisqu´ils s'asservissent entre eux et sont les premières victimes de leurs funestes inventions : la monogamie, la propriété, l´hypocrisie de la politesse et, surtout, l´inégalité et l´esclavage. Un pamphlet très vigoureux, étonnamment contemporain.

  • Dans ce livre André Breton cherche à démontrer que le monde réel et le monde du rêve ne font qu'un. Il examine les différentes théories qui ont proposé une interprétation du rêve, pour s'arrêter longuement à celle de Freud.
    Mais pour Breton l'unité du rêve et du réel passe par une profonde transformation sociale. Ce qu'il cherche cependant au-delà de la révolution est "la destination éternelle de l'homme".

  • Tout le programme, rien que le programme
    Tout le DCG 7, Management, présenté conformément au nouveau programme 2019-2020 (examen 2020)  :Respect de la progression logique du programme et  du volume horaireMise en avant des compétences et des mots-clés du programmePréparation à l'épreuve (évaluation par les compétences)Approche transversale à travers des cas de synthèseLes + du cours  : définitions des mots-clés, exemples et focus thématiques, citations (articles phares), schémas et tableaux de synthèse, avis d'experts et ressources complémentaires
    Les + des applications  : des exercices variés et progressifs, une évaluation pas à pas par les compétences, des conseils et fiches méthodologiques, un sujet type d'examen intégralement corrigé, toutes les corrections des quiz et QCM

  • L'homme ou la femme moderne a tout aussi besoin que le citoyen de l'Antiquité d'apprendre à argumenter pour convaincre son interlocuteur ou son public, que ce soit dans sa vie professionnelle, dans son activité de militant associatif, ou dans le cercle de ses proches. Comme le rappelle ici Philippe Breton, l'acte de convaincre, distinct de celui d'expliquer ou de celui d'informer, a le pouvoir de faire évoluer l'opinion de l'autre et peut contribuer à changer les choses.
    S'inspirant des techniques mises au point par la rhétorique grecque et romaine, ce manuel pratique montre que l'efficacité peut aller de pair avec le respect de l'autre et celui de soi-même, et que la manipulation n'est guère efficace et même le plus souvent contre-productive.
    Réalisé à partir de l'expérience des formations à l'argumentation animées par l'auteur et construit autour de plusieurs dizaines d'exemples, cet ouvrage pose les grands principes du convaincre, puis développe étape après étape le " protocole de l'argumentation " permettant d'atteindre ses objectifs. Le livre se termine par des conseils concernant la prise de parole, l'élocution, la mémorisation.

  • Des fiches détachables 100  % conformes au programme
    100  % conformes au programme de DCG et aux guides pédagogiques, les fiches de révision Dunod sont détachables pour des utilisations variées (glissées dans le manuel, en complément du cours du professeur, à emporter partout...).
    Les fiches de révision offrent  :
    -  l'essentiel du cours (définitions, exemples, mini-cas chiffrés, etc.)  ;
    -  les compétences et savoirs associés  ;
    -  des synthèses visuelles (schémas, tableaux, phrases à retenir...) pour une mémorisation facilitée  ;
    -  les conseils des auteurs, membres des jurys d'examen («  Le + de l'expert  »).

  • Tout le programme, rien que le programme
    Tous les corrigés détaillés des exercices, applications et cas, assortis de conseils et rappels méthodologiques

  • « J'ai vendu des armes à qui en voulait. Pour le faire, j'ai été français en France, russe en Russie, grec en Grèce, et ainsi de suite », confiait Basil Zaharoff, le plus grand marchand d'armes de tous les temps.
    Né en Turquie en 1849 de parents grecs, Basil Zaharoff passe sa jeunesse - crapuleuse - dans les bas-fonds de Constantinople. Tour à tour guide pour touristes, gardien de bordel et membre d'un gang de pompiers-pyromanes, il se lance à l'âge de 28 ans dans le commerce qui fera de lui l'homme le plus riche du monde : celui des armes. Des années durant, ce polyglotte aux manières soignées sillonne le monde pour vendre canons, mitrailleuses et navires de guerre, devenant l'intime de nombreux chefs d'État et généraux, se servant des femmes pour accomplir ses sombres desseins. Amoureux fou d'une duchesse espagnole qu'il finit par épouser après 35 ans d'attente, il tente d'acheter pour elle la principauté de Monaco avant de mourir, seul, dans son château en France en 1936.
    Une histoire époustouflante, digne d'un roman, écrite à partir d'archives et de sources inédites.

  • À trois reprises, en 1924, 1934, 1953, André Breton a réuni en volume des textes divers publiés antérieurement. Mais depuis cette dernière date, celle de La Clé des champs, articles, préfaces, réponses à des enquêtes, entretiens, sont demeurés épars, dans des revues ou des journaux d'accès difficile bien souvent. Le présent recueil retient tous les grands articles, toutes les interventions importantes qui se situent entre le printemps 1952 et 1966. Le choix effectué parmi les textes a été guidé par le souci de respecter le constant va-et-vient du temporel à l'intemporel, du particulier au général, qui caractérise la pensée de Breton.

  • Ce livre démontre comment chacun, sur le plan personnel, peut se réapproprier sa propre parole et combien le pouvoir partagé de la parole peut mettre un frein à la toute-puissance du pouvoir et à sa violence.
    Avons-nous conscience de tout de ce que nous permet la parole ? Utilisons-nous toutes les ressources de cette capacité extraordinairement et spécifiquement humaine ? C'est à la réponse à ces questions, moins triviales qu'il n'y paraît, que s'attache Philippe Breton dans ce livre, où il explore les immenses possibilités de la parole, à la fois sur le plan personnel et sur le plan social.
    Il montre comment, historiquement, la parole a progressivement constitué un espace de substitution à la violence, à l'exercice sans frein du pouvoir. Et comment les ressources de l'argumentation, mais aussi celles de l'objectivation des passions, ont permis de faire reculer, toujours plus, cette violence. Surtout, et c'est le principal objet de ce livre, il explique comment surmonter les obstacles qui s'opposent aujourd'hui au plein déploiement du pouvoir de la parole.
    Ce livre démontre comment chacun, sur le plan personnel, peut se réapproprier sa propre parole et comment le pouvoir partagé de la parole peut mettre un frein à la toute-puissance du pouvoir et à sa violence.

  • "Il est un Thrace, prisonnier de guerre et désormais esclave d'un seigneur de Sparte qui se prend pour le meilleur guerrier de tous les temps. L'esclave veut gagner sa liberté mais, plus encore, il veut prouver à ce sparte qu'il est plus libre que lui. ""Même les dieux ne sauraient lui mettre des chaînes. Malin et fort, l'esclave finira par vaincre le plus puissant d'entre eux : Zeus, le roi de l'Olympe."""

  • Il y a autant de douleurs que d'individus qui souffrent. Issu des regards croisés de trois spécialistes - un neurobiologiste, un médecin de la douleur et un anthropologue -, ce livre montre que la douleur ne s'élabore pas dans un cerveau amnésique, mais au sein d'un système nerveux façonné par le passé singulier et les expériences de chacun. Voilà pourquoi, sans négliger les progrès considérables de la biomédecine et des neurosciences, il est urgent de remettre le patient au coeur du phénomène douloureux. Ce qui implique de se focaliser sur son histoire individuelle et, donc, sur sa vulnérabilité particulière à la douleur, laquelle relève autant de questions existentielles que de questions biologiques. Une analyse complète et originale du phénomène douloureux en même temps qu'un questionnement salutaire sur le rôle possiblement délétère de certains médicaments. Guy Simonnet est professeur émérite à l'université de Bordeaux. Membre de l'Institut de neurosciences cognitives et intégratives d'Aquitaine du CNRS, il est à l'origine du concept d'hypersensibilité durable à la douleur, observée après l'analgésie induite par la morphine et ses dérivés. Ce regard nouveau sur la prise en charge de l'homme douloureux, qui tient compte de son histoire individuelle, l'a conduit à proposer des stratégies thérapeutiques innovantes, dont une thérapie nutritionnelle. Bernard Laurent est professeur de neurologie à l'université de Saint-Étienne, membre de l'équipe Inserm NeuroPain, qui étudie les réponses cérébrales à la douleur chez l'homme. Il a consacré sa carrière médicale à la prise en charge de la douleur chronique et des troubles de la mémoire. Membre correspondant de l'Académie de médecine, il a été successivement président des Sociétés françaises de la douleur, de neuropsychologie et de neurologie. David Le Breton est professeur de sociologie à l'université de Strasbourg. Membre de l'Institut universitaire de France et de l'Institut des études avancées de l'université de Strasbourg (USIAS), il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'anthropologie de la douleur.

  • "Les mots, de par la nature que nous leur reconnaissons, méritent de jouer un rôle autrement décisif. Rien ne sert de les modifier puisque, tels qu'ils sont, ils répondent avec cette promptitude à notre appel. Il suffit que notre critique porte sur les lois qui président à leur assemblage. La médiocrité de notre univers ne dépend-elle pas essentiellement de notre pouvoir d'énonciation ? Dieu merci, une réaction lente mais sûre a fini par s'opérer à ce sujet dans les esprits. Le dit et le redit rencontrent aujourd'hui une solide barrière. Ce sont eux qui nous rivaient à cet univers commun. C'est en eux que nous avions pris ce goût de l'argent, ces craintes limitantes, ce sentiment de la "patrie", cette horreur de notre destinée. Je crois qu'il n'est pas trop tard pour revenir sur cette déception, inhérente aux mots dont nous avons fait jusqu'ici mauvais usage. Qu'est-ce qui me retient de brouiller l'ordre des mots, d'attenter de cette manière à l'existence toute apparente des choses ! Le langage peut et doit être arraché à son servage. Plus de descriptions d'après nature, plus d'études de moeurs. Silence, afin qu'où nul n'a jamais passé je passe, silence ! - Après toi, mon beau langage."
    André Breton.

  • La correspondance entre André Breton et Benjamin Péret - 1920-1959 - revêt une importance majeure pour la connaissance du surréalisme, non seulement parce qu'elle représente une source inédite de l'histoire du mouvement depuis son origine mais, surtout, parce qu'elle constitue un exemple rare, sinon unique, d'une collaboration étroite et d'une amitié de toute une vie entre deux poètes. Breton disait de Péret : "J'en parle de trop près comme d'une lumière qui jour après jour [...] m'a embelli la vie." Tandis que Péret déclarait : "Je suis, à coup sûr, moins qualifié que quiconque pour parler d'André Breton parce que je ne pourrai jamais disposer du recul nécessaire pour apprécier une oeuvre et surtout une vie qui m'est si amicalement proche depuis près de quarante ans." Cette correspondance montre, loin des idées toutes faites, la véritable nature de cette relation reposant sur des affinités électives, des inclinations et des goûts sensiblement différents, mais en même temps complémentaires et indissociables. Comme le souligne Claude Courtot : "Ce principe supérieur ne serait-ce pas le signe d'une personnalité unique - trop écrasante pour un seul homme - [...] et qu'ils s'efforceront de rassembler ?" On assiste à un dialogue mené sur un pied d'égalité n'excluant ni les désaccords ni les nuances et qui apporte un démenti aux caricatures faisant de Breton un chef autoritaire et dominateur et de Péret le fidèle exécutant dans l'ombre du maître.

    Tout au long de ces presque quarante années d'échange se succèdent des moments sombres ou lumineux : toute une vie à la hauteur de l'idée de liberté, d'émancipation de l'esprit et de transformation sociale que le surréalisme s'était fixée dès sa naissance.

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