• Succès de librairie dès sa parution en 1965, Pour Marx a connu nombre de réimpressions, rééditions et traductions depuis. Althusser y a réuni des textes courts, précis et lucides, qui ouvrent une voie nouvelle dans l'oeuvre de Karl Marx. Loin des bavardages idéologiques de l'époque, au plus près des fondations d'une véritable pratique révolutionnaire.
    Ce recueil d'articles, publié pour la première fois en 1965 aux Éditions François Maspero, a connu un succès exceptionnel pour un ouvrage théorique : plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires vendus et de très nombreuses traductions. Comme le note Étienne Balibar dans son avant-propos de 1996 : " Dans ce livre s'est engagée l'une des tentatives les plus originales, les plus éloquentes, les plus argumentées aussi [...] pour donner corps et figure théorique au marxisme. " Depuis les années 1960, les études marxistes n'ont pu ignorer cette approche qui établissait une " coupure épistémologique " dans l'oeuvre marxienne, séparant les textes idéologiques du jeune Marx de ceux plus scientifiques du Marx de la maturité. Elle offrait aussi une autre évaluation de l'apport de Hegel à Marx et n'hésitait pas à s'inspirer des réflexions philosophiques de Mao Zedong pour nourrir sa propre philosophie. Rares sont les livres ayant suscité autant de passions théoriques et provoqué autant de débats.

  • "Généalogie d'une démence.
    Carnets, au jour le jour, parfois heure par heure, d'une lutte avec le démon.
    D'où il ressort que mon maître était un Pierre Rivière philosophe ; un possédé savant ; un halluciné hanté par la volonté de comprendre et de regarder son mal en face ; un Ajax dont, à la toute dernière minute, nulle Athéna n'aura détourné la "hache d'airain à deux tranchants" et, pourtant, extralucide ; un Prince Mychkine chez qui folie et connaissance, pulsions mortelles et maîtrise de soi, auraient noué un pacte inflexible.
    Ce paquet de lettres et de mémoire, cette plongée au coeur d'une des histoires les plus troubles et les plus édifiantes du XXème siècle, ce voyage, certes impudique, mais si riche d'enseignements qu'il eût été inconséquent de s'en priver, dans les coulisses d'un âme à la fois géniale et damnée, je suis heureux, et ému, du privilège qui m'est offert de les présenter à leurs lecteurs."B.-H. L.

  • « Le rêve est toujours en avance sur la vie », écrit Louis Althusser à Claire, une de ses passions. Au moment d'écrire son autobiographie, L'Avenir dure longtemps, en 1985, dans laquelle il cherche à comprendre et expliquer le meurtre de sa femme Hélène Rytmann, Louis Althusser a consulté l'ensemble des récits de rêves, dont certains étrangement prémonitoires du drame de novembre 1980. Il les avait soigneusement conservés dans ses archives, avec des notes sous la forme d'un journal, prises et rédigées avant ou après des séances avec ses différents psychanalystes. C'est cet ensemble de rêves que nous donnons ici, avec l'espoir que leur lecture et interprétation permettra de mieux comprendre les processus qui ont conduit Louis Althusser à commettre l'acte irréparable qui a fait du philosophe un meurtrier. « Quand je suis sorti du rêve, il n'y avait plus rien, écrit-il dans un de ses récits de rêve, rien qu'un bruit de sabots dans la gorge. Rien qu'une main qui dessinait sans fin dans l'air comme un contour. » En épilogue paraît ici pour la première fois un texte fascinant intitulé Un meurtre à deux : la note attribuée par Althusser à son psychiatre traitant après le meurtre de sa femme Hélène - mais dont tout donne à penser qu'elle est en réalité un dialogue avec lui-même.

  • Louis Althusser concevait l'enseignement de la philosophie comme une expérience de pensée qui cherche à ressaisir le geste de quelques "hommes qui ont tenté le plus grand effort de lucidité qui soit". On trouvera ici une magistrale illustration de cette tentative pour "voir à quel prix et par quelles voies certains hommes ont réussi à dégager un peu de vérité sur les ressorts de la conduite humaine et de la société", notamment à travers un cours sur la philosophie de l'histoire - une "propédeutique nécessaire à l'intelligence de la pensée de Marx" -, un autre sur les théories du contrat aux XVIIe et XVIIIe siècles, enfin une approche très personnelle de Machiavel. Ainsi, dans la mesure où "l'histoire se confond moins avec le rappel de son passé qu'avec l'intelligence de son dépassement", Althusser s'efforce d'éclairer "les problèmes innombrables qui se posent aujourd'hui en politique, histoire, psychologie, philosophie, par le secours d'un passé mis dans un peu de lumière".

  • Cette « Introduction au cours de philosophie pour scientifiques » a été prononcée en octobre-novembre 1967 à l'École normale supérieure. Nous avions alors à plusieurs amis, intéressés par les problèmes de l'histoire des sciences, et des conflits philosophiques auxquels elle donne lieu, frappés par la lutte idéologique et les formes qu'elle peut prendre chez les intellectuels de la pratique scientifique, décidé de nous adresser à nos collègues en un cours public. Cette expérience, inaugurée par l'exposé que voici, devait durer jusqu'à la veille des grands événements de 1968. C'est pour répondre à de nombreuses demandes que je publie aujourd'hui, avec un grand retard, mon Introduction de 67, sur la philosophie et la philosophie spontanée des savants. A l'exception de la moitié du premier cours et de la critique de Jacques Monod, que j'ai reproduits sans rien y changer, j'ai repris le reste de ce cours : pour rendre plus lisible ce qui n'était qu'une improvisation hâtive, et aussi pour développer certaines formules qui étaient restées à l'état d'esquisse, souvent énigmatique. Mais j'ai tenu à respecter pour l'essentiel les limites théoriques de cet essai, qu'on voudra bien lire comme un essai daté. Je le publie aussi comme un témoignage rétrospectif. On y trouvera en effet les premières formules qui ont « inauguré » un tournant dans nos recherches sur la philosophie en général et la philosophie marxiste en général. Auparavant en effet (dans Pour Marx et Lire Le Capital), je définissais la philosophie comme « théorie de la pratique théorique ». Or, dans ce cours apparaissent de nouvelles formules : la philosophie, qui n'a pas d'objet (comme une science a un objet), a des enjeux, la philosophie ne produit pas des connaissances, mais énonce des Thèses, etc. Les Thèses ouvrent la voie à la position juste des problèmes de la pratique scientifique et de la pratique politique, etc. Formules encore schématiques, qui exigent un long travail pour les préciser et les compléter. Mais du moins indiquent-elles un ordre de recherche, dont on trouvera la trace dans des ouvrages ultérieurs. Le 14 mai 1974.

  • Cette « Introduction au cours de philosophie pour scientifiques » a été prononcée en octobre-novembre 1967 à l'École normale supérieure. Nous avions alors à plusieurs amis, intéressés par les problèmes de l'histoire des sciences, et des conflits philosophiques auxquels elle donne lieu, frappés par la lutte idéologique et les formes qu'elle peut prendre chez les intellectuels de la pratique scientifique, décidé de nous adresser à nos collègues en un cours public. Cette expérience, inaugurée par l'exposé que voici, devait durer jusqu'à la veille des grands événements de 1968. C'est pour répondre à de nombreuses demandes que je publie aujourd'hui, avec un grand retard, mon Introduction de 67, sur la philosophie et la philosophie spontanée des savants. A l'exception de la moitié du premier cours et de la critique de Jacques Monod, que j'ai reproduits sans rien y changer, j'ai repris le reste de ce cours : pour rendre plus lisible ce qui n'était qu'une improvisation hâtive, et aussi pour développer certaines formules qui étaient restées à l'état d'esquisse, souvent énigmatique. Mais j'ai tenu à respecter pour l'essentiel les limites théoriques de cet essai, qu'on voudra bien lire comme un essai daté. Je le publie aussi comme un témoignage rétrospectif. On y trouvera en effet les premières formules qui ont « inauguré » un tournant dans nos recherches sur la philosophie en général et la philosophie marxiste en général. Auparavant en effet (dans Pour Marx et Lire Le Capital), je définissais la philosophie comme « théorie de la pratique théorique ». Or, dans ce cours apparaissent de nouvelles formules : la philosophie, qui n'a pas d'objet (comme une science a un objet), a des enjeux, la philosophie ne produit pas des connaissances, mais énonce des Thèses, etc. Les Thèses ouvrent la voie à la position juste des problèmes de la pratique scientifique et de la pratique politique, etc. Formules encore schématiques, qui exigent un long travail pour les préciser et les compléter. Mais du moins indiquent-elles un ordre de recherche, dont on trouvera la trace dans des ouvrages ultérieurs. Le 14 mai 1974.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Au printemps 72, le philosophe communiste anglais, John Lewis, consacre, dans la revue du Parti communiste britannique, Marxism Today, deux articles au « Cas Althusser ». Diagnostic : « dogmatisme aigu ». Pronostic : « le malade n'ira pas loin ». Le point d'attaque est l'humanisme. Pour John Lewis, pas de problème : la philosophie marxiste est humaniste. « C'est l'homme qui fait l'histoire ». L'homme fait l'histoire en « transcendant » l'histoire. « L'homme ne connaît que ce qu'il fait ». « La thèse d'Althusser sur la coupure épistémologique » est une « pure invention ». Marx a toujours été, du début à la fin, humaniste et hégélien. Croyant à l'Homme, à l'Aliénation, et à la Négation de la Négation (= transcendance). J'ai répondu à John Lewis dans un article publié par Marxism Today à l'automne 72. Voici la version française du texte anglais, corrigé, et sur certains points développé, - et une longue note politique, trop étendue pour figurer alors dans l'article. À l'idéalisme de John Lewis, j'oppose les thèses matérialistes du marxisme-léninisme sur l'histoire, la lutte des classes, et la philosophie. J'en tire des conclusions théoriques. À propos de la « coupure épistémologique », je maintiens ma thèse, mais je reprends mon « autocritique » de 67 : ma déviation théoriciste m'a bel et bien engagé, en 1963-65, dans une conception erronnée de la philosophie. J'en tire les premières conséquences : sur l'histoire de la pensée de Marx. Mais surtout, je pose la question : pourquoi ce débat sur l'humanisme ? pourquoi cette vague d'idéologie bourgeoise dans le marxisme ? Là où John Lewis se tait, je parle de politique. D'abord : le XXe Congrès, son explication pseudo-marxiste des « violations de la légalité socialiste » par le « culte de la personnalité ». Les résultats. Mais il faut remonter au-delà du XXe Congrès : à la longue lutte du Mouvement ouvrier pour rompre avec l'idéologie bourgeoise et occuper des positions prolétariennes. Or, le coeur de l'idéologie bourgeoise, c'est le couple économisme-humanisme. L'humanisme, quand il n'est pas un simple discours généreux, mais un système cohérent et durable, a toujours un envers : l'économisme. Même dans le Mouvement ouvrier. La preuve : la IIe Internationale. La lutte ne fait que continuer. Louis Althusser

  • Au printemps 72, le philosophe communiste anglais, John Lewis, consacre, dans la revue du Parti communiste britannique, Marxism Today, deux articles au « Cas Althusser ». Diagnostic : « dogmatisme aigu ». Pronostic : « le malade n'ira pas loin ». Le point d'attaque est l'humanisme. Pour John Lewis, pas de problème : la philosophie marxiste est humaniste. « C'est l'homme qui fait l'histoire ». L'homme fait l'histoire en « transcendant » l'histoire. « L'homme ne connaît que ce qu'il fait ». « La thèse d'Althusser sur la coupure épistémologique » est une « pure invention ». Marx a toujours été, du début à la fin, humaniste et hégélien. Croyant à l'Homme, à l'Aliénation, et à la Négation de la Négation (= transcendance). J'ai répondu à John Lewis dans un article publié par Marxism Today à l'automne 72. Voici la version française du texte anglais, corrigé, et sur certains points développé, - et une longue note politique, trop étendue pour figurer alors dans l'article. À l'idéalisme de John Lewis, j'oppose les thèses matérialistes du marxisme-léninisme sur l'histoire, la lutte des classes, et la philosophie. J'en tire des conclusions théoriques. À propos de la « coupure épistémologique », je maintiens ma thèse, mais je reprends mon « autocritique » de 67 : ma déviation théoriciste m'a bel et bien engagé, en 1963-65, dans une conception erronnée de la philosophie. J'en tire les premières conséquences : sur l'histoire de la pensée de Marx. Mais surtout, je pose la question : pourquoi ce débat sur l'humanisme ? pourquoi cette vague d'idéologie bourgeoise dans le marxisme ? Là où John Lewis se tait, je parle de politique. D'abord : le XXe Congrès, son explication pseudo-marxiste des « violations de la légalité socialiste » par le « culte de la personnalité ». Les résultats. Mais il faut remonter au-delà du XXe Congrès : à la longue lutte du Mouvement ouvrier pour rompre avec l'idéologie bourgeoise et occuper des positions prolétariennes. Or, le coeur de l'idéologie bourgeoise, c'est le couple économisme-humanisme. L'humanisme, quand il n'est pas un simple discours généreux, mais un système cohérent et durable, a toujours un envers : l'économisme. Même dans le Mouvement ouvrier. La preuve : la IIe Internationale. La lutte ne fait que continuer. Louis Althusser

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Pour que ma position soit claire, je dirai que je considère le XXIIe Congrès comme un événement décisif, comme un tournant capital dans l'histoire du parti communiste et du mouvement ouvrier français. Les réserves que je pourrai formuler sur tel ou tel point, s'inscrivent d'avance dans cette perspective. S'il s'agit bien d'un événement de cette importance, il est clair qu'on ne peut s'en tenir seulement à l'histoire politique française, aux particularités du congrès et de son déroulement, ni à la seule lettre de ses décisions et formulations. Il faut aller au-delà des manifestations immédiates, il faut chercher dans quelles conditions le XXIIe Congrès a eu lieu : de quelle histoire il tente de sortir, et quelle histoire il tente de faire. Il faut donc comprendre quels sont, à l'échelle, non seulement nationale mais aussi mondiale, les problèmes économiques et politiques qui ont provoqué le XXIIe Congrès. Il faut comprendre à quels problèmes généraux il a voulu répondre, et pourquoi il leur a donné les réponses que l'on connaît. Pour cela, il est indispensable de prendre du recul, et de situer le XXIIe Congrès à sa date, 1976 : dans l'histoire de l'impérialisme, période des révolutions (Lénine), et dans l'histoire du mouvement communiste international. Et si l'impérialisme est en crise, il faut ajouter : le mouvement communiste international aussi.

  • Ce petit volume contient deux essais inédits. Le premier date de juin 1972. Il devait figurer dans la Réponse à John Lewis, en étendant largement les éléments d'autocritique qui y figurent et qui, on s'en souvient peut être, se limitent à une rectification de la définition de la philosophie. Mais j'ai dû renoncer à l'inscrire dans ce texte, pour ne pas excéder les limites d'un simple article de revue d'une part, et pour conserver son unité au texte que j'ai publié en français d'autre part. On trouvera, pour la première fois dans cet essai, un examen critique des positions de Pour Marx et de Lire le Capital que, un an après la parution de ces ouvrages, dans la préface à l'édition italienne de Lire le Capital, je déclarais affectés d'une "tendance théoriciste". J'ai cru pouvoir joindre à ces Éléments d'autocritique, en annexe, un essai antérieur (juillet 70) qui, traitant de l'évolution du jeune Marx, indiquait dans quel sens je m'orientais alors.

  • History and Imperialism

    Louis Althusser

    • Polity
    • 23 Janvier 2020

    Writings on History brings together a selection of texts by Louis Althusser dating from 1963 to 1986, including essays, a lecture, notes to his collaborators, and the transcript of an informal 1963 discussion of literary history. The centrepiece of this collection is Althusser's previously unpublished Book on Imperialism, a theorization of globalized capitalism that remained unfinished.  All these writings are concerned with the place of history in Marxist theory and, in particular, on what Althusser considered to be the mortal danger of historicism haunting the revolutionary reading of the present. They testify to his continuing dialogue with the historiography of his day, several of whose representatives were engaged in discussion and debate with him. Deeply interested in history but intent on avoiding the kind of interpretation that would transform it into a deterministic force, Althusser never ceased to reflect on the equilibrium between the historical and the concept in Marxist historiography, an equilibrium that he sought to reinvent for his time. The traces of that undertaking, which continues to generate debate throughout the world today, are brought together in this volume.

  • What is to be Done?

    Louis Althusser

    • Polity
    • 7 Octobre 2020

    What is to be done? This was the question asked by Lenin in 1901 when he was having doubts about the revolutionary capabilities of the Russian working class. 77 years later, Louis Althusser asked the same question. Faced with the tidal wave of May `68 and the recurrent hostility of the Communist Party towards the protests, he wanted to offer readers a succinct guide for the revolution to come. Lively, brilliant and engaged, this short text is wholly oriented towards one objective: to organise the working class struggle. Althusser provides a sharp critique of Antonio Gramsci's writings and of Eurocommunism, which seduced various Marxists at the time. But this book is above all the opportunity for Althusser to state what he had not succeeded in articulating elsewhere: what concrete conditions would need to be satisfied before the revolution could take place. Left unfinished, it is published here in English for the first time.

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