• Le Prince est un homme de notre temps. Il a usé des moyens qui, de tous temps, ont conduit les Princes au Pouvoir. Au cours de son ascension, toute naturelle pour lui puisqu'elle était le prix de ses mérites et de ses ruses, il avait relégué ce qui lui paraissait inutile dans une enfance où il ne jetait même plus les yeux. Soudain, la foudre éclate. Le Prince est précipité du sommet où il était confortablement installé. Homme d'action, il refuse de se laisser anéantir. Le livre commence au début de ce dernier combat. Plus le Prince s'agite, plus il s'enfonce. Il est tenté de saisir l'arme la plus commode, la vengeance. Mais les hommes, ceux qui viennent à lui, et ceux que sa mémoire impose à son regard comme des pièces à conviction, lui ressemblent. Il ne peut pas se frapper lui-même ; et d'abord, qui est-il ? Si ce n'est pas lui qui a été joué pendant tant d'années, il n'a plus besoin de se venger. Si ce n'est pas lui qui a reçu le coup mortel, il peut vivre. Le Prince, passionné soudain par son échec, commence à comprendre. En même temps, le lecteur, pris dans le mouvement de ce portrait, aperçoit pour la première fois, à notre connaissance, l'esprit et le coeur d'un de ces fameux « grands commis », impénétrables, brillants ou glacés. On ne pourra manquer d'admirer ici l'intelligence du romancier qui a su rendre un homme si abstrait aussi fraternel.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Le Prince est un homme de notre temps. Il a usé des moyens qui, de tous temps, ont conduit les Princes au Pouvoir. Au cours de son ascension, toute naturelle pour lui puisqu'elle était le prix de ses mérites et de ses ruses, il avait relégué ce qui lui paraissait inutile dans une enfance où il ne jetait même plus les yeux. Soudain, la foudre éclate. Le Prince est précipité du sommet où il était confortablement installé. Homme d'action, il refuse de se laisser anéantir. Le livre commence au début de ce dernier combat. Plus le Prince s'agite, plus il s'enfonce. Il est tenté de saisir l'arme la plus commode, la vengeance. Mais les hommes, ceux qui viennent à lui, et ceux que sa mémoire impose à son regard comme des pièces à conviction, lui ressemblent. Il ne peut pas se frapper lui-même ; et d'abord, qui est-il ? Si ce n'est pas lui qui a été joué pendant tant d'années, il n'a plus besoin de se venger. Si ce n'est pas lui qui a reçu le coup mortel, il peut vivre. Le Prince, passionné soudain par son échec, commence à comprendre. En même temps, le lecteur, pris dans le mouvement de ce portrait, aperçoit pour la première fois, à notre connaissance, l'esprit et le coeur d'un de ces fameux « grands commis », impénétrables, brillants ou glacés. On ne pourra manquer d'admirer ici l'intelligence du romancier qui a su rendre un homme si abstrait aussi fraternel.

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