• Le portrait du roi

    Louis Marin

    • Minuit
    • 18 Novembre 2020

    Cet ouvrage est une réflexion historique et philosophique sur le pouvoir en général et le pouvoir politique en particulier lorsqu'il s'exerce à son plus haut régime en s'affirmant absolu. D'où le sujet central du livre : Louis XIV ou le roi comme monarque illimité ou plutôt qui se représente tel. D'où les questions non moins centrales parce que toujours actuelles qu'il pose et auxquelles il tente de répondre : comment le portrait du prince réalise-t-il le miracle permanent de la transsubstantiation d'un individu en monarque ? Comment la représentation légitime-t-elle cette présence dans la loi d'un nom universel et unique ?
    En appliquant à des objets aussi divers que l'histoire officielle du roi ou son éloge, la médaille du prince, son palais ou ses divertissements, le modèle théologique du corps eucharistique hérité d'une longue tradition religieuse, politique et juridique de l'Empire et de l'Église, l'auteur montre comment s'institue le fantasme d'un corps unique du prince, comment s'exerce et se reproduit la violence symbolique de son nom propre.
    Il montre également comment ce modèle travaille à mettre en question ce qu'il vise à fonder et à légitimer, dans les réflexions de Pascal sur les rapports de la force et de la justice ou sur la légitimité politique de l'autorité royale, le roi présent réellement sous ses espèces représentatives ne trouvant l'absolu de son pouvoir qu'en devenant, en fin de compte, son image, qu'en signant son nom.

  • Le recit est un piege

    Louis Marin

    • Minuit
    • 18 Novembre 2020

    Le récit est un piège, le discours que tient la force pour dire qu'elle est la vérité. Qui est le piégeur ? Le narrateur dont le récit dénie la présence. Qui est le piégé ? Le lecteur qui croit entendre les événements se raconter à la faveur de cette absence et qui écoute de cette voix inaudible la sentence de la vérité : histoire. Ainsi Racine, historiographe de Louis XIV. Connivence entre celui qui écrit l'histoire et celui qui la fait, échange de pouvoirs, le récit est le produit d'une application du pouvoir politique sur une écriture ; l'histoire, celui d'une application du pouvoir narratif sur une politique. Tel est le piège où le lecteur devra tomber pour se retrouver assujetti au pouvoir d'État. Au point central de l'échange donc, une double fiction qui est le pouvoir même, son secret.
    Mais qu'un conteur conte au pouvoir la façon dont le pouvoir se raconte, il le piégera à son propre piège par le plaisir que le pouvoir y prend. Ainsi, diversement, La Fontaine, Retz ou Perrault.

  • La critique du discours

    Louis Marin

    • Minuit
    • 16 Août 2018

    Ce livre est né d'une découverte : l'impossibilité de tenir un discours sur Pascal sans tomber dans les contradictions que dénonce son objet. D'où la substitution à Pascal de la Logique de Port-Royal, qui le cite en des points-clés de son propos et qui permet ainsi d'en mesurer toute la puissance subversive. Sans doute est-il question, dans La Critique du discours, des modèles représentatifs du langage élaborés par la « linguistique cartésienne » des logiciens jansénistes, mais pour montrer, grâce à la citation pascalienne, comment modèles et représentations s'y manifestent comme procès idéologiques où la sémiologie contemporaine est encore prise.
    En écrivant dans leur ouvrage, avec Pascal, le contre-texte de la représentation classique, en déplaçant ses « évidences » par une logique de l'infini et de l'aléa, par les stratégies pratiques du langage ordinaire, les « Messieurs » retrouvent dans leur Logique toute cartésienne et bourgeoise, et sans en être pleinement conscients, la pensée et la pratique anti-représentatives de leur religion, pensée pratique des forces du désir, celles du péché ou de la grâce, forces de l'Autre qui interdisent au modèle et à la représentation de se fonder rationnellement. Cette Critique du discours vise ainsi, par-delà les textes du dix-neuvième siècle, à mettre en question quelques-uns des présupposés sémiotiques des sciences humaines.

    Ce livre est paru en 1975.

  • Des études de quelques représentations produites par Pascal et à Port-Royal, un parcours à travers certains discours et certaines images qui instruit le procès critique de la représentation en France, dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Cette reche

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Traquant ce qui traverse les cultures, Louis Marin chemine à la recherche d'une trace perdue dans la ville et dans les livres, sur l'asphalte et sur le papier, écho d'une symphonie des sens toujours à déchiffrer. Lectures traversières s'ordonne selon la flânerie de l'auteur parmi les signes observés rue Traversière à Paris.De l'illustration à la ponctuation, le monde des pages est scruté avec érudition et tendresse. Toute lecture n'est-elle pas un voyage vers l'utopie d'une compréhension pleine, une logique à la recherche d'un dire sans mystère ? Avec Perrault, Pascal, Corneille, Descartes, La Fontaine, Rousseau et Balzac, mais aussi Ovide, Augustin, More et Paul Klee, l'auteur articule les grands créateurs de la tradition française et européenne le long d'un fil subtil et spirituel.Philosophe, sémiologue et historien des représentations de l'âge moderne, directeur d'étude à l'E.H.E.S.S., Louis Marin s'est attaché dans une quinzaine d'ouvrages à la critique des signes des discours culturels depuis le XVIe siècle. Ses essais de philosophie et d'esthétique, dont La Critique du discours, Le récit est un piège, Portrait du roi, Études sémiologiques, écritures, peintures, témoignent d'une recherche parmi les plus originales de notre temps.

  • En littérature on parle d'avant-propos, en restauration de mise en bouche, pour ce petit bréviaire estivalo-culinaire, on dira : "mise en éveil papillaire" pour un futur recueil plus conséquent, qui sera le reflet de la cuisine du Chef de Montner.
    Eliane Thibaut-Comelade

  • Le débat sur l´euthanasie resurgit à chaque nouvelle « affaire », dont certaines ont marqué l´imaginaire collectif : le jeune Vincent Humbert, polyhandicapé après un accident de la route, ou Chantal Sébire, atteinte d´une tumeur au visage devenue incurable.Chaque fois, c´est la même fièvre et, hélas, la même confusion. On mélange le suicide assisté, c´est-à-dire la revendication de mourir quand on le décide, et le fait d´abréger les souffrances d´un patient en phase terminale d´une maladie - ce qui est autorisé par la loi française, mais largement méconnu.Paradoxalement, les progrès de la médecine ont créé des situations inextricables. L´acharnement thérapeutique existe toujours, et la démarche palliative, censée offrir une prise en charge adéquate, est loin d´être accessible à tous. Elle n´est parfois même pas envisagée, tant est prégnante la volonté toute-puissante de guérir. Dans ce contexte, l´euthanasie n´est-elle pas une mauvaise réponse à une bonne question ?Ce livre propose une réflexion approfondie et accessible sur des sujets complexes, touchant à l´intimité de chacun. Il a pour ambitions de remettre le débat à l´endroit et, en proposant des solutions concrètes, de répondre au « mal-mourir ».

  • Qui est royaliste aujourd'hui? Pourquoi, par attachement ou par engagement? Une enquête qui vient à point et qui célèbre d'une façon originale la mort d'un roi et la naissance d'une démocratie.

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