• Ce livre rapporte l'expérience majeure en matière d'écriture qui consiste à examiner comment se transforme, chez un futur écrivain, des brouillons en oeuvre magistrale. Il propose la réédition d'une thèse de doctorat soutenue en 1977 en Sorbonne, devant un jury où figuraient Roland Barthes ou Gérard Genette. Bien plus qu'à une énième consultation des brouillons proustiens, on assiste ici à une expérimentation originale des prémisses d'une oeuvre car s'y précisent les contours du style d'un écrivain qui s'éveille.

  • Dans une utopie artistique, le processus compte-t-il plus que l'oeuvre elle-même ? C'est la question posée par ce roman, de facture classique, fondé sur un vécu personnel et historique. Contagion de deux imaginaires, maladie qui, dans notre modernité, dissout par une écriture salubre, l'agonie de l'homme périmé.

  • Pendant cinq ans, au rythme des cours et vacances universitaires, une femme teste son souci d'identité sexuelle confondu avec le désir d'écrire. Jusqu'au jour où sort du lot l'artisan du destin qui liquide l'arrière-plan familial à coups de catastrophes, avant que se profile, au-delà de la « bohème » du sexe, la paix du récit espéré.

  • Au début de la Seconde Guerre mondiale, deux jeunes Danois, Hans et Jörgen, ralliés au nazisme, sont parachutés en Angleterre à des fins d'espionnage. L'un, blessé dès sa chute sur le sol anglais, n'accomplira aucune tâche et finira capturé. Son camarade poursuivra le métier d'espion à la solde de l'Allemagne.

  • Ce récit, en boucle, ouvert sur les attentats de 2015 à Paris, refermé sur le retour de Jean, méhariste à travers l'Afrique, voyageur en Polynésie, s'articule sur le souvenir de la brève passion charnelle qui a marqué deux vies. Pour elle, il faut laver la tare d'une procréation souillée. Pour lui, traverser la malédiction de la sclérose en plaques par le choix du désert.

  • À écrire sur la Chine, l'auteur cherche des raisons autres que documentaires. C'est l'originalité de ce livre, ni information, ni récit de voyage. Cette Chine d'aujourd'hui, peu différente de ce qu'elle fut pendant des millénaires, s'anime d'Anmi, l'étudiante occidentalisée, de son frère révolutionnaire, en nombreux portraits et dialogues d'ouvriers, de penseurs, de poètes, fidèles à leur pays, personnages et personnes.

  • La tradition des drames religieux du Moyen Âge aux innombrables personnages est revisitée par un regard moderne sur la destinée du Roi David entre le pouvoir et l'amour. L'inspiration spirituelle ? la Bible souvent au mot à mot ? et politique, soulève des questions multiples sur la conduite d'un peuple et d'une armée. Images projetées, citations et allusions contemporaines forment décor.
    Question : le théâtre peut-il, sans théorie, pédagogie ou pure insignifiance, s'affranchir des poncifs de l'exclusion et de l'argent, sortir des jouissances froides du déclin ? La pièce est suivie, dans cet ouvrage, d'une réflexion nourrie.

  • Certains écrivains sont traités par la culture comme des tares un peu honteuses, refoulés dans la jouissance ou le scandale. Seuls des livres ? non la cellule, la chambre ou l'asile ? sont à la mesure de leur monde extrême. L'« inavouable », c'est d'abord ce qui, en ébranlant les fondements d'une société, dévoile les pulsions humaines qu'elle passe sous silence. À diverses époques, quelques colosses de l'obscur ont sondé la vérité. Sade, Proust, Artaud témoignent de rencontres sans lesquelles pour l'auteur, parole universitaire, création, écriture n'auraient pas été ce qu'avec humilité mais conviction elles ont affirmé puis confirmé.

  • Pour Lucette Mouline, l'écrivain est d'abord l'interlocuteur invariablement masculin ou presque, autour duquel se noue par la force du langage et de la présence physique, une relation puissante, érotique, de violence cérébrale et de plaisir. Au-delà de la gratitude qu'il exprime ce livre recrée de magnifiques personnages, monuments de la pensée ou de l'édition de la fin du XXe siècle, portraits émus, parfois hardis ou crus de Roland Barthes, José Corti, Pierre Fanlac.

  • Ce roman violent, à la facture classique, construit sur des concepts de la psychanalyse, hanté par la répétition obsessionnelle, n'en promène pas moins le lecteur de la Bretagne à l'Aquitaine, du Cambodge à la Chine, interrogeant sous un biais nouveau les institutions. Il amorce une recherche anthropologique aux abords d'une métaphysique éprise de rêves scientifiques. Ce regard critique qui prend en compte l'esthétique et la spiritualité répond à certaines des plus brûlantes préoccupations d'aujourd'hui.

  • Sur le schéma de la rencontre traditionnelle à trois - Lucette Mouline tisse une intrigue toute différente: la dimension érotique est mise au service d'une quête identitaire. Amel ne croit pas à l'amour, Hélène à son corps, Marcel à son art. Le passé revient pour chacun, avec les impostures de la mémoire, les faussetés du théâtre et... l'emprise de Proust.

  • "Sylvain avait pour mère Marie, la fille du meunier Siméon. Elle s'avéra plus tard posséder le statut singulier d'un vague cousinage avec celle qui devint sa bru, Aimée, laquelle affirmait avoir passé jadis des vacances d'enfant chez sa future belle-mère, ce dont on ne fit jamais la preuve. Quoiqu'il en fût, une maligne prédestination pesa sur l'ascendance maternelle de Sylvain."

  • Souvent, l'admiration pour un grand écrivain stimule. Parfois, elle révèle. La plupart du temps, elle enrichit. Mais elle peut aussi, sinon tuer, du moins conduire à un désespoir stérile. Tel est le drame, évité de justesse, que raconte ici, à propos de Proust, un écrivain pour qui l'auteur de la Recherche du temps perdu est l'Ennemi. Ce roman de l'intime fait revivre l'enfance avec les pièges de la famille et enquête sans complaisance sur la découverte de la sexualité par une femme qui ose donner à entendre que l'homosexualité n'est qu'une création contrariée.

  • Ce récit lacunaire s'inscrit dans une tradition où « la visite au musée » est devenue topos de romans et de films, à peine entrevu dans la pseudo-histoire policière et le journal de bord d'un faux savant. Il déploie la pensée hallucinée d'un écrivain dont la raison bascule le jour où il interroge la parenté mathématique qui relierait sa démarche créatrice à la création de l'univers. Une fable d'inspiration cosmique, après l'explosion de ses codes sous la poussée des sciences cognitives.

  • Eva et Maad ne sont pas seulement les anagrammes de nos premiers parents. Ils président ici à la reconstruction et au développement d'un destin littéraire sous forme de deux axes narratifs. L'un déroule l'aventure - banale et exemplaire comme leurs noms - d'une femme et d'un homme pas sûrs d'en être. L'autre réfracte l'oeuvre fictive qui s'élabore au fur et à mesure que les étreintes et la séparation l'enracinent ailleurs, dans le mystère du monde. Ce récit qui se regarde vivre et se perdre tour à tour dans l'enthousiasme et le désespoir mêlés parle du dialogue intérieur qui accompagne toute écriture. Eva et Maad est l'épopée de l'oeuvre convoitée observée aux sources du corps et, grâce à lui, triomphante.

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