• Avec leur conscience aigüe du malheur de vivre. Avec leur passion contagieuse. Avec leur ironie dévastatrice et leur penchant inné mais ô combien raisonnable pour les miracles, les Napolitains offrent un raccourci saisissant de la civilisation occidentale, un concentré de sagesse mêlée de désespoir. Rencontrer aujourd'hui ces hommes et ces femmes qui ont fasciné les plus grands auteurs européens, et qui poursuivent imperturbables leur métier d'acteur de la comédie humaine, c'est comme dialoguer avec soi-même, avec ce qui en chacun de nous cherche à s'approcher de l'universel.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Pénétrant tête haute dans les institutions de la bourgeoisie, le parti communiste italien, après trente années de longue marche vers le pouvoir, se trouve aujourd'hui en mesure de conditionner les choix politiques et économiques de la société italienne. En effet, le plus puissant des P.C. européens (1 750 000 adhérents ; 34,5 % des suffrages aux élections de 1976), le parti de Gramsci, Togliatti et Berlinguer, est tout simplement devenu un élément indispensable au fonctionnement de la démocratie. Auteur du « compromis historique » - la seule stratégie nouvelle élaborée par le mouvement communiste international depuis les "fronts populaires" de 1935 - il a été mal compris par la gauche européenne à laquelle il renvoie l'image de son sectarisme et de ses innombrables échecs. Cette voie démocratique, progressive, autonome à l'égard de Moscou, qui, pour éviter la coupure du pays en deux et la conquête du pouvoir avec 51 % des suffrages, prend à contre-pied l'union de la gauche et le programme commun de gouvernement, aboutit à ce résultat paradoxal de proposer une alliance avec l'adversaire, avec celui qui pense "autrement", c'est-à-dire, en Italie, les catholiques et le parti démo-chrétien. Peut-on, avec le compromis historique, faire la révolution sans révolution, sans quitter l'OTAN, sans abolir certains mécanismes de l'économie de marché, et en se compromettant dans la résolution de la crise économique ? Le compromis historique offre-t-il une recette pour gagner des voix ? Enrico Berlinguer et le P.C. italien proposent-ils ce que Leonid Brejnev appelle, dit-on, un « socialisme hypothétique » ? L'analyse de Marcelle Padovani, correspondante à Rome du Nouvel Observateur, permet de mieux comprendre la situation politique unique d'un pays vers lequel sont tournés tous les regards, à l'Ouest comme à l'Est.

  • Le témoignage fascinant du célèbre juge de la lutte anti-mafia On meurt généralement parce qu'on est seul, ou parce qu'on est entré dans un jeu trop grand. On meurt souvent parce qu'on ne dispose pas des alliances nécessaires, ou parce qu'on est privé de soutien. En Sicile, la mafia frappe les serviteurs de l'État que l'État ne parvient pas à protéger. Giovanni Falcone Publié pour la première fois en 1991 et rapidement épuisé, cet entretien unique du juge Giovanni Falcone paraît quelques mois avant qu'il ne soit assassiné le 23 mai 1992. Témoignage exceptionnel de ce héros discret de l'Italie contemporaine, l'entretien constitue son testament spirituel. Une réédition essentielle car Falcone fut le premier à déchiffrer les modes de fonctionnement, les valeurs, les finalités et les codes de langage de Cosa Nostra. Une remarquable et magistrale leçon de sémantique mafieuse : « La mafia système de pouvoir, articulation du pouvoir, métaphore du pouvoir, et pathologie du pouvoir. La mafia système économique, depuis toujours insérée dans les activités illicites particulièrement fructueuses et susceptibles d'une exploitation méthodique. La mafia qui devient État dans les terres où l'État est tragiquement absent. La mafia qui, dans ce monde-là, apparaît comme un modèle plein d'avenir...» Découvrez le testament spirituel de Giovanni Falcone qui, encore aujourd'hui, en apprend beaucoup sur la Cosa Nostra ! EXTRAIT N'adhère pas qui veut à Cosa Nostra. Cette université du crime exige d'abord que l'on soit valeureux, capable d'accomplir des actions violentes, et donc de tuer. Mais ce n'est pas le plus important. savoir tuer est une condition nécessaire mais non suffisante. Bien d'autres conditions doivent être remplies. Si l'on appartient déjà à un milieu mafieux, que l'on a des parents hommes d'honneur, on bénéficie d'un sérieux coup de pouce au départ. Le repenti Salvatore Contorno rappelle que, parmi les qualités requises, il est indispensable d'être de sexe masculin, et de n'avoir enfin aucun membre de sa famille dans la magistrature ou les forces de l'ordre... CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Il y a un livre que quiconque s'occupant de la lutte anti-mafia devrait relire au moins une fois par an. [...] Un ouvrage qui ne fait pas son âge, tellement il est actuel et stimulant - Tano Grasso, président honoraire de la Fédération italienne de lutte contre l'extorsion Lire ou relire l'entretien historique que Giovanni Falcone accorda à Marcelle Padovani, un an avant sa mort, permet de comprendre les raisons de leur acharnement à le détruire. - Denis Demonpion, Le Nouvel Obs À PROPOS DES AUTEURS Giovanni Falcone est né à Palerme (Sicile) en 1939. Il s'engage, en 1979, dans le pool anti-mafia de Palerme et travaille sous la direction de Rocco Chinnici. Au côtés de son ami, le juge Paolo Borsellino, il ouvre en 1986 le premier « maxi-procès » contre la mafia dont l'issue formalisera pour la première fois en Italie « l'existence de l'association de malfaiteurs de type mafieux ». Marcelle Padovani est née en Corse. Licenciée en philosophie, diplômée de Sciences Po et docteur en sciences politiques, elle débute sa carrière de journaliste à l'Express, puis travaille au Nouvel Observateur et devient correspondante en Italie.

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