• Une vallée au coeur d'une forêt. Tout au fond sillonne une rivière au bord de laquelle vit un clan. Des hommes au regard de suie. Naît alors un petit aux yeux clairs. Inquiétant, car pour ces hommes, toute différence signifie danger.
    Mi-loup ou mi-dieu, cette créature?
    Comme pour justifier leur suspicion, le malheur s'installe. La créature en est sûrement la cause et ils en font vite un paria.
    Vivant sous une cache de peaux au milieu de la place, le petit se fait mi-chèvre, se préférant ainsi plutôt que moitié homme ou moitié loup.
    Animé par une curiosité sans bornes, il explore la vallée avec ses yeux, son nez, sa langue... palpe toute chose en quête de savoir. Tout apprendre de l'existence, des flans de sa vallée jusqu'au bleu du ciel sauf, tout connaître des hommes. Car pour le petit, ce sont eux les parias.
    Mais bientôt un événement le bouleversera et sa vie prendra alors un tout autre sens. Sans le savoir, elle le mènera bien au-delà de sa vallée, et bien au-delà de lui-même.

    L'empreinte, voici une trilogie pas comme les autres. Constituée de trois romans différents et autonomes, l'auteur nous raconte ces empreintes fondatrices de notre vie, celle du père, celle de la mère et le rapport à soi. Des histoires tout à fait prenantes et parfois franchement drôles dans Mon père vu de la lune et Ma mère est un cactus. Quant au Petit borgne, on ne veut plus le lâcher.
    À lire avec bonheur, dans l'ordre ou le désordre.

  • At one time, the use of corporal punishment by parents in child-rearing was considered normal, but in the second half of the nineteenth century this begin to change, in Quebec as well as the rest of the Western world. It was during this period that the extent of ill-treatment inflicted on children-treatment once excused as good child-rearing practice-was discovered.
    This book analyzes both the advice provided to parents and the different forms of child abuse within families. Cliche derives her information from family magazines, reports and advice columns in newspapers, people's life stories, the records of the Montreal Juvenile Court, and even comic strips. Two dates are given particular focus: 1920, with the trial of the parents of Aurore Gagnon, which sensitized the public to the phenomenon of "child martyrs;" and 1940, with the advent of the New Education movement, which was based on psychology rather than strict discipline and religious doctrine.
    There has always been child abuse. What has changed is society's sensitivity to it. That is why defenders of children's rights call for the repeal of Section 43 of the Canadian Criminal Code, which authorizes "reasonable" corporal punishment. Abuse or Punishment? considers not only the history of violence towards children in Quebec but the history of public perception of this violence and what it means for the rest of Canada.

  • Parmi les faits divers rapportés par les médias, il en est peu qui émeuvent autant le public que l'assassinat d'un enfant par ses propres parents. C'est en historienne que Marie-Aimée Cliche aborde ce sujet. Elle privilégie l'étude de cas, explorant les archives judiciaires aussi bien que la presse de l'époque. Elle distingue quatre périodes. D'abord, les cent années qui vont de 1775 à 1875, durant lesquelles le filicide est presque entièrement ignoré. Puis la période 1875-1920, qui correspond à la première découverte des enfants martyrs, en Europe comme en Amérique. L'année 1920 représente une coupure au Québec à cause du procès des parents de la petite Aurore Gagnon, qui entraîne une vague de dénonciations. Enfin, la période suivant la Deuxième Guerre mondiale coïncide avec la vulgarisation de la psychologie et marque le début d'une nouvelle ère dans l'histoire de la protection de l'enfance. En traçant l'évolution des formes de filicide et de la jurisprudence en ce domaine, Marie-Aimée Cliche révèle celle des mentalités dans la société québécoise.

  • La violence envers les enfants a toujours existé et existe encore. Ce qui a changé, c'est la sensibilité de la société, le degré de violence qu'elle tolère. Pendant des millénaires, des éducateurs bien intentionnés ont enseigné comment user des punitions corporelles, sans en abuser.Au Québec, du milieu du XIXe siècle à la Révolution tranquille, cette légitimation de la violence se retrouve dans les revues familiales, les livres destinés aux parents et les conseils dispensés par les responsables des courriers du coeur. Deux dates ressortent dans l'évolution du discours éducatif et de la réalité vécue par les enfants : 1920, année du procès des époux Gagnon qui suscite une prise de conscience sans égale au Canada français, et 1940, avec l'apparition de « l'éducation nouvelle » basée sur la psychologie au lieu d'une interprétation littérale de la Bible. Peu à peu, les Québécois découvrent que non seulement la maltraitance s'enracine dans la pratique des punitions corporelles, mais que ces dernières constituent en elles-mêmes une forme de mauvais traitements. À quand l'abrogation de l'article 43 du Code criminel qui autorise encore l'emploi d'une force « raisonnable » pour corriger les enfants ?

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