• Des artistes du XXe choisissent de s'inspirer de récits médiévaux pour ranimer des mythes, ressusciter des figures, réactualiser des formes anciennes. D'Ezra Pound à Michel Rio, de Julien Gracq à Edward Bond, de Robert Bresson à John Boorman, en écoutant Yves Bonnefoy et Florence Delay, il s'agit de suivre cette trace médiévale qui désigne notre rapport poétique au Moyen Age.

  • L'amour courtois - selon l'expression proposée par Gaston Paris - constitue-t-il un code amoureux que viendraient illustrer poètes et romanciers ou bien plutôt ne serait-il pas, essentiellement, un jeu poétique, une activité qui engage des relations fortes entre les membres d'un groupe ? C'est la question que pose cette étude d'un cercle de poètes arrageois de la deuxième partie du XIIIe siècle : le puy d'Arras. Trouvères d'occasion ou professionnels, ces bourgeois débattaient en vers et en musique sur des «cas» amoureux : les jeux-partis. Cette forme, qu'ils héritaient des troubadours, leur avait paru propice à la circulation de la parole poétique dans leur communauté. Hommes d'argent et de commerce, clercs, princes de passage, tous pratiquaient, à l'occasion d'assemblées annuelles, une lyrique collective, à la fois érotique et réflexive. Discuter d'amour était aussi bien se montrer habile que subtil connaisseur en amour, c'est-à-dire experts des situations amoureuses types forgées par la lyrique. Compétition serrée, polémique parfois violente, échange ironique, les enjeux pour chacun étaient divers : amicaux, sociaux, poétiques... De ces exercices communs souvent brillants émergent des individualités lyriques : Guillaume le Vinier, Adam de la Halle surtout, qui mettra en scène dans une oeuvre aux multiples facettes le choix impossible entre la communauté et la singularité, la solidarité du compagnonnage et le désir de rompre, l'amour de la femme et l'amour des études.

  • Le conflit ouest-africain qui a tourné depuis 1989 entre quatre pays semble bien une "guerre nomade" échappant aux Etats déliquescents comme aux forces interventionnistes. Ce livre montre bien cette circulation qui du Libéria à la Sierra Leone, puis à la Guinée et la Côte d'Ivoire obéit à des logiques propres : amplification de la violence par l'errance des groupes armés et la guérilla, foyers d'insurrection, piégeage des organisations humanitaires. Et si l'Afrique - par la guerre - refusait de force l'Etat ?

  • Le 11 janvier 2013 au matin, les autorités françaises lançaient une opération militaire, baptisée " Serval ", au nord du Mali. Cinq jours plus tard, un groupe armé opéra une spectaculaire prise d'otage dans un complexe gazier près d'In-Amenas, en Algérie. Subitement, les médias braquèrent les projecteurs sur le Sahel et le Sahara, qui d'ordinaire n'attirent guère l'attention. Des " terroristes " dont on ignorait jusque-là presque tout surgirent sur la couverture des magazines. Et l'on découvrit soudainement l'importance stratégique de cette région où les enjeux économiques, politiques et sécuritaires sont inextricablement mêlés.
    C'est un ambitieux travail d'analyse et de mise en perspective que proposent les auteurs de ce livre. Spécialistes de la région et des mouvements qui y agissent, ils rappellent le contexte général d'une crise qui dépasse le simple théâtre malien. Ils identifient les enjeux soulevés par le conflit et clarifient les positions, officielles et officieuses, des différents acteurs. Que se passe-t-il réellement au Mali ? Pour quelles raisons la France y a-t-elle envoyé son armée ? Qui sont ces " Touaregs " dont on parle tant mais que l'on connaît si mal ? Qui se cache derrière cette galaxie " djihadiste " particulièrement nébuleuse ? Quelles seront les conséquences humanitaires de ce conflit protéiforme ?
    Parce que la " crise malienne " est loin d'être terminée et parce que les conséquences de l'opération Serval se feront durablement sentir, ce livre est indispensable pour comprendre ce qui se joue au Sahel et au Sahara.

  • Ces réflexions constituent des voies novatrices sur l'Etat en Afrique. Elles prennent en compte une gouvernementalité multiforme et très souple, véritable laboratoire politologique et sociologique qui permet aux Etats africains d'expérimenter des formes gouvernementales très évolutives, articulées tant bien que mal à des sociétés très changeantes ; ce qui leur permet de survivre aux événements, coups d'Etat, conflits régionaux ou guerre continentale avec une inventivité permanente.

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