• Notre temps est, dit-on, celui des catastrophes. Face aux crises sanitaires, écologiques ou à la menace nucléaire, la croyance dans le progrès a cédé la place à l'angoisse. Cette résurgence des thèmes apocalyptiques est plus qu'un symptôme. La dissolution moderne des hiérarchies traditionnelles a provoqué une nouvelle inquiétude : devoir vivre « après la fin du monde ».
    Ce livre propose une généalogie de l'idée de fin du monde qui distingue deux voies de la modernité : celle qui privilégie la vie et sa conservation, aujourd'hui à l'oeuvre dans la plupart des conceptions précautionneuses du réel ; celle qui fait du monde le thème principal de la philosophie en même temps qu'un enjeu politique primordial. Michaël Foessel interprète les peurs apocalyptiques actuelles à partir d'expériences contemporaines où les sujets sont dépossédés du monde. Le triomphe de la technique sur l'action, du capital sur le travail, du besoin sur le désir sont autant de phénomènes qui expliquent pourquoi l'on est pressé de voir finir un monde que l'on a déjà perdu.
    Les théories de la catastrophe ne se soucient plus de savoir quel monde mérite d'être défendu. Le plus urgent n'est pas d'éviter l'apocalypse à venir, mais de réinvestir le monde après sa disparition comme ordre hiérarchique. En ce sens, le fait que la fin du monde a déjà eu lieu est une bonne nouvelle qui nous place face à une alternative : perpétuer la vie ou édifier un espace pour le possible.

  • Un geste ou une parole devraient suffire, et pourtant... Consoler est une activité difficile qui implique de prendre la parole sur une souffrance que l'on ne partage pas, mais à laquelle on cherche à prendre part. Comment, sans la trahir, se frayer un chemin jusqu'à l'intimité de l'autre ? Quels mots employer qui ne suscitent pas le soupçon ?Ces questions relèvent aujourd'hui de la psychologie ou de la religion. Pourtant, la philosophie a longtemps été un baume pour les douleurs humaines. De Platon à Boèce en passant par les stoïciens, la raison s'impose comme la grande consolatrice. En s'appuyant sur cette tradition, ce livre propose dans un premier temps une grammaire de la consolation. Acte social qui mobilise le langage, la consolation dit quelque chose de la condition humaine. Si elle ne résorbe pas la souffrance, elle répond à la « souffrance de la souffrance » qui est solitude, honte ou culpabilité. Le consolateur apprend à vivre au-delà du point où cela semble impossible.Si l'homme est un animal qui a besoin de consolation, il reste que la philosophie moderne semble avoir abandonné le projet de satisfaire ce désir. Nous ne croyons plus qu'il existe un savoir qui, à lui seul, permette d'affronter les tourments de la vie. Cette défiance constitue un événement dont ce livre, dans sa deuxième partie, retrace l'histoire. L'auteur montre que nous vivons le « temps de la consolation », c'est-à-dire un temps marqué par la perte des modèles communautaires, rationnels et amoureux qui justifiaient l'existence face au pire. Repenser la consolation, c'est éviter le double écueil de la restauration de ces anciens modèles et du renoncement mélancolique au sens.Michaël Foessel, né en 1974, est philosophe, maître de conférences à l'université de Bourgogne et professeur à l'École polytechnique. Il est notamment l'auteur de La Privation de l'intime (Seuil, 2008) et d' Après la fin du monde. Critique de la raison apocalyptique (Seuil, 2012).

  • «La nuit, les hommes veillent pour ne plus être surveillés.»
    La loi de la nuit se décline suivant une grande variété de situations : festives ou angoissées, solitaires ou politiques. Consentir à la nuit, c'est accepter de se soumettre aux expériences singulières qu'elle seule rend possibles. Bonne ou mauvaise, intime et sensible, elle ouvre un espace où il devient possible de vivre sans témoin.
    Au fil des pages, le lecteur s'apercevra qu'il peut être minuit à midi, et que les expériences nocturnes contribuent à montrer les choses sous un nouveau jour.

  • La Nuit

    Michael Foessel

    La loi de la nuit se décline suivant une grande variété de situations : festives ou angoissées, solitaires ou politiques. Consentir à la nuit, c'est accepter de se soumettre aux expériences singulières qu'elle seule rend possibles. Bonne ou mauvaise, intime et sensible, elle ouvre un espace où l'on peut, enfin, vivre sans témoin.
    Au fil des pages, le lecteur s'apercevra qu'il peut être minuit à midi, et que les expériences nocturnes contribuent à montrer les choses sous un nouveau jour.

  • Depuis quelques années, les politiques nous entretiennent d'eux-mêmes, en partie pour ne plus avoir a parler de nous. De quoi ces mises en scène de l'intime, sont-elles le symptôme? La "pipolition" n'affecte pas seulement la politique, mais l'intime lui-même qui se trouve dévalué d'être ainsi donnée à voir. L'intime désigne l'ensemble des liens qui n'existent que pour autant qu'ils sont soustraits au regard social et à son jugement. Ces liens sont le support d'expériences qui, contrairement à ce que l'on dit le plus souvent, ne sont pas sans rapport avec la démocratie. La privation de l'intime est d'abord sa " privatisation ", c'est à dire sa confusion avec les propriétés du Moi. L'intime n'est pas le privé parce qu'il renvoie à des liens affectifs, amoureux, désirants où le sujet prend le risque de se perdre. On découvrira que la ^préservation de l'intime est aussi une manière de nie pas rabattre la démocratie sur un société de propriétaires. Michaël Foessel interroge les ambivalences de la modernité libérale qui invente l'intime et l'identifie presque aussitôt avec le privé. De là des questions inattendues: la démocratie doit-elle être sensible pour demeurer démocratique? L'intime peut-il figurer au range d'idéal commun? Dans quelle mesure l'amour est-il un sentiment politique ?

  • "Entre 1750 et 1830, l'Europe traverse une époque d'intenses bouleversements politiques et sociaux. Pour la première fois, la liberté devient, à la place de Dieu ou de la nature, le principal objet de la pensée. Avec Rousseau, Kant et Hegel, Michaël Foessel nous propose une analyse originale de la philosophie moderne, pour décrire ces décennies où l'indépendance morale, la souveraineté du peuple et l'autonomie deviennent les horizons de la pensée occidentale. Les Presses Universitaires de France et Frémeaux & Associés présentent ce cours particulier sur l'histoire de la philosophie par Michaël Foessel, professeur à l'École polytechnique et spécialiste de l'histoire de la philosophie moderne."
    Claude COLOMBINI FRÉMEAUX

  • Considéré dans ce texte: L'obsession de l'apocalypse et le catastrophisme. Le triomphe de l'hygiénisme. Le progrès, les Lumières, la science et la technique. L'expérience et la biodiversité.

  • « Que puis-je connaître ? », « Que dois-je faire ? », « Que m'est-il permis d'espérer ? » : ces trois grandes questions de la philosophie, Kant les a affrontées dans sa Critique, méthode qui marque une rupture radicale dans l'histoire de la pensée. Textes choisis et présentés par Michaël Foessel et Fabien Lamouche. Cette anthologie propose un parcours réfléchi à travers l'ensemble de l'oeuvre de Kant, à la lumière de questions saillantes : - les limites de la connaissance - la métaphysique, seule vraie philosophie - la raison pratique - les formes du jugement : l'art et la vie - les aventures de la liberté Introduction générale, présentation des textes, bibliographie, chronologie.

  • Deuxième volume de la collection "Questions de caractère" - dirigée par Adèle Van Reeth et publiée en co-édition avec France Culture - qui explore les passions humaines. Une exploration philosophique de la méchanceté à travers le temps, avec Michaël Foessel, l'un des meilleurs philosophes de sa génération.
    Pourquoi sommes-nous méchants ? La méchanceté est-elle une faiblesse du caractère ou une intention morale ? Fait-on le mal volontairement ?
    Interroger la méchanceté aujourd'hui, c'est tenter de comprendre les tragédies humaines de l'histoire, mais aussi déjouer les mécanismes qui conduisent à la perpétuation du mal dans notre société.
    De l'Antiquité à nos jours, Michaël Foessel, l'un des philosophes les plus brillants de sa génération et qui a beaucoup travaillé sur la question du mal en morale et en politique, nous aide à décrypter ce qui, plus qu'un sentiment, est un mal contemporain plus compréhensible qu'on le croit.

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