• Le récit personnel d'un anthropologue, qui s'efforce, pas à pas, de discerner la manière dont le Covid a changé la manière dont nous faisons société.

    " Les quelques mois de la pandémie de 2020 ont-ils changé le cours de l'histoire du présent ? De l'événement sans fin on est passé à la quotidienneté de l'anormal, à l'inquiétude permanente, puis à la nécessité d'apprendre à vivre dans l'incertitude.

    Ce petit livre est un exercice : celui d'un anthropologue dont le terrain d'observation a semblé se dérober avant de réapparaître sous un tout autre jour et qui a décidé de faire état, patiemment, du changement qui s'est opéré, pour éviter de le laisser se perdre dans les oubliettes de l'histoire.

    Il y a deux moments dans cette écriture, et deux parties dans le livre. L'une consiste à porter un regard à la fois présent et décalé sur le temps de l'événement, comme le ferait l'anthropologue sur n'importe quel événement. L'autre étape est plus systématiquement réflexive et s'éloigne du terrain pour interroger les grandes questions que cet événement nous a laissées et qui sont apparues au fil de l'enquête qui la précède. Ni un journal de " vie confinée ", ni une analyse définitive et surplombante du " monde d'après ", ce livre est plus simple et plus risqué, c'est une tentative d'anthropologie du monde contemporain et de ses désordres.

    L'exercice a l'avantage de montrer que les questions des chercheurs en sciences sociales ne tombent pas du ciel pur des idées, ni ne sortent (seulement) de tours d'ivoire pleines de livres, mais viennent de leur existence réelle, vécue comme observateurs, comme citoyens, comme habitants, voisins ou travailleurs, et aussi, l'avait-on oublié que cela nous est revenu brutalement en pleine face, comme corps parmi d'autres millions de corps. "

    Michel Agier

    " Un livre important. " Laure Adler,
    France Inter

    " Il est des livres que l'on n'oublie pas tant ils nous accompagnent dans des périodes singulières et âpres. Le livre de l'anthropologue Michel Agier est de ceux-là. "
    La Croix

    " Ethnologue et anthropologue, directeur d'études à l'EHESS, Michel Agier, qui a beaucoup enquêté en Afrique et en Amérique latine, choisit ici Paris comme terrain, mais fait bien quelques retours en arrière – en suivant notamment les pistes ouvertes par Mikhaïl Bakhtine dans la culture populaire du Moyen-Âge – pour chercher, comme on le faisait jadis (carnaval, jeu, rire, candomblé...), les "épouvantails'. " Robert Maggiori,
    Libération

    " Ce livre aide à comprendre "ce qui arrive'. "
    Siné Mensuel

    " Une analyse fine de la situation sanitaire actuelle. "
    France Inter

  • La condition d'étranger est appelée à se répandre. Mais la mobilité que l'on se plaît à célébrer se heurte aux frontières que les États-nations dressent face aux " migrants ", traités en ennemis plutôt qu'en hôtes.
    Mis en demeure de pallier l'hostilité de leurs gouvernants, beaucoup de citoyens se sont retrouvés acculés à faire quelque chose : accueillir, nourrir ou transporter des voyageurs en détresse. Ils ont ainsi réveillé une vieille tradition anthropologique qui semblait endormie, celle de l'hospitalité. Cette façon d'entrer en politique par la petite porte de chez soi qu'on ouvre montre toutefois ses limites. Chaque hébergement est une goutte d'eau dans l'océan de l'errance globale et la faveur dont procèdent de tels gestes ne saurait durablement faire office de sauf-conduit.
    Michel Agier nous invite à repenser l'hospitalité au prisme de l'anthropologie, de la philosophie et de l'histoire. S'il en souligne les ambiguïtés, il révèle aussi sa capacité à déranger l'imaginaire national. Car l'étranger qui vient nous demande de penser autrement la place de chacun et chacune dans le monde.
    Michel Agier est anthropologue, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement et directeur d'études à l'EHESS. Il dirige le programme Babels (Agence nationale de la recherche, 2016-2018). Il a notamment publié Gérer les indésirables (Flammarion, 2008) et La Condition cosmopolite (La Découverte, 2013).

  • Entre la peur et compassion, entre le besoin de sécurité, de limites et de frontières d'une part, et le sentiment d'un devoir de sauvetage des victimes d'un monde chaotique d'autre part, y a-t-il place pour un principe partagé, universel, qui ferait des migrants, plutôt qu'un problème, une cause pour tous, au sens d'une épreuve qui nous tire en avant, vers la compréhension et le désir d'un monde commun ?

  • Un long moment d´incertitude s´est installé dans le monde. Les vies précaires durent plus longtemps et l´on s´y habitue ; le « kit d´urgence », et plus généralement les matérialités provisoires et démontables ont pénétré l´architecture, l´industrie et l´art ; les mobilités, qu´elles soient urbaines ou planétaires, sont plus nombreuses, plus massives et parcourent les villes et la planète sans direction unique ou définitive, sans ancrage fixe. Le regard sur le monde change aussi, les incertitudes intellectuelles accompagnent logiquement la fragilisation du monde... À cette incertitude généralisée répond un idéal de « gouvernance » mondiale favorisant les fragmentations et créant un dispositif de mondes étanches où s´exerce le contrôle et où l´adhésion au système est sans cesse recherchée.

    /> Dans ce dispositif, chacun est renvoyé à une identité prétendument essentielle, authentique et « vraie ». Ces assignations identitaires sont centrales aujourd´hui dans le monde. Elles font parfois appel à l´anthropologie, dans ses versions les plus culturalistes et différentialistes, aux fins de séparations et de rejets. Mais le même discours rejette aussi tous ceux qui, reprenant et transformant les langages mêmes qui les ont confinés dans les marges (« Roms », « Noirs », « réfugiés » ou « sans-papiers »), réclament ou imposent leur présence-au-monde, parce que ce monde est à la fois plus accessible et plus fermé que jamais.

    Dans ce livre, Michel Agier veut rendre compte de cette dynamique paradoxale et la comprendre, sans jugement de surplomb. Sa réflexion invite le lecteur à reconsidérer les sens et les usages de la frontière, conçue ici comme ce qui nous fait humains en instituant la place et l´existence sociale de chacun tout en reconnaissant celles des autres. Lieu de passage, la frontière est instable, mouvante, sans cesse négociée. Le mur est son contraire, il est à la frontière ce que l´essentialisme identitaire est à l´altérité.

    En plaidant pour la validité de l´approche anthropologique, Michel Agier cherche ici à dépasser le piège identitaire, à montrer que d´autres mots, d´autres manières de penser, sont possibles. Réapprendre à passer les frontières où se trouve l´autre, à les reconnaître et à les fréquenter, est devenu l´un des enjeux majeurs de notre temps.

  • Les textes réunis dans ce hors-série par Michel Agier, anthropologue et directeur de recherche à l'EHESS, décrivent les formes de la mise à l'écart du rejet des étrangers et autres indésirables - de l'Europe à l'Afrique du nord et au Proche Orient, de l'Afghanistan à l'Amérique latine. Ils mettent également en évidence les conflits, tensions et révoltes dont ces situations d'exception sont le lieu.

  • Au moment où la ville, dit-on, se "défait", le regard anthropologique s'avère plus nécessaire que jamais pour retrouver, sans préjugé ni modèle a priori, les genèses et les processus recréant sans cesse et partout l'espace partagé de la ville.
    Michel Agier a enquêté pendant plusieurs années dans les quartiers périphériques, les établissements précaires et les campements, en Afrique noire, en Amérique latine et plus récemment en Europe. Sur la base de cet ancrage ethnographique, il propose des pistes pour répondre à la question du "faire ville" aujourd'hui.
    À partir de trois entrées ou "esquisses" distinctes et convergentes - les savoirs (La ville des anthropologues), les espaces (La ville à l'oeuvre) et les situations (La ville en mouvements) -, l'ouvrage défend la possibilité et l'utilité pour tous (habitants, concepteurs, observateurs et réformateurs) d'une conception anthropologique de la ville.

  • Borderlands

    Michel Agier

    • Polity
    • 13 Septembre 2016

    The images of migrants and refugees arriving in precarious boats on the shores of southern Europe, and of the makeshift camps that have sprung up in Lesbos, Lampedusa, Calais and elsewhere, have become familiar sights on television screens around the world. But what do we know about the border places - these liminal zones between countries and continents - that have become the focus of so much attention and anxiety today, and what do we know about the individuals who occupy these places?
    In this timely book, anthropologist Michel Agier addresses these questions and examines the character of the borderlands that emerge on the margins of nation-states. Drawing on his ethnographic fieldwork, he shows that borders, far from disappearing, have acquired a new kind of centrality in our societies, becoming reference points for the growing numbers of people who do not find a place in the countries they wish to reach. They have become the site for a new kind of subject, the border dweller, who is both 'inside' and 'outside', enclosed on the one hand and excluded on the other, and who is obliged to learn, under harsh conditions, the ways of the world and of other people. In this respect, the lives of migrants, even in the uncertainties or dangers of the borderlands, tell us something about the condition in which everyone is increasingly living today, a 'cosmopolitan condition' in which the experience of the unfamiliar is more common and the relation between self and other is in constant renewal.

  • Anglais The Stranger as My Guest

    Michel Agier

    • Polity
    • 14 Janvier 2021

    The migration crisis of recent years has elicited a double response: on the one hand, many states have responded by tightening border controls, in an attempt to restrict population movements, while on the other hand many citizens have responded by welcoming new arrivals, offering them shelter, food and whatever help they could provide. By so doing, they have re-awakened an old form of anthropology that was long-considered to be dead - that of hospitality. In this book, Agier develops an original anthropology of hospitality that starts from the reality of hospitality as a social relationship, albeit an asymmetrical one, in which each party has rights and duties. He argues that, with the decline of state and religious support, hospitality is now making a comeback at individual and municipal levels but these local initiatives, while important, are insufficient to respond to the scale of migration in the world today. We need a new hospitality policy for the modern era, one that will regard hospitality as a right rather than a favour and will treat the stranger as a guest rather than as an alien or an enemy. This timely and original book will be of great interest to students and scholars in anthropology, sociology and the social sciences generally, and to anyone concerned with migration and refugees in the world today.

  • Anglais The Jungle

    Michel Agier

    • Polity
    • 17 Décembre 2018

    For nearly two decades, the area surrounding the French port of Calais has been a temporary staging post for thousands of migrants and refugees hoping to cross the Channel to Britain. It achieved global attention when, at the height of the migrant crisis in 2015, all those living there were transferred to a single camp that became known as `the Jungle'. Until its dismantling in October 2016, this precarious site, intended to make its inhabitants as invisible as possible, was instead the focal point of international concern about the plight of migrants and refugees.  This new book is the first full account of life inside the Jungle and its relation to the global migration crisis. Anthropologist Michel Agier and his colleagues use the particular circumstances of the Jungle, localized in space and time, to analyse broader changes under way in our societies, both locally and globally. They examine the architecture of the camp, reconstruct how everyday life and routine operated and analyse the mixed reactions to the Jungle, from hostile government policies to movements of solidarity.   This comprehensive account of the life and death of Europe's most infamous camp for migrants and refugees demonstrates that, far from being an isolated case, the Jungle of Calais brings into sharp relief the issues that confront us all today, in a world where the large-scale movement of people has become, and is likely to remain, a central feature of social and political life.

  • Selon les chiffres officiels, cinquante millions de personnes dans le monde sont "victimes de déplacements forcés". Réfugiés, demandeurs d'asile, sinistrés, tolérés, déplacés internes..., les catégories d'exclus se multiplient, mais combien sont ignorées : retenus, déboutés, clandestins, expulsés...
    Face à ce drame, l'action humanitaire s'impose toujours plus comme la seule réponse possible. Sur le terrain, pourtant, le "dispositif" mis en place rappelle la logique totalitaire : permanence de la catastrophe, urgence sans fin, mise à l'écart des "indésirables", dispense de soins conditionnée par le contrôle, le filtrage, le confinement ! Comment interpréter cette trouble intelligence entre la main qui soigne et la main qui frappe ?

    Après sept années d'enquête dans les camps, principalement africains, l'auteur révèle leur "inquiétante ambiguïté" et souligne qu'il est impératif de prendre en compte les formes de contestations et de détournements qui transforment les camps, les mettent en tension, en font parfois des villes et permettent l'émergence de sujets politiques.

    Une critique radicale des fondements, des contextes et des effets politiques de l'action humanitaire.

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