• La contrainte de productivité fait que nos entreprises choisissent de plus en plus souvent de confier les tâches de maintenance, nettoyage, gardiennage, logistique à des entreprises spécialisées plutôt que de les faire elles-même. On assiste à un recentrage sur leur cur du métier qui s'est accompagné de la mise en place d'une politique qualité forte, supposée garantir la bonne exécution et la traçabilité des prestations fournies, à travers notamment les systèmes de management de la sécurité.

    Cette sous-traitance interne s'est-elle traduite par un transfert (voire un accroissement) des risques professionnels des premières (les entreprises utilisatrices) vers les secondes (les entreprises extérieures) ? Ou au contraire a-t-elle permis une professionnalisation des activités permettant aux travailleurs d'effectuer leur travail dans de meilleures conditions ? Les évolutions de la législation suite à la catastrophe d'AZF visant à améliorer la coordination de la sécurité entre les entreprises utilisatrices et les entreprises extérieures constituent-elles un progrès ou restent-elles purement théoriques ?

    Cet ouvrage n'a pas la prétention d'apporter des réponses simples à ces questions complexes. À partir de la réflexion de spécialistes des questions de santé au travail, mais surtout à partir des témoignages de nombreux acteurs du secteur (chefs d'entreprise et responsables CHSCT, donneurs d'ordres et sous-traitants, gestionnaires de systèmes de management de la sécurité, préventeurs), un tableau des conditions d'exercice de la sous-traitance est tracé. Au fil des pages, le constat s'impose de lui-même : le débat amorcé ici ne concerne pas le seul monde de l'entreprise, il pourrait bien intéresser toute notre société.

  • À l'occasion d'un colloque organisé en 2009 par l'INRS avec onze partenaires, un point complet de la prévention des risques cancérogènes et un état de l'existant avaient été faits à travers plusieurs dizaines d'exposés et de communications. Certains aspects, moins stabilisés à l'époque ou faisant encore l'objet de débats, avaient été abordés de façon plus allusive. L'idée est venue ensuite de rassembler, sous la forme d'un ouvrage collectif, des contributions à cet état de l'art in progress. En effet, la prévention des risques cancérogènes évolue sans cesse parce que les modes de production, les technologies et les procédés industriels évoluent eux-mêmes, que le débat social est fructueux, que des initiatives naissent fréquemment de la part de scientifiques, de préventeurs institutionnels ou d'entreprises, etc.
    L'INRS a associé à la réalisation de cet ouvrage une douzaine d'organismes différents qui ont pour point commun de tous oeuvrer (chacun dans son domaine d'activité, chacun avec ses compétences particulières, à partir des techniques qu'il maîtrise) à une tâche commune : celle de prévenir les cancers professionnels.
    L'importance et la complexité de cet enjeu rendent le travail en commun encore plus essentiel. L'invisibilité immédiate de la nocivité de l'exposition à des cancérogènes et le temps de latence d'apparition des pathologies pouvant aller jusqu'à plusieurs dizaines d'années, rendent

empty