Sciences humaines & sociales

  • Le conflit ouest-africain qui a tourné depuis 1989 entre quatre pays semble bien une "guerre nomade" échappant aux Etats déliquescents comme aux forces interventionnistes. Ce livre montre bien cette circulation qui du Libéria à la Sierra Leone, puis à la Guinée et la Côte d'Ivoire obéit à des logiques propres : amplification de la violence par l'errance des groupes armés et la guérilla, foyers d'insurrection, piégeage des organisations humanitaires. Et si l'Afrique - par la guerre - refusait de force l'Etat ?

  • Le 11 janvier 2013 au matin, les autorités françaises lançaient une opération militaire, baptisée " Serval ", au nord du Mali. Cinq jours plus tard, un groupe armé opéra une spectaculaire prise d'otage dans un complexe gazier près d'In-Amenas, en Algérie. Subitement, les médias braquèrent les projecteurs sur le Sahel et le Sahara, qui d'ordinaire n'attirent guère l'attention. Des " terroristes " dont on ignorait jusque-là presque tout surgirent sur la couverture des magazines. Et l'on découvrit soudainement l'importance stratégique de cette région où les enjeux économiques, politiques et sécuritaires sont inextricablement mêlés.
    C'est un ambitieux travail d'analyse et de mise en perspective que proposent les auteurs de ce livre. Spécialistes de la région et des mouvements qui y agissent, ils rappellent le contexte général d'une crise qui dépasse le simple théâtre malien. Ils identifient les enjeux soulevés par le conflit et clarifient les positions, officielles et officieuses, des différents acteurs. Que se passe-t-il réellement au Mali ? Pour quelles raisons la France y a-t-elle envoyé son armée ? Qui sont ces " Touaregs " dont on parle tant mais que l'on connaît si mal ? Qui se cache derrière cette galaxie " djihadiste " particulièrement nébuleuse ? Quelles seront les conséquences humanitaires de ce conflit protéiforme ?
    Parce que la " crise malienne " est loin d'être terminée et parce que les conséquences de l'opération Serval se feront durablement sentir, ce livre est indispensable pour comprendre ce qui se joue au Sahel et au Sahara.

  • C'est que du bonheur ", s'exclame-t-on désormais communément à tout propos !

    Mais qu'est-ce que le bonheur ? Un désir, une aspiration ? Une disposition d'esprit, une aptitude que chacun posséderait à des degrés différents, l'humanité se divisant entre optimistes et pessimistes ?

    Notre époque, pourtant lourde d'angoisses en l'avenir, semble en effet obsédée par le bonheur. Elle paraît faire de la capacité à être heureux une injonction, un ordre politiquement correct : multiplication de guides et de manuels, créations de clubs et de think tank (" Fabrique Spinoza ", " ligue de l'optimisme "), mise en place de travaux de recherche sur le thème (chaire de sciences du bonheur, Nobel d'économie décerné à Angus Deaton pour ses travaux sur bonheur et croissance).

    Ce dictionnaire est donc né d'un étonnement sur la place paradoxale prise par une notion fuyante dès que l'on tente de la fixer historiquement et psychologiquement. Il se veut donc critique. Croisant des points de vue multiples à travers 230 entrées et 92 auteurs, de la philosophie à la littérature, des arts à la sociologie, de l'économie à la psychologie et à la psychanalyse, des neurosciences à l'histoire, etc., il est à la fois instrument de connaissances et invitation à réfléchir sur le contemporain.

    L'enjeu de ce dictionnaire réside surtout dans la volonté de questionner les nouveaux clichés sur le bonheur.

  • Humanités, un vocable « ringardisé », pour une réalité désormais presque « hors-la-loi », comme le prédisait Calvino. Le latin, le grec... on peut vivre sans ? Admettons ! Mais la formation des esprits à la compréhension intime des textes, la relance, à chaque génération, de notre culture fondatrice ? Trouver cela inessentiel en dit long sur notre aplatissement intellectuel et moral. Michèle Gally rend compte avec une lucidité qui fera grincer bien des dents d'une marginalisation progressive, d'une éviction éducative qui s'est parée d'oripeaux « égalitaristes » et « modernistes », mais a joué le jeu de la déculturation. Son grand mérite est de dépasser toute position « réactionnaire » et de montrer que l'étude des lettres anciennes (et de la littérature) reste l'un de nos derniers recours pour résister à un air du temps de plus en plus aliénant. Parce que ces lettres, précisément, sont non modernes ? Sans aucun doute. Mais aussi parce que notre démocratie n'est pas inscrite dans la nature, elle est la fille « accidentelle » des noces de l'Antiquité et de l'Humanisme. Sa survie, à l'heure de la confluence au sein de la Nation d'une diversité inédite des origines, passe aussi par l'offre, à notre jeunesse, d'un ensemble élargi de références et de pratiques culturelles à partager. Agrégée de lettres classiques, ancienne élève de l'ENS de Fontenay, Michèle Gally, est actuellement maître de conférences à l'École normale supérieure lettres et sciences humaines.

  • Ces réflexions constituent des voies novatrices sur l'Etat en Afrique. Elles prennent en compte une gouvernementalité multiforme et très souple, véritable laboratoire politologique et sociologique qui permet aux Etats africains d'expérimenter des formes gouvernementales très évolutives, articulées tant bien que mal à des sociétés très changeantes ; ce qui leur permet de survivre aux événements, coups d'Etat, conflits régionaux ou guerre continentale avec une inventivité permanente.

empty