• Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « La Cinquième République a accompagné toute ma vie et ses Présidents -nos Rois- aussi : d'abord de loin, puis de plus près, enfin de très près.
    De là l'envie d'un regard rétrospectif sur cette cohorte de huit monarques, qui se veut aussi distancié vis-à-vis du mythe de De Gaulle que d'un Emmanuel Macron que j'ai vu naître à la politique. »A.M 
    De Gaulle, la dialectique des contradictions ; Pompidou, le génie de la normalité ; Giscard d'Estaing, un être paradoxal ; Mitterrand, du bon usage de Machiavel ; Chirac, un hussard nihiliste ; Sarkozy, un entrepreneur en politique ; Hollande, un journaliste guerrier ; Macron, un ovni « habité » : ces huit portraits à la pointe sèche restituent à la fois la quintessence des hommes et des époques, avec des saillies surprenantes, des jugements inattendus, des confidences savoureuses.
    Une histoire de France en accéléré, qui montre bien, au fil de la Vème République, la dépossession progressive du pouvoir et la difficulté croissante à l'exercer, au sommet de l'Etat.

  • «  La vie m'a donné, depuis quarante ans, l'opportunité de me trouver au carrefour de plusieurs mondes  : économique, politique, médiatique, intellectuel. Ils constituent, à eux quatre, l'essentiel de ce que les populistes baptisent «  le système  » afin de mieux le vomir et de ce qu'ils nomment avec hostilité «  les élites  » afin de les vouer à la vindicte publique. Aussi la tentation m'est-elle venue de décrire «  le système  » de l'intérieur, tel qu'il m'est apparu et que je l'ai vu se métamorphoser.
    C'est sans doute, de ces quatre mondes, le politique qui a le plus persévéré dans son être et l'univers médiatique qui a été le plus bouleversé. La vie capitalistique et la sphère intellectuelle se sont contentées de muter sans que leurs fondamentaux aient volé en éclats.  »A.M.Analyses, portraits, récits, souvenirs, confidences: ce livre bref est certainement la meilleure introduction au fonctionnement réel de quatre piliers du pouvoir français et de leur évolution dans les dernières décennies, par un «  frontalier  » qui les connait tous de l'intérieur et qui n'a pas peu contribué à les rapprocher.

  • L'avenir du monde et le nôtre dépend des réponses que l'on peut apporter à une petite dizaine de questions.
    Le creusement irréversible des inégalités nous menace-t-il d'une révolution  ? La prochaine crise économique risque-t-elle d'être «  terminale  »  ? Les États sont-ils devenus les otages des GAFA  ? Peut-on vraiment combattre le réchauffement climatique  ? La démocratie libérale sera-t-elle submergée par la vague populiste  ? Quel dénouement envisager à la nouvelle guerre de trente ans qui s'est déclenchée au Levant  ? L'absence de leader condamne-t-elle le monde à une instabilité chronique  ? L'Europe saura-t-elle désamorcer la bombe démographique africaine  ? Peut-on ressusciter l'Europe  ?
    Si «  mal nommer un objet, c'est ajouter au malheur de ce monde  » (Camus), Alain Minc s'efforce ici de bien nommer les interrogations cruciales du monde qui vient, et d'y apporter les réponses qu'il estime les plus probables.

  • « Nous assistons à la mort des élites ou plus prosaïquement à la disparition de la classe dominante telle que Marx l'avait mise en scène : la communauté se dissout, qui réunissait les détenteurs de tous les pouvoirs, politique, économique, médiatique, intellectuel. Ce n'est pas simplement l'effet du populisme dont le marqueur idéologique demeure la haine à l'égard de ceux d'« en-haut ». C'est évidemment le résultat des lâchetés et des faux pas des élites elles-mêmes. Mais c'est surtout le résultat d'une société « hyperdémocratique », dirigée par l'opinion et les médias. De là l'apparition, à la place des anciennes élites, d'une élite de notoriété qui recherche l'influence à défaut du pouvoir, le salut individuel plutôt que des intérêts de classe. Son poids réel est illusoire : ce sont, désormais, par un étrange retour de balancier, les hommes qui font l'histoire et non plus les forces sociales. Le crépuscule des petits dieux est donc irréversible. » Alain Minc

  • Depuis que l'histoire s'est remise en mouvement, après la chute du communisme, les Occidentaux oscillent entre le culte des dates et le goût des prophéties. Côté dates, 1989 aurait clos le vingtième siècle et le 11 septembre 2001 aurait ouvert le vingt-et-unième. Côté prophéties, nous avons connu l'irénisme dans les années quatre-vingt-dix, la paix et la prospérité étant supposées régner pour « les siècles des siècles », puis après les Twin Towers, le conflit des civilisations et une troisième guerre mondiale d'un nouveau type. Tel est le mélange de faits et de simplismes qui nourrit notre quotidien. Il occulte les forces souterraines à l'oeuvre qui établissent le décor du théâtre mondial. Ces forces mêlent fatalité, paradoxe et hasard. Elles portent en elles le poids des phénomènes qui relèvent de « l'histoire longue » braudelienne : traditions, identités, cultures. Quelques-unes se lisent à livre ouvert ; d'autres sont encore inscrites à l'encre sympathique. Exemple des premières : la transformation des États-Unis, d'un nouveau monde qui nous ressemblait tant, à un autre monde qui nous est de plus en plus étranger. Exemple des secondes : le développement, à terme, d'un modèle capitaliste chinois qui pourrait donner raison aux prophéties les plus noires sur le destin de l'économie libérale. Mais où classer la plasticité de l'Occident, dont celui-ci est inconscient, et qui avalera le terrorisme, comme il l'a fait pour tant d'autres chocs ? Et la plus grande faiblesse de notre système économique, qui ne tient pas au risque d'accident sur les marchés mais à l'absence de social-démocratie dans les nouveaux pays émergents ? De même, doit-on regarder l'Europe comme un « OVNI » dans le monde contemporain ou, au contraire, comme l'illustration même de la modernité, sa complexité témoignant de son adaptabilité ? La France est malheureusement à mille lieues de ces débats-là. Plus « village gaulois » que jamais, en pleine régression dans sa compréhension du monde, elle choisit des mauvais enjeux et ignore les vrais.

  • Pourquoi se risquer, aujourd'hui, dans un éloge vibrant de Mirabeau ? Et pourquoi célébrer, à l'heure des déferlantes populistes, un tribun réputé pour son tempérament, sa petite vérole et son jeu  plus ou moins trouble entre une monarchie agonisante et une Assemblée Constituante découvrant les vertus du parlementarisme ? Sans doute parce que Mirabeau fut, en son temps, le seul homme politique qui aurait pu « arrêter la révolution » (l'expression est de François Furet) ; qui aurait pu, par son talent de démiurge et sa position d'aristocrate rallié aux principes nouveaux , prévenir la Terreur et  réconcilier l'Ancien Régime avec la Révolution. Sa mort prématurée (en avril 1791) coïncida avec le basculement de la France dans une tourmente - qui fut, en même temps, la matrice du pire et le creuset de notre modernité politique. C'est cet homme-là qu'Alain Minc fait ici revivre : de sa folle jeunesse à sa passion interdite pour Marie-Antoinette, des vaines réformes de Necker à celles de Calonne, de ses dettes ruineuses à l'invention de la Monarchie Constitutionnelle, de sa prétendue « corruption » à son amour de la vie, de ses séjours en prison à son rôle majestueux lors de la réunion des Etats Généraux. Au fil de cette évocation, se dessine, en filigrane, un idéal politique : que se serait-il passé si cet homme avait pu poursuivre son oeuvre ? La France serait-elle devenue une sorte d'Angleterre ? Et les Français auraient-ils alors pris goût à ce « réformisme » auquel ils semblent, hélas, allergiques ?

  • L'âme des nations

    Alain Minc

    • Grasset
    • 19 Septembre 2012

    « Le sentiment s'est ancré de plus en plus fort en moi que les pays, comme les individus, ont un ADN et que si pour eux un partage s'est établi entre l'inné et l'acquis, leur nature profonde a largement conditionné leur comportement sur la scène internationale.
    Je ne crois pas à un déterminisme génétique des Etats et des peuples, mais rien n'est explicable dans leurs actions, leurs attitudes, leurs ripostes si l'on ne comprend pas en profondeur les ressorts de leur identité, telle qu'elle a pesé sur leurs relations avec le reste du monde. D'où la quête inachevée, superficielle, contestable, voire provocante de l'âme des acteurs qui occupent, depuis un demi millénaire, le théâtre européen... »A.M.

  • « L´intellectuel moderne naît, à mes yeux, au XVIIIe siècle, lorsqu´il échappe à la mainmise royale et à l´omniprésence religieuse. C´est la société qui constitue désormais son bain amniotique et non plus la monarchie et l´Eglise. Il prend place pour un face-à-face avec le pouvoir : cet affrontement définit son identité autant que le travail de création. L´intellectuel pense le monde : les mots sont des actes, les idées des armes, les théories des canons. C´est une spécialité très française. C´est donc à la rencontre de ce personnage que je suis parti. En quête aussi d´une réponse à une question lancinante : pourquoi les intellectuels français se sont-ils mis, au fil des décennies, à penser de plus en plus faux ? Pourquoi parviennent-ils à mener souvent des combats empreints d´humanisme et simultanément à divaguer idéologiquement ? Pourquoi la nuance, la mesure, l´équilibre sont-ils devenus aux yeux de la plupart, y compris aujourd´hui, des mots obscènes ? De même qu´historien du dimanche j´ai osé une Histoire de France, intellectuel de pacotille, je prends le risque de plonger au coeur de la corporation la plus durablement puissante de notre pays. De multiples pas de côté, des impasses voulues, des choix assumés, des raccourcis osés, des coq-à-l´âne délibérés, d´innombrables jugements à l´emporte-pièce ; tous les ingrédients sont là d´un procès en sorcellerie. Mais un peu de mauvaise foi souriante n´est pas interdit vis-à-vis des intellectuels qui cultivent souvent la mauvaise foi grinçante. »A. M.

  • Une histoire de France

    Alain Minc

    • Grasset
    • 24 Septembre 2008

    Ni grand ni petit historien, tout au plus « historien du dimanche » - au sens où Levinas parlait des « talmudistes du dimanche » - Alain Minc se risque ici à nous raconter son histoire personnelle de la France, de la Gaule du IVème siècle jusqu'à l'élection de Nicolas Sarkozy. Promeneur de l'Histoire, il s'autorise tout ce que s'interdisent les historiens professionnels : rompre les enchaînements de faits, chercher des comparaisons dans le présent pour expliquer le passé (péché d'« anachronisme »), repérer les récurrences plutôt que l'unité des événements, établir sa propre hiérarchie des grands carrefours, des noeuds, des points de bascule de notre roman national, au mépris de la linéarité du temps et des vérités établies, imaginer ce qui aurait pu se passer différemment (péché d'« histoire-fiction »). Cette histoire personnelle de la France est donc portée par des partis pris, une forme assumée de superficialité et des choix par définition contestables. Ce n'est pas manque de respect aux maîtres de cette discipline que de se lancer dans une telle aventure. Alain Minc le fait avec la bénédiction posthume de Fernand Braudel qui lui avait murmuré il y a vingt-cinq ans : « Ecrivez une histoire de France : il n'y a pas de plus bel exercice intellectuel. N'ayez pas peur des historiens : ils ont besoin que l'on braconne sur leurs terres ».

  • La machine égalitaire

    Alain Minc

    • Grasset
    • 16 Septembre 1987

    La social-démocratie classique et l'Etat providence, non contents d'être devenus complètement incapables d'arbitrer les problèmes qui leur sont soumis, ont de plus en plus d'effets pervers. Le vieux discours sur la "justice sociale" ne sert, bien souvent, qu'à produire plus encore d'injustices. Ces nouvelles injustices, ces nouvelles inégalités, moins quantitatives que jadis, tournent, le plus souvent, autour de biens immatériels (le temps, la qualité de la vie, etc.) et induisent de nouveaux clivages sociaux. Des remèdes "révolutionnaires" sont donc nécessaires. Avec, au coeur de la thérapeutique, cette thèse qui fera scandale : c'est en faisant jouer les mécanismes du marché qu'on redonnera corps au vieux rêve égalitaire. Alain Minc reste un homme de gauche. Mais un homme de gauche moderne, rompant avec les archaïsmes de sa famille politique.

    Par ses thèses autant que par son itinéraire, Alain Minc fait un peu figure de modèle ou de maître à penser pour les "têtes d'oeuf" de sa génération.

  • " Le conformisme a changé de camp. Ce n'est plus le vieux conformisme bourgeois qui règne, mais un nouveau " politiquement correct " à la française. Il est l'apanage des maîtres du moment : féministes, gays, communautaristes, croisés de l'anti-mondialisation, dévots de la pureté, apôtres du populisme, parmi d'autres. Leur discours est omni présent ; leurs aspirations triomphent ; leurs fantasmes fabriquent désormais l'imaginaire collectif. La société a abdiqué devant eux, comme elle le faisait autrefois devant les seules classes dirigeantes. Etonnant renversement de perspective : est devenue dominante l'idéologie de ceux qui ont l'intelligence de se présenter encore comme les dominés. " Ni Dieu ni maître " : pourquoi le plus beau des principes ne s'appliquerait-il pas à nos nouveaux maîtres ? Pourquoi échapperaient-ils à toute interpellation? Pourquoi, exhibant, tels des quartiers de noblesse, leurs souffrances passées, ou leur marginalité d'hier, seraient-ils à l'abri de la critique qu'ils ont, à juste titre, développée à notre endroit ? " Dix épîtres à nos nouveaux maîtres pour lever cette chape de plomb :Premier épître : à nous-mêmes, les mal pensantsDeuxième épître : aux féministesTroisième épître : aux gaysQuatrième épître : aux communautaristes de tous acabitsCinquième épître : aux zélotes des " ONG "Sixième épître : aux croisés de l'anti-mondialisationSeptième épître : aux obsédés de l'anti-américanismeHuitième épître : aux dévots de la puretéNeuvième épître : aux apôtres du néo-populismeDixième épître : à nous-mêmes, hypothétiques bien-pensants

  • La science économique vit au-dessus de ses moyens. Elle prétend tenir les deux extrémités d'un fil qui va de l'abstraction la plus ésotérique à la réalité la plus quotidienne. L'économie est une étrange religion qui, à la différence des religions révélées, doit apporter chaque jour la preuve de l'existence de son Dieu. On attend d'elle la richesse, la prospérité et le bonheur. Ses penseurs, ceux qui ont scandé l'histoire de l'économie, sont en effet tous, à leur manière, des « prophètes du bonheur ». Convaincu que, dans la réalité, l'économie n'est, au contraire, que bricolage, Alain Minc est reparti à l'assaut de ses « prophètes du bonheur ». Il l'a fait à la lumière de son expérience particulière : familier de la théorie mais immergé dans la pratique ; connaisseur de la théorie de l'entrepreneur mais confident des « tycoons » contemporains ; vieux lecteur de Marx, mais défenseur du marché. D'où cette histoire personnelle de la pensée économique : par le choix des auteurs, par le regard posé sur eux, par les leçons tirées. On en ressort avec une hiérarchie différente - réhabilitations, résurrections, « excommunications » -, mais surtout avec une boîte à outils. Elle puise chez les uns et les autres et vise à affronter les chocs du quotidien avec un système de pensée qui, fût-il empirique, a fait ses preuves.

  • Les marchés financiers régulent aujourd'hui l'économie mondiale. Cet état de fait qui n'ira qu'en s'amplifiant n'est certainement pas à considérer comme un épouvantail menaçant les libertés individuelles ou nationales : c'est tout au contraire par une meilleure compréhension des mécanismes de la mondialisation que l'intérêt sera servi. Tel est le défi que le pouvoir politique doit relever sans tarder, sans quoi le pays connaîtra un déclin inéluctable. Ce nouvel essai d'Alain Minc se clôt sur une "Lettre ouverte à Lionel Jospin" : "La France - écrit-il notamment - a, en main, toutes les cartes qui lui permettraient de vivre une mondialisation heureuse. Son seul drame, le chômage de longue durée, est à portée d'une solution : il existe pour en sortir deux cheminements d'esprit libéral, l'un de droite, l'autre de gauche ; à condition de ne pas se tromper de diagnostic et de faire preuve de continuité. Mais, au lieu de prendre progressivement cette voie, notre pays continue à s'égarer dans des débats économiques qui font rire le monde entier. Il ne renonce pas à trouver un modèle sans équivalent ailleurs, comme s'il allait, seul dans l'univers, inventer une solution miracle."

  • Les marchés financiers régulent aujourd'hui l'économie mondiale. Cet état de fait qui n'ira qu'en s'amplifiant n'est certainement pas à considérer comme un épouvantail menaçant les libertés individuelles ou nationales : c'est tout au contraire par une meilleure compréhension des mécanismes de la mondialisation que l'intérêt sera servi. Tel est le défi que le pouvoir politique doit relever sans tarder, sans quoi le pays connaîtra un déclin inéluctable. Ce nouvel essai d'Alain Minc se clôt sur une "Lettre ouverte à Lionel Jospin" : "La France - écrit-il notamment - a, en main, toutes les cartes qui lui permettraient de vivre une mondialisation heureuse. Son seul drame, le chômage de longue durée, est à portée d'une solution : il existe pour en sortir deux cheminements d'esprit libéral, l'un de droite, l'autre de gauche ; à condition de ne pas se tromper de diagnostic et de faire preuve de continuité. Mais, au lieu de prendre progressivement cette voie, notre pays continue à s'égarer dans des débats économiques qui font rire le monde entier. Il ne renonce pas à trouver un modèle sans équivalent ailleurs, comme s'il allait, seul dans l'univers, inventer une solution miracle."

  • Des idées directrices et des stratégies, c'est ce dont le pays et le pouvoir ont aujourd'hui le plus besoin. Celles que propose Alain Minc, co-auteur du célèbre rapport sur l'informatisation de la société et industriel de gauche de la jeune génération, ont le mérite rare d'appuyer des principes d'action sur un diagnostic d'expert. Le pire est devant nous, mais la crise est pourtant dépassée. Le déclin économique de l'Europe est inévitable et nous condamne à un âge de rareté qu'aucun miracle technologique ne nous épargnera. Mais nous sommes déjà dans l'après-crise. Il se dessine au rythme des transformations qu'une société de plus en plus diversifiée s'impose à elle-même, malgré les vieux réflexes rentiers qui ont toujours empêché la France d'être un pays vraiment capitaliste, malgré les poussées du social-corporatisme défensif. Il se joue dans la capacité de la société à gérer sa propre effervescence à la place des surplus que dégageait la croissance. L'après-crise exige paradoxalement davantage d'État - pour mieux ruser avec les lois du marché économique mondial et servir de bouclier industriel -, davantage de marché - seule issue à l'emballement des dépenses publiques et aux impasses de l'État-providence -, davantage de société civile - seul facteur de rééquilibrage spontané auquel doit s'adapter le jeu institutionnel. La philosophie qui se dégage de ce plaidoyer étato-libertaire pour une société polymorphe suppose une inversion des priorités : la société d'abord, non l'économie. Alain Minc esquisse, en praticien, un rapport nouveau de l'économique, du social et du politique qu'ici et là économistes, philosophes et historiens s'efforcent de définir et de penser.

  • La grande illusion

    Alain Minc

    • Grasset
    • 11 Janvier 1989

    L'Europe ? Tous en parlent ou en rêvent. Pourtant, le risque est grand, dès demain, de découvrir que cet avenir radieux est encombré de nuages et que l'Europe pourrait susciter quelques surprises. Au coeur de ce livre, une réflexion décisive sur "la nouvelle question allemande" et sur la manière dont, insensiblement, la République fédérale glisse de l'Europe de l'Ouest à l'Europe du centre, pivot et poumon d'un ensemble qui ira de l'Atlantique à l'Oural. En effet, un processus - inexorable ? - transforme l'Europe communautaire des pères fondateurs en une Europe continentale qui, enjambant le rideau de fer, risque de conduire à une "finlandisation" douce mais fatale, malgré l'espoir qui commence à clignoter du côté de Moscou. La lucidité serait-elle, désormais, europessimiste ? Pourtant la partie n'est pas jouée, les raisons d'espérer ne manquent pas et cette "grande illusion" peut se muer - Alain Minc le dit - en vrai destin. Informé, décapant, passionné, ce livre ouvre un débat capital - dans lequel la langue de bois tenait, jusqu'à présent, trop souvent lieu d'idées.

  • Pourquoi ce dialogue, en apparence contre nature ? Pourquoi un homme politique et un intellectuel décident-ils de débattre ensemble, à l'encontre des habitudes françaises qui classent chacun, pour l'éternité, dans une catégorie ? Pourquoi un opposant à Maastricht, et un partisan du oui, souhaitent-ils s'exprimer à nouveau sur l'Europe ? Pourquoi un critique et un partisan de la monnaie unique, veulent-ils en avoir le coeur net sur leurs divergences ? Pourquoi, au-delà de ce qui les sépare irréductiblement, veulent-ils voir si la réalité et les problèmes quotidiens du pays les rapprochent ? Par un goût qui nous est commun de l'échange. Par une même volonté de vérifier si appartenir à deux France différentes implique un désaccord absolu. Par un désir similaire d'échapper à la langue de bois, au moment où le pays avance, masqué, vers un débat national. Par la volonté, peut-être abusive, de tenir, à partir de deux positions, à maints égards contradictoires, un discours de vérité.

  • La france de l'an 2000

    Alain Minc

    Quels sont les grands défis de l'an 2000 ? Quelles grandes actions économiques et sociales s'imposeront à la France dans les années à venir ? Assurer une croissance sans inflation capable de favoriser l'emploi. Rendre plus efficace l'État-providence. Adapter notre système productif à la mondialisation des échanges. Sur ces problèmes clés pour la société française, Édouard Balladur a demandé à Alain Minc d'animer la réflexion d'un large éventail de personnalités. Son rapport s'affirme déjà comme un classique.

  • « Les itinéraires croisés de Jean Moulin et de René Bousquet sont fascinants : même milieu petit-bourgeois, radical, franc-maçon, républicain. Même ambition de provinciaux qui rêvent de gloire. Même carrière préféctorale jusqu'en 1940, avec un Bousquet plus courageux et plus brillant. Or, l'un devient progressivement un "héros" et l'autre un "salaud"...
    Etait-ce écrit ? Non. La vie est pleine de carrefours et de chemins de traverse. Qui se souvient que Moulin a été durant six longs mois un préfet diligent du régime de Vichy avant d'être mis à la retraite d'office ? Ne l'eut-il pas été, que serait-il devenu ? Bousquet est pris dans l'engrenage de l'ambition bureaucratique, mais tout en planifiant la rafle du Vel d'Hiv, il aide des résistants. Quel aurait été son destin si, au moment où il est relevé de son poste de Secrétaire général à la police en 1943, il avait rejoint la Résistance, puisque la victoire alliée se dessinait ? Et si l'on avait permuté les fonctions, l'un officiant auprès de Cot et l'autre de Laval, les influences respectives auraient-elles déterminé des comportements symétriques ?
    Ce livre suit pas à pas les deux hommes et tente de comprendre les évolutions psychologiques, les concours de circonstance, les hasards, les moments de vérité. Une vie n'est jamais complètement écrite. Il n'y a pas un ADN du bien et du mal : c'est une lente évolution qui fait pencher d'un côté ou de l'autre... »

  • " L'identité française s'est longtemps enracinée dans une tradition dont Renan, De Gaulle, Bernanos, Michelet et tant d'autres demeuraient les repères immuables. Elle allait de soi, sans culte des origines communautaires ou régionalistes ni doute existentiel. Cette identité est aujourd'hui en crise. Chacun bricole son identité, qui  se démembre en chromosomes existentiels comme notre ADN en chromosomes biologiques. Comment je suis Français devient une manière de décliner ce que je crois. Parce que je ne crois ni à l' «identité malheureuse » ni au « suicide français », il me semble que la manière la plus honnête de participer au débat fiévreux sur l'identité de la France est de présenter ici ma « carte d'identités » : millefeuille dont les couches correspondent à mon itinéraire personnel, intellectuel, idéologique. Ce livre mêle donc l'autoportrait, les souvenirs, les analyses et les idées d'un « Français de tant de souches », pour mieux exprimer ce que je ressens des problèmes existentiels que traverse notre pays."A. M.

  • « La société française est devenue un simple agrégat d´individus : il est urgent pour notre avenir de réinventer un contrat social.
    Dès lors que, réduit au rôle d´ingénieur de la réalité, l´Etat a perdu son rôle central, il nous faut le contourner par au-dessus et par en-dessous : d´un côté par l´utopie européenne, de l´autre par l´ennoblissement de la société du bas, celle des micro-solidarités. Ne nous trompons pas de diagnostic : le mal français n'est plus ce qu'il était. »A. M.

  • Le jour où Gazprom lancera une OPA sur Total. Le jour où la Chine envahira Taïwan. Le jour où l'Ecosse déclarera son indépendance. Le jour où Google rachètera le New York Times pour un dollar. Le jour où l'euro vaudra 2,5 dollars. Le jour où Israël attaquera les installations nucléaires iraniennes. Le jour où la France comptera plus d'habitants que l'Allemagne. Le jour où les Asiatiques rafleront tous les prix Nobel. Le jour où le terrorisme menacera de faire exploser une arme nucléaire tactique. Le jour où les jeunes mâles blancs se révolteront Ce ne sont pas dix prophéties mais dix métaphores. Derrière chaque journée se glisse un événement plausible : qu'il survienne ou non, il illustre un enjeu crucial de l'avenir.

  • Vive l'Allemagne !

    Alain Minc

    • Grasset
    • 2 Octobre 2013

    « L'Allemagne est désormais, à mes yeux, le pays le plus démocratique et le plus sain d'Europe. Incroyable renversement historique! Mais prisonniers de leur pessimisme et de leur anti-germanisme primaire, les Français croient le succès allemand irréversible et menaçant. Rien n'est plus faux. Cette Allemagne qui va connaître économiquement un relatif déclin, n'aspire malheureusement qu'à être une "grosse Suisse" prospère et paisible. C'est pour nous, Français, une tâche paradoxale et noble que de la pousser à ne pas être un acteur édenté mais à exercer le magistère tempéré qui lui revient. »Alain Minc

empty