• Connu pour ses sympathies anarchistes, Octave Mirbeau est un écrivain engagé. Il a combattu l'antisémitisme, le nationalisme, le colonialisme, toutes les formes de domination qui asservissent l'individu. Sujets d'indignation qui intéressent notre temps et nous incitent à redécouvrir cette oeuvre.
    Avec Le Jardin des supplices, il invente une forme romanesque qui rompt avec les conventions de la cohérence narrative et de la vraisemblance. Ce texte offre un assemblage de morceaux disparates dans lequel la stylisation du réel en dévoile, par-delà les apparences, les aspects grotesques ou monstrueux. Mirbeau y adopte, après l'avoir longtemps cherché, le mode satirique qui va désormais faire de ses romans l'expression de son engagement passionné dans les luttes de son époque.
    Le Jardin des supplices et Le Journal d'une femme de chambre sont autant d'allégories qui, en pleine affaire Dreyfus, renvoient à la France antidreyfusarde sa propre image hallucinée sous un jour crépusculaire. Quelques années plus tard, La 628-E8, parodie d'un récit de voyage en automobile à travers l'Europe du Nord, est l'occasion de violentes charges contre le colonialisme belge, le militarisme, le nationalisme barrésien, la germanophobie. En 1913 enfin, Dingo, pseudo-récit de formation où un chien refait paradoxalement l'éducation de son maître, offre un tableau féroce de la France radicale.
    Ces quatre romans montrent combien Octave Mirbeau mérite d'être considéré comme le rénovateur du roman satirique dans la tradition de Ménippe, le philosophe cynique. Sans oublier, comme nous le rappelle son contemporain Émile Zola, qu'il fut aussi ce " justicier " compatissant, qui avait " donné son coeur aux misérables ".

  • Le 14 septembre 1898, Célestine R. prend sa nouvelle place au Mesnil-Roy, en Normandie, et décide de tenir son journal. « Mon intention, écrit-elle, est de n´employer aucune réticence, pas plus visà- vis de moi-même que vis-à-vis des autres » : les turpitudes de ses maîtres seront donc férocement montrées. D´abord conçu comme une étude de la condition domestique et une satire des moeurs bourgeoises, Le Journal d´une femme de chambre que Mirbeau fait paraître en 1900 s´est élargi en une dénonciation de l´intolérance qui a conduit à la condamnation de Dreyfus, et la satire bascule du côté de la diatribe. Au moment de sa parution, l´emportement impudique qui traverse le roman scandalise la critique, qui en dénonce les ignominies et n´en rend compte qu´à regret. Mais aujourd´hui, nous pouvons regarder sans moralisme la fureur dévastatrice du livre et son esthétique du monstrueux, et y voir la preuve, bien plutôt, de l´éclatante puissance littéraire de Mirbeau.Collection Classiques dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety.Édition présentée et annotée par Pierre Glaudes.

    2 Autres éditions :

  • La Grève des électeurs est le titre d'une chronique, d'inspiration clairement anarchiste, de l'écrivain français Octave Mirbeau, parue le 28 novembre 1888 dans Le Figaro. Comme tous les anarchistes, Mirbeau ne voit dans le suffrage universel et le recours à des élections qu'une duperie par laquelle les dominants obtiennent à bon compte l'assentiment de ceux-là mêmes qu'ils oppriment et exploitent.
    S'adressant à l'électeur moyen, « ce bipède pensant, doué d'une volonté, à ce qu'on prétend, et qui s'en va, fier de son droit, assuré qu'il accomplit un devoir, déposer dans une boîte électorale quelconque un quelconque bulletin », il s'emploie donc à démystifier, discréditer et délégitimer le prétendu droit de vote, "grâce" auquel les opprimés, dûment aliénés et abêtis, choisissent "librement" leurs propres prédateurs : « Les moutons vont à l'abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n'espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. »
    Au lieu d'assumer sa liberté, l'électeur, cet « inexprimable imbécile », ne fait en réalité que se choisir un maître, qui l'éblouit de promesses impossibles à tenir et qui n'a pas le moindre souci des intérêts des larges masses : il participe, ce faisant, à son propre asservissement. Mirbeau appelle donc les électeurs à faire la grève des urnes et à se comporter, non en moutons grégaires, mais en citoyens lucides.

  • Le jardin des supplices

    Octave Mirbeau

    • Grasset
    • 1 Novembre 1976

    Le jardin des supplices n'est pas seulement le catalogue de toutes les perversions dans lesquelles s'est complu l'imaginaire de 1900.
    L'ouvrage exprime aussi l'ambiguïté de l'attitude d'un européen libéral, mais européen avant tout, devant le colonialisme et ce qu'on n'appelait pas encore le tiers monde. pour mirabeau, la chine est le lieu des plaisirs mortels et, par leur système pénal et l'invraisemblable raffinement de leur cruauté, les chinois ne peuvent être à ses yeux que des barbares : emmanuelle sur fond de guerre du viêt-nam, comme l'écrit michel delon.
    Mais les chinois vivent dans une société plus solidaire et matériellement moins asservie que la nôtre. et surtout ils sont d'admirables artistes. tel est le paradoxe de la chine : un jardin de supplices mais aussi les plus belles porcelaines, les plus beaux bronzes que l'on ait jamais faits. " voici donc les barbares à peau jaune dont les civilisés d'europe à peau blanche violent le sol. nous sommes toujours les mêmes sauvages, les mêmes ennemis de la beauté.
    "

  • À peine marié, un homme découvre la véritable nature de la femme qu'il a épousée : pingre, étouffante, acariâtre, elle n'est qu'un monstre de froideur.
    Sous la forme d'un mémoire adressé à l'avocat qui devra défendre sa demande de divorce, il confesse son enfer conjugal.
    Un texte surprenant dans lequel Mirbeau s'attaque aux conventions bourgeoises et dresse un portrait de femme aussi habile que misogyne. Les adolescents apprécieront la parole intime qui se délie et triomphe dans la critique sociale.

  • « L'idée m'est venue de me volontairement imposer une corvée bien autrement pénible que les corvées militaires, et, malgré la chaleur, un beau matin, je suis parti à pied, sac au dos, de Marlotte à Bourbon-l'Archambaud. » Mais après plus de deux cent cinquante kilomètres parcourus en cinq jours, la chronique de cette randonnée pédestre est loin de chanter les vertus du plein air. En guise de souvenirs, Octave Mirbeau ne récolte au cours de l'été 1884 que de dérisoires trouvailles entomologiques (une cicindèle endormie, un papillon mort) et quelques échantillons de grotesque social (du piou-piou de Montargis aux commis voyageurs de Briare) : la marche n'est pas le fait de ce tempérament bouillant et impétueux qui en supporte mal les lenteurs !

  • L'Abbe Jules

    Octave Mirbeau

    De son enfance retorse jusqu'au poste de secrétaire d'un vieil évêque qu'il mène à sa guise, en passant par le séminaire où il terrifie ses frustes condisciples échappés des travaux des champs, l'abbé Jules aura fait parler de lui . Jamais en bien.


    Y a-t-il un coeur sous cette soutane ? On hésite .. . Provocateur, mystificateur, blasphémateur, l'abbé est aussi capable de contrition, mais d' une telle franchise, d'une telle violence qu'on la redoute autant que le reste. «T'z'imbéé ... ciles !» éructe-t-il pour peu qu'on le contrarie, grotesque et fulminant, solitaire et pathétique.


    Derrière la charge féroce - contre la Fille aînée de l'Église façon fin XIXe , contre une hypocrite bourgeoisie provincale - , si hénaurme qu'elle déclenche le rire autant qu'elle peut laisser de sombres impressions, une compassion vraie éclaire le roman d'Octave Mirbeau, compassion qui prend toute sa force de sembler involontaire. L'abbé Jules, grand corps gauche doté de trop d'énergie, érotomane et ascète, en est le grand bénéficiaire. Et son génial «T'z'imbéé .. . ciles !» finit par rendre un son des plus fraternels .

  • La 628-E8

    Octave Mirbeau

    • Grasset
    • 1 Janvier 1929

    "Voici donc le Journal de ce voyage en automobile à travers un peu de la France, de la Belgique, de la Hollande, de l'Allemagne, et surtout à travers un peu de moi-même."

  • Extrait :
    "Aujourd'hui, 14 septembre, à trois heures de l'après-midi, par un temps doux, gris et pluvieux, je suis entrée dans ma nouvelle place. C'est la douzième en deux ans. Bien entendu, je ne parle pas des places que j'ai faites durant les années précédentes. Il me serait impossible de les compter. Ah ! je puis me vanter que j'en ai vu des intérieurs et des visages, et de sales âmes... Et ça n'est pas fini..."

  • Extrait :
    "Avant de raconter un des plus effroyables épisodes de mon voyage en Extrême-Orient, il est peut-être intéressant que j'explique brièvement dans quelles conditions je fus amené à l'entreprendre. C'est de l'histoire contemporaine."

  • Dingo

    Octave Mirbeau; Ligaran

    • Ligaran
    • 1 Décembre 2015

    Extrait : "Il y a quelques années, - exactement neuf années, un mois et cinq jours, - la veille de Pâques, au matin, Vincent Péqueux, dit La Queue, qui fait le service des messageries entre la gare de Cortoise et le village de Ponteilles-en-Barcis, où j'habitais alors, me livra, venant de Londres, une boîte." À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN : Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants : o Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin. o Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

  • La 628-E8

    Octave Mirbeau; Ligaran

    • Ligaran
    • 17 Novembre 2015

    Extrait : "Voici donc le Journal de ce voyage en automobile à travers un peu de la France, de la Belgique, de la Hollande, de l'Allemagne, et, surtout, à travers un peu de moi-même. Est-ce bien un journal ? Est-ce même un journal ? N'est-ce pas plutôt des rêves, des rêveries, des souvenirs, des impressions, des récits, qui, le plus souvent, n'ont aucun rapport, aucun lien visible avec les pays visités ? " À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN : Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants : o Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin. o Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

  • Extrait : "L'ILLUSTRE ECRIVAIN, en froissant un journal. Et cette canaille de Mareuil qui dînait chez moi avant-hier, et qui n'a pas trouvé le moyen de glisser mon nom dans sa chronique... Elle est forte celle-là !... Non, mais ils s'imaginent que je les invite pour mon plaisir !... Elle est forte, celle-là !" À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN : Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants : ? Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin. ? Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

  • Extrait : "C'est, dans un département lointain, une petite propriété que ne décorent aucune boule en verre, ni le moindre kiosque japonais, ni l'inévitable bassin de rocailles avec son amour nu en plâtre crasseux et son impudique jet d'eau qui retombe sur des arums de zinc." À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN : Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants : o Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin. o Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

  • « Octave Mirbeau n'est pas seulement un grand écrivain estampillé. C'est aussi un inquiéteur, un empêcheur de penser en rond, un infréquentable, un inclassable et un libertaire politiquement et littérairement incorrect. Dans le Journal d'une femme de chambre, il donne la parole à une chambrière, ce qui est déjà subversif en soi, car un domestique, et plus encore une domestique femme, n'est pas supposé penser par lui-même, ni, a fortiori, tenir un journal et écrire comme Mirbeau... Bien placée au coeur des milieux bourgeois, elle perçoit le monde par le trou de la serrure et ne laisse rien échapper des "bosses morales" de ses maîtres. Grâce à elle, nous pénétrons dans les arrière-boutiques des nantis, dans les coulisses du théâtre du "beau" monde, dont elle arrache le masque de respectabilité. Successivement enjôleuse, charmeuse, pleine de gouaille... Karin Viard n'est pas une simple lectrice, mais une interprète transformiste qui tour à tour va devenir chacun des personnages, pour hisser l'oeuvre de Mirbeau au rang de chef-d'oeuvre sonore. » Claude Colombini & Pierre Michel

  • De situations cocasses en personnages burlesques, accompagnez Octave MIRBEAU dans son combat contre l'arbitraire et la bêtise. Cruels ou ironiques, les six contes lus par Gaëlle MAIRET fustigent les comportements ridicules ou exécrables et les situations absurdes ou inhumaines, fruits d'un ordre social toujours d'actualité, dans un style cinglant et sans appel. Retrouvez ce grand écrivain qui fût parmi les plus célèbres de son temps, aujourd'hui négligé ou ignoré, en raison de ses engagements sans concessions.


    Inclus dans l'audiobook : La bague, Mon jardinier, La vache tachetée, Un administrateur, En viager, En traitement

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