• L'air des cimes

    Patrick Thevenon

    • Grasset
    • 4 Mars 1987

    Nul autre praticien ne dispose d'un établissement aussi prodigieux que le Grand Hôtel Eterna. Le monde entier - c'est-à-dire la frange de ceux qui le possèdent, le gouvernent, en profitent - se presse dans cette clinique gériatrique camouflée en palace. Le matin : peignoir blanc et soins ; le soir : cravate noire et plaisirs. Soupers et bals se succèdent, offrant aux curistes l'occasion de recenser les rides en moins et les perles en plus. Cependant, il ne suffit pas de gaver son organisme d'hormones et de danser jusqu'au matin pour annuler les décrets du destin ; l'échec d'une ambition, la fin d'un amour, la simple perte d'un petit chien sont des drames assez graves pour qu'on en vienne à se demander : "A quoi bon continuer ?" Scènes fouettées comme toupie, burlesque du récit et virtuosité de la satire...tout l'art de Patrick Thevenon.

  • L'air des cartes

    Patrick Thevenon

    • Grasset
    • 28 Août 1985

    L'air des cartes, c'est celui que chante Carmen au troisième acte de l'opéra de Bizet : "La mort, toujours la mort !" Ils sont douze, autant que les figures du jeu, quatre femmes et huit hommes, à qui le sort promet une fin prématurée et tragique. Afin d'assouvir ces appétits terrestres dont les plus criants sont l'amour, la fortune et la gloire, ils ne reculent devant aucun moyen, crime compris. Sont-ils comiques, pitoyables ou effrayants, ces rois gâteux, ces valets corrompus, ces reines de pacotille qui veulent être aimés quand ils n'en ont plus l'âge, riches sans en prendre la peine, applaudis bien que dépourvus de talent ? Rarement les passions humaines, vues sous le jour de la fatalité commune, auront été raillées avec tant de cruauté, avec plus de brio. Car - danse de mort, sonate des spectres ou chant du cygne - ce sont les métaphores musicales qui traduisent le mieux la virtuosité littéraire de {l'Air des cartes}.

  • Le veilleur de jour

    Patrick Thevenon

    • Grasset
    • 20 Avril 1983

    Radical contestataire des valeurs admises, qui prônent les belles carrières et le bonheur intime, les amours comblées, l'argent facile, l'ambition satisfaite et les croyances assurées, le héros de cette sotie ne donne pas dans les illusions du commun. Il refuse de jouer au petit jeu dérisoire de la réussite. Au contraire, avec une résolution méthodique, Il se veut "homme quelconque" dans la vie, mais "rêveur de talent" dès qu'Il s'en échappe. Quand Il ne s'amuse point à détruire les pauvres idées toutes faites de Mme Berthe et de Mme Fernande, ses collègues au ministère du Temps perdu, voici le discret "veilleur de jour" qui se dédouble à heures fixes : Il devient le disert, le pétulant baron Enguerrand de Caudebec-en-Cau, membre du Jockey-Club et vingt et unième du nom. Entre le bureau et le "gratin", sa schizophrénie par le songe permettra de savoureux aller-retour, et quelques règlements de comptes assez définitifs avec les frileuses conventions de la société contemporaine.

  • La vertu des simples

    Patrick Thevenon

    • Grasset
    • 29 Août 1984

    A-t-on le droit d'exploiter à son profit les mauvais sentiments des autres ? S'étant un jour posé cette question, Gilbert Grassmann, écrivain célèbre pour sa noire vision de l'humanité, décide de cesser aussitôt cette coupable industrie. Après avoir si souvent décrit le Mal dans ses livres, il fera le Bien, parmi les humbles et les simples que son remords pare de toutes les vertus. De Vittel à Hammam Lif, via Baden-Baden, Marienbad et le désert libyque, cette cure de générosité n'ira pas sans déboires innombrables, et M. Grassmann apprendra vite à ses dépens qu'être bon de nos jours est un sport aventureux.

    Rescapé par miracle de cette équipée mirobolante qui lui a fait perdre ses illusions, son épouse et sa fortune, l'honorable auteur, enfin sage et la conscience en paix, n'aura plus qu'à revenir, avec délices, à son fructueux petit commerce de nos mauvais sentiments... Passé l'amusement d'une intrigue aux imprévisibles rebonds, qui tient le lecteur en haleine et en joie sans le lâcher d'une page, on restera longtemps à savourer le regard froid du moraliste autant que l'élégance glacée de l'écrivain.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Les écrivains cohérents ont la réputation de ne produire jamais qu'un même livre auquel ils donnent des déguisements variés pour tromper, à la fois, leur ennui et leur lecteur. Si tel est le cas de Patrick Thevenon, voici trois récits qui s'apparentent en dépit du fait que sept années les séparent au cours desquelles le talent de l'auteur a, comme on dit, mûri. A l'exemple de leur aîné, Le fils puni - qui a fait l'objet d'un film, en 1979, réalisé par Philippe Collin - L'Hypocondriaque et La Gérontophile sont de grands obsessionnels qui ont sacrifié les préoccupations du commun des mortels à la poursuite d'une idée fixe. Pour L'Hypocondriaque, il s'agit de vivre le plus longtemps possible, de "les enterrer tous". Son escalade dans la précaution le conduira jusqu'à se priver, lui-même, de liberté. La Gérontophile, elle, s'emploie à réparer une injustice sociale et, dans son cas, à la prévenir : celle qui condamne les personnes âgées à la chasteté. La tolérance, disait Claudel, il y a des maisons pour cela. Quant au fils puni, il remâche, par le biais d'expériences mêlant l'esthétique à la criminologie, le curieux parricide qu'il n'a pas osé commettre. Et qu'il finira, néanmoins, par payer. De telles existences, assujetties à une hantise, s'élèvent à la dimension de l'oeuvre d'art, ainsi que Freud l'a souligné dans On bat un enfant. C'est tout ce que l'auteur, par ces textes qui évoluent aux confins de la création et de la médecine, a voulu illustrer.

  • Le vice roi

    Patrick Thevenon

    • Grasset
    • 26 Mai 1982

    Dilettante et rentier fort à l'aise, snob, cynique, séduisant, odieux parfois, original toujours, Pierre-Paul Jacquelin de la Roche est un personnage doué de tous les défauts, y compris l'intelligence et les sept péchés capitaux. Esprit logique et disponible, il décide de vivre royalement ses "vices" en poussant jusqu'à l'oeuvre d'art leur épanouissement. Il sera le moderne Des Esseintes d'un {A rebours} à l'envers. Dans tous les lieux où un mondain peut être vu, de Venise à Marbella, en passant par Salzbourg et Marrakech, Jacquelin connaîtra des jouissances amorales et inédites, en esthète ravi aussi bien qu'en aventurier de l'insolite. Avarice ou mépris, colère, vanité, envie, cruauté, luxure et autres interdits voluptueusement transgressés sont les étapes de cet exploration d'un nouveau genre, dont l'itinéraire dessine la fable d'un roman aux profondeurs cachées. En moraliste, en observateur, en écrivain, Patrick Thevenon impose ici la maîtrise de l'élégance, l'acuité de son regard, la rigueur narquoise d'une réflexion : ce qu'on appelle un style.

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