• De quelle manière se transforment les Amériques à travers les discours publicitaires, les textes de vulgarisation économique et la littérature ? Que deviennent les cultures des Amériques dans le contexte de la nouvelle économie mondialisée ? Ces interrogations sont liées à la transformation des identités enracinées dans un territoire, en images de soi plurielles. Ces dernières rejoignent le développement des réseaux de communication multipliant les déplacements géographiques et symboliques et démocratisant des savoirs de plus en plus complexes. Dans cette dynamique analysée à partir de René Girard, de Homi Babhabha et de Néstor García Canclini, on analyse donc les stratégies pour devenir un producteur de significations plus efficace. Cette visée mène d'une part à la reconnaissance de l'autre et, d'autre part, à tenter de déterminer ce qui, en lui, n'est pas acceptable.

  • Les romans, nouvelles et récits des Amériques s'ouvrent de plus en plus aux altérités et ainsi se rejoignent dans leurs dynamiques. Leur structure narrative est fondée sur le schéma de Greimas et mène à la transformation de contenus à partir de temporalités/causalités qui s'enchaînent. Les causalités justifient des exclusions comme barbarie/civilisation. Elles sont fondées, selon René Girard, sur la mimésis d'appropriation et une violence réciproque menaçant la communauté et sur la production d'un bouc émissaire conduisant à une violence unanime. Cette dernière renforce l'homogénéité du groupe qui se construit sur des paradigmes binaires vie/mort, intérieur/extérieur et richesse/pauvreté. Ils sont aussi présents dans des textes fondateurs, Bible, Popol Vuh, Torah et Livre des Mormons. Cependant, la dynamique narrative d'exclusion est récemment déjouée par des auteurs comme Simone Chaput, Yann Martel, Paul Auster, Laura Esquivel ou Leanne Betasamosake Simpson. Pour déplacer la structure narrative causale justifiant l'exclusion, les textes contemporains des Amériques (Canada, Québec, États-Unis, Mexique, Brésil, Caraïbes) utilisent des techniques et des thématiques jouant du fragment, du hasard, du non-causal, des interprétations multiples et de la réincarnation. Ils s'inscrivent dans une dynamique à la fois postcoloniale au sens de Homi Bhabha et multiculturelle au sens de Will Kymlicka. Ils ouvrent sur un transculturalisme où égalité et différence marchent de concert dans la reconnaissance des altérités, le partage des savoirs et la multiplication des images de soi allant jusqu'à l'affirmation d'une normalité queer.

  • L'histoire de la projection, que retrace ce petit livre, est une histoire sans fin qui accompagne la recherche de l'illusion dans des mondes virtuels. Les moments clés, ses personnages, profanes ou savants, revivent ici par des dialogues qui s'inspirent directement de leurs écrits ou de leurs pratiques.

  • Dans les Amériques, du xixe au xxie siècle, comme on le constate dans les textes littéraires, médiatiques et publicitaires, des dynamiques se recoupent. On passe de l'invention des États-nations à la mondialisation et de la valorisation de l'enracinement à la légitimité des déplacements géosymboliques. Comparer le Canada, le Québec, les États-Unis et les Amériques latines révèle des exclusions et des intégrations rejoignant les perspectives de René Girard. Elles sont fondées sur l'opposition intérieur/extérieur à laquelle se greffent civilisation/barbarie, soi/les autres, durée longue/Nouveau Monde/instant, etc., orientant des récits de légitimation fondateurs. De nos jours, ces catégories sont déplacées par la reconnaissance des autres ouverte au tiers-inclus, au transculturel, au multiculturel et à l'interculturel. Le monde contemporain des réseaux complexes joue du " caméléonage " et du hasard face à un avenir technoculturel démocratique à inventer ensemble dans la gestion efficace des changements et le désir de s'appartenir.

  • Par l'analyse de livres, de films, de revues savantes et de parcours touristiques et patrimoniaux au Québec, au Canada et au Brésil, on compare dans cet ouvrage des régions des Amériques selon des perspectives culturelles plus qu'historiques; on y découvre des analogies et des tendances, plus que des différences. Les comparaisons reposent sur des discours et des thématiques fondées sur des paradigmes tels que barbarie/civilisation, intérieur/extérieur, frontière/frontier. L'intérêt de ces comparaisons qui évitent de passer par la référence européenne est que, dans les rencontres entre immigrants et gens établis, ou entre autochtones et non-autochtones, une nouvelle identité équilibrée par le mouvement peut advenir. Cette identité tend vers le fluide du réseautage et échappe aux dualismes de souche/venu d'ailleurs, local/étranger, longue durée/courte durée.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Entre le transculturel et le transdisciplinaire, comme entre le multidisciplinaire ou l'interculturel et l'interdisciplinaire, des convergences concernant la science, la société et l'esthétique se tissent. Afin d'établir des assises théoriques qui soutiennent et stimulent les échanges entre chercheurs, les auteurs conceptualisent les termes de trans, de multi et d'inter. Dans l'inter, on protège les limites conceptuelles et on impose l'homogène propre au nationalisme méthodologique qui conçoit ou expérimente la société et ses problématiques en fonction de la vision territoriale des Etats. Par le multi, on saisit les accommodements à partir de la flexité de départ. Par le trans, on échappe aux origines pour explorer les relations et les réseaux. Ainsi, de l'inter, au trans, en passant par le multi, on explore divers corpus esthétiques, médiatiques et scientifiques pour saisir les enjeux de la société des savoirs.

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