• Qu'un homme entre deux âges s'éprenne d'une jeune femme au point de changer, d'un moment à l'autre, le cap de sa vie : telle est la « passion de mi-vie » que l'on désigne par l'expression de « démon de midi », apparue dans le texte biblique.
    De quelle vérité inconsciente le « démon » est-il porteur ? Que signifie « midi » aux horloges du désir, du temps et de la mort, pour le masculin et jusqu'en son envers féminin ? Le psychanalyste Paul-Laurent Assoun, avec son érudition passionnée et son souci de la précision conceptuelle, propose dans cet essai une étude du midi de la vie, thème jamais exploré en tant que tel, à travers le foisonnement textuel que suscite l'événement venant porter le bouleversement au coeur de l'existence.
    La clinique est celle du cabinet de l'analyste, mais elle est prise également au dehors, dans l'anthropologie, la mythologie et la littérature : le démon recèle un ressort narratif et romanesque. Ainsi se dégage un portrait métapsychologique de ce démon saisi en son réel inconscient.

  • Explore, à partir des textes freudiens connectés à l'expérience clinique, les tribulations du corps malade : à partir de l'hystérie se révèlent les effets du fantasme travaillant le sujet au corps.

  • Qu'en est-il du regard et de la voix dans l'expérience freudienne ? La psychanalyse interroge cette double appartenance du sujet inconscient à l'ordre du visible (et de l'invisible) et à l'ordre de la parole (et du silence). En un premier volume (Fondements. De la clinique à la théorie), les présentes leçons reconstituent les émergences de ces deux objets pulsionnels. À partir de la cécité et de l'aphonie hystériques, se dessinent les tribulations des pulsions scopiques et vocale, puis les mises en scènes originaires de la séparation, de la castration et de la séduction. Occasion privilégiée de saisir le passage de la métapsychologie freudienne à la conception lacanienne de l'« objet a », à travers une métaphysique du visible et de l'altérité. En un second volume (Figures. Du symptôme à l'amour), sont déployées les figures cliniques - regard clivé de la perversion, voix de la psychose - et les tableaux sociaux et esthétiques, envers du symptôme. L'examen du « coup de foudre » et des « voix de la passion » permet d'interroger les puissances du regard et les pouvoirs de la parole, de l'amour de transfert à l'OEdipe féminin.

  • Qu'est-ce qui se joue pour un sujet quand « ça tourne mal » dans le corps ? Cette question du symptôme somatique, la psychanalyse, loin de la marginaliser par rapport à la dimension du langage, lui donne tout son relief. La position freudienne du corps récuse à la fois la réduction du somatique à l'organique (biomédicale) et sa dissolution dans le « psychosomatique » : elle requiert de penser le moment physique du processus conflictuel inconscient. C'est cet apport capital à la question des liens entre corps et symptôme que les présentes leçons s'emploient à reconstituer, en ses aspects cliniques et théoriques. Ce second tome - Corps et inconscient - dégage, à partir de la question de la douleur - « physique » et « morale » - le retour dans le corps de cette jouissance « intraitable », qui requestionne le lien entre l'être parlant et le substrat corporel. Du « langage d'organe » psychotique, aux pathologies somatiques chronicisées, le symptôme apparaît comme témoignant, à partir d'un « trauma incorporé », d'un appel à l'autre (« interjection »), à l'insu du sujet même. Cela permet de relire les suggestions de Lacan sur la prise de la lettre dans le corps, mais aussi de requestionner, avec Freud, le retour du « féminin » dans le corps - moment de « désymbolisation » aiguë auquel il convient de faire droit.

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