• Au moment où la question des libertés dans les « pays de l'Est » est d'une quotidienne actualité, où des dissidents comme Vladimir Boukovski et Andreï Amalrik apportent, parfois de manière spectaculaire, leur témoignage, le livre de Pavel Tigrid vient à point nommé. La longue expérience de l'auteur du Printemps de Prague et l'un des meilleurs spécialistes de la vie politique de cette partie de l'Europe, l'autorise, plus que tout autre, à l'analyse et à la réflexion. Bien des événements sont intervenus depuis la conférence d'Helsinki au cours de laquelle trente-cinq nations s'engageaient à faire respecter les droits de l'homme. Au début de cette année, la publication de la « Charte 77 », en Tchécoslovaquie, signée par plusieurs centaines d'hommes politiques et intellectuels, a constitué un événement significatif d'une volonté de démocratisation après la tentative manquée de 1968. A la mi-juin prochaine, enfin, les « nations d'Helsinki » se retrouveront à Belgrade pour juger des résultats d'un effort collectif dont elles avaient pris l'engagement. C'est dans ce contexte que Pavel Tigrid - en examinant un à un les itinéraires d'écrivains, universitaires, hommes politiques notoires qui, pour la plupart, sans rien renier de l'acquis du marxisme, ont en commun l'espoir d'une évolution - pose cette question fondamentale : une transformation réelle de ces régimes est-elle possible, et de surcroît en évitant les risques d'affrontements violents ? Qui ne voit l'importance de ce dilemme, non seulement pour l'avenir des libertés, mais également pour la paix du monde ?

  • Au moment où la question des libertés dans les « pays de l'Est » est d'une quotidienne actualité, où des dissidents comme Vladimir Boukovski et Andreï Amalrik apportent, parfois de manière spectaculaire, leur témoignage, le livre de Pavel Tigrid vient à point nommé. La longue expérience de l'auteur du Printemps de Prague et l'un des meilleurs spécialistes de la vie politique de cette partie de l'Europe, l'autorise, plus que tout autre, à l'analyse et à la réflexion. Bien des événements sont intervenus depuis la conférence d'Helsinki au cours de laquelle trente-cinq nations s'engageaient à faire respecter les droits de l'homme. Au début de cette année, la publication de la « Charte 77 », en Tchécoslovaquie, signée par plusieurs centaines d'hommes politiques et intellectuels, a constitué un événement significatif d'une volonté de démocratisation après la tentative manquée de 1968. A la mi-juin prochaine, enfin, les « nations d'Helsinki » se retrouveront à Belgrade pour juger des résultats d'un effort collectif dont elles avaient pris l'engagement. C'est dans ce contexte que Pavel Tigrid - en examinant un à un les itinéraires d'écrivains, universitaires, hommes politiques notoires qui, pour la plupart, sans rien renier de l'acquis du marxisme, ont en commun l'espoir d'une évolution - pose cette question fondamentale : une transformation réelle de ces régimes est-elle possible, et de surcroît en évitant les risques d'affrontements violents ? Qui ne voit l'importance de ce dilemme, non seulement pour l'avenir des libertés, mais également pour la paix du monde ?

  • Depuis le début de l'année, le monde suit avec attention, inquiétude et espoir, le processus de libéralisation tchécoslovaque. Des dates mémorables resurgissent : 1938, Munich ; 1948, le coup de Prague ; 1956, Budapest. La présence des troupes soviétiques, les menaces voilées d'intervention, la lettre des PC réunis à Varsovie, un début de campagne d'intoxication, la dénonciation de "contre-révolutionnaires" et autres brebis galeuses à sacrifier, le soutien apporté aux ex-dirigeants staliniens rejetés par la population toute entière, ont pu faire craindre le pire en dépit de l'opposition ou des réserves de nombreux "partis-frères" et de la fermeté des nouveaux responsables du PC tchécoslovaque. Mais cette lutte contre la terreur, la sclérose, la dictature bureaucratique - outre ce qu'elle a de commun avec les combats actuels contre toutes formes d'abus de pouvoir et de "violence institutionalisée" - cette lutte ne met-elle pas en question le dogme même du centralisme démocratique, le règne du parti unique ? Entre une contestation contagieuse et la répression, y-a-t-il place pour une évolution pacifique à l'intérieur de ce qu'on ne peut déjà plus appeler le "bloc" communiste ? Voici, pour comprendre ce printemps de Prague et de Bratislava, les principaux documents de la renaissance tchécoslovaque : depuis les sombres éphémérides de l'ère Novotny jusqu'aux fameux Deux mille Mots - anthologie politique d'une nation débâillonnée.

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