• Liane se demande parfois pourquoi elle ne se sent pas tout à fait une fille.
    Parce qu'il n'y a pas d'homme à la maison, lui répond son amie Roselyne. Liane grandit en effet dans un univers de femmes, qui ont appris depuis toujours à vivre sans les hommes. Aucune trace de regret, aucune rancune de leur départ.
    Un jour, Christine, la mère de Liane, s'arrête brusquement de travailler, dérive vers la dépression, et c'est Liane qui la prend en charge, devient la mère de sa mère, en compagnie d'Eva, la femme de ménage. Puis Huguette, la grand-mère de Liane, renaît auprès de Christine, dont elle finit par s'occuper.
    Comme si la force de l'une était faite de la faiblesse de l'autre, dans une sorte de solidarité naturelle de la chair. Le lien entre elles, c'est aussi Dallas, dont toutes regardent les épisodes, même Liliane, l'arrière-grand-mère qui survit à peine dans sa maison de retraite, même Ghania, la femme soumise et silencieuse de l'épicier Hassan.

    Le corps de Liane est un livre où l'on se pose inlassablement une question grave et simple : c'est quoi une fille ? Avec une discrétion bienveillante et lucide de grande soeur invisible, l'auteur suit la jeunesse de Liane, son chemin naturel vers la féminité.

  • Le film

    Petitjean-Cerf-C

    • Stock
    • 14 Janvier 2009

    Arrivée depuis peu à Marq-en-Baroeul dans le Nord de la France, Ruth Chaï-Seckl s´ennuie. Ses élèves de primaire, qu´elle tente d´éveiller par toutes sortes d´activités et de sorties, la dépriment ; elle les prend en grippe, commence à les détester.

    Ruth sympathise avec sa voisine, Gisèle Farache-Sanchez, qui travaille à la Poste, et décide de participer avec elle au Festival international du film documentaire de Marseille. Les deux femmes se filment à tour de rôle et se racontent devant la caméra. Après la peur de l´objectif et du ridicule, les langues se délient, les non-dits surgissent. On découvre qu´enfant Ruth voulait être juive, malgré l´opposition de son père, et que Gisèle, adoptée à sa naissance, écoute Julio Iglesias toute la journée parce qu´elle se croit espagnole.

    La caméra agit comme un révélateur, leur film Racines devient le moteur de leur vie, et tout leur entourage en est touché : le mari de Gisèle, Juan, l´étrange voisine, madame Havetz, ou la boulangère Chrissie. Chacun ressent le besoin de parler, d´être saisi par la caméra.

    Après Le musée de la sirène et Le corps de Liane, Cypora Petitjean-Cerf prouve une nouvelle fois qu´elle possède un formidable talent pour raconter les histoires. Construit sous la forme de saynettes, au découpage très cinématographique, avec des dialogues sonnant juste, des personnages colorés et des situations irrésistibles, Le film est un roman joyeux, inventif, plein de fantaisie, mais aussi tendre et émouvant. C´est un livre généreux où l´auteur est en empathie avec ses personnages, avec toute une humanité croquée avec acuité.

  • La magie des 8

    Cypora Petitjean-Cerf

    Huit ingrédients toujours présents dans votre placard.
    Une infinité de préparations sucrées pour régaler votre famille.
    Alliant l'économie, la pratique et le goût des bonnes choses, Cypora Petitjean-Cerf nous livre ici 45 recettes de petits déjeuners, desserts et goûters faciles à réaliser pour devenir un adepte du fait maison.
     

  • Annabelle est artiste peintre. Un soir, elle pousse la porte d´un restaurant chinois. Elle plonge la main dans le grand aquarium qui décore le lieu, saisit la sirène qui nage parmi les poissons et s´enfuit. Annabelle installe la créature dans sa baignoire. Et la dépendance commence. La sirène exige des soins, de l´attention. Elle grandit, embellit, devient forte et autoritaire. Elle dévore l´énergie d´Annabelle et tarit son inspiration. Annabelle se laisse faire, en victime consentante. La femme et la sirène n´ont plus qu´une vie pour deux. Un beau jour, la sirène révèle ses dons de peintre et de dessinatrice. Elle possède un talent exceptionnel et ne tarde pas à se faire connaître. Ses oeuvres hypnotisent et fascinent le monde. Annabelle, elle, protège la sirène au péril de son propre équilibre. Malgré son mariage avec le solide Francis, malgré la naissance de ses enfants, la jeune femme continue à vivre sous le joug de sa singulière compagne. Jusqu´au moment où cette dernière commence à décliner. Peu à peu, la sirène rapetisse, se dessèche, perd ses cheveux et ses écailles. A mesure qu´elle s´affaiblit, Annabelle renaît... Ce roman parle de domination, d´amour, d´identité féminine et de création. On y croise pêle-mêle un restaurateur mafieux, un producteur de disques dépressif, un étudiant en médecine fanatique, une journaliste, un directeur de galerie, deux touristes japonaises, une paire de faux jumeaux, une poignée d´adultes et d´enfants qui veulent apprendre le dessin, et aussi de l´eau. Beaucoup d´eau.

  • À onze ans, Tracey vit à Saint-Denis, entre la cité des Quatre Mille et la cité des Cosmonautes. Elle déteste son beau-père, Takashi, un Japonais qui essaie d´apprendre à parler le français, et entretient des relations compliquées avec sa mère Elizabeth. « Me gâcher la vie, c´est tout ce que tu sais faire ! » hurle-t-elle deux à trois fois par jour, avant de gifler sa fille. Tout semble pouvoir durer ainsi invariablement.  Pourtant, en septembre, Tracey entre au collège et les choses changent. Pour commencer, elle crée sa propre religion, le Culte du Chiffre Huit. Ensuite, elle a une petite soeur, Saïa, dont elle s´occupe beaucoup. Et surtout ses rapports avec les autres - son père, sa mère, Takashi, sa grand-mère, son meilleur ami Cosimo - se transforment. Elle se lie même avec un garçon nommé Rabah qu´elle détestait jusque-là. Ensemble, ils arpentent pendant de longs mois Saint-Denis, leur ville pleine de tours, de barres et d´espaces verts.  Le temps de quatre saisons, d´une belle année, la vie de Tracey se métamorphose.

  • Á l'heure où l'on s'interroge sur les prérogatives et les méthodes de notre système éducatif, Cypora Petitjean-Cerf nous livre un document exceptionnel sur le quotidien d'une jeune prof de lettres, engagée volontaire sur les territoires perdus de l'Éducation Nationale. Conçues pour accueillir, en cours d'année scolaire, les élèves en très grande difficulté - absentéisme, résultats désastreux - les classes-relais se présentent à la fois comme un laboratoire d'innovation pédagogique, une école de la dernière chance pour élèves en rupture totale avec l'école mais aussi, pourquoi le nier, comme un dépotoir de tout ce que compte nos collèges d'enfants devenus « ingérables ». L'auteur a conçu son livre comme un journal de bord organisé en petites saynètes, dialoguées, qui permettent de suivre la poignée d'élèves qui lui ont été confiés : certains d'entre eux sont attachants, d'autres sont violents, tous seulement perdus.

    Sans jamais verser dans la litanie de plaintes un peu convenues sur le sujet, l'auteur réussit à nous faire partager la dureté de son travail, ses espoirs, ses attentes, ses échecs mais surtout à nous rapprocher de ses enfants dont nous avons tant de mal à comprendre la dérive. Avec humour et conviction, elle nous permet de réfléchir sur le lien si particulier qui unit un enseignant à ses élèves, même dans ce cas-limite.

  • J´enseigne les lettres depuis douze ans dans un collège du Val-de-Marne. C´est dans cette même banlieue, à ent mètres du collège, qu´Amedy Coulibaly abandonna sa voiture le 8 janvier 2015, entraînant le bouclage de tout le quartier et de notre établissement.
    Ce livre contient des paroles d´élèves au lendemain des attentats survenus à Charlie Hebdo et à l´Hyper Cacher, explore leurs réactions et tente de comprendre qui est cette jeunesse.
    La semaine du 26 janvier, je propose en effet à mes élèves de 4e et de 3e de revenir par écrit sur les événements des 7, 8 et 9 janvier. Je leur distribue des feuilles blanches sur lesquelles ils sont dispensés d´écrire leur nom afin de se sentir libres. Mon souhait : recueillir des opinions spontanées, une pensée qui ne soit ni encadrée, ni dirigée, ni teintée par celle de l´adulte. Au lendemain des événements, c´est là que réside à mon sens la vraie mixité : dans la disparité des réactions. Engagement versus nonchalance. Conscience collective versus individualisme. » C. P.-C.

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