• Ceux qui voudraient trouver dans les syndicats « en quête d'une révolution » un guide parfait du petit agitateur international, seront sans doute déçus. En revanche, ceux qui tentent de trouver dans l'évolution du monde ouvrier un fil d'Ariane pour comprendre le rôle des syndicats par rapport aux partis seront récompensés de leur peine. L'autogestion, le pouvoir ouvrier, la part du syndicat dans l'entreprise, la définition du syndicalisme par rapport à la politique, autant de questions qui agitent la gauche et les syndicats depuis les explosions sociales de Mai 1968.

  • Technocrates, technocratie : mots mystérieux que l'on chuchote presque et qui ont pris la place des synarques et de la synarchie dont parlaient nos pères ; les mots ont changé, les mystères demeurent. Philippe Bauchard a voulu en savoir davantage : ces technocrates, qui sont-ils ? que veulent-ils ? Cette technocratie, que représente-t-elle ? La forme la plus pernicieuse du capitalisme, l'ébauche d'un socialisme inavoué ? Philippe Bauchard a, des technocrates et de la technocratie, une expérience quotidienne : il analyse le rôle réel que ces hommes jouent dans la vie de notre pays... Le régime est prospère, on nous le dit. Les affaires de la France sont bonnes et les comptes satisfaisants. Mais les mineurs se mettent en grève, on parle d'augmenter les impôts, chaque couche de la population estime que ses intérêts sont plus ou moins menacés. Alors ? Là encore, il faut un bilan, un bilan qui, « sans haine ni colère », dresse les comptes exacts de l'entreprise France. « L'Intendance suivra... » Mais l'Intendance a-t-elle suivi ? Les Républiques passent : l'économie demeure et joue un rôle sans cesse plus grand dans la vie de la nation. C'est elle finalement qui décidera de la mort ou de la survie du régime. Cette victoire que le général de Gaulle a remportée sur les « partis de jadis » sera-t-elle prolongée par une autre victoire : en matière économique cette fois ? Le Plan : un mot-clef de l'économie française, un thème favori du chef de l'Etat ; mais ce mot, que recouvre-t-il ? Que représente ce Plan qui doit permettre à chacun de nous de connaître l'âge d'or ? Comment est-il élaboré ? Quels sont ses pouvoirs, que pouvons-nous en attendre ? Mystique ou réalité, le problème reste posé.

  • Revendiqué par la majorité, contesté par la Gauche et les syndicats, le bilan économique et social de la Ve République est-il positif ou négatif ? Parce que le général de Gaulle, surtout à partir de 1962, s'est « réservé » les problèmes d'intendance, qu'il a imposé contre le gré de certains de ses ministres ou de ses grands commis, une politique rigoureuse, tout jugement sur la situation économique de 1958 à 1966 est d'abord une appréciation sur l'action et l'influence d'un homme et de son équipe. C'est pourquoi Philippe Bauchard s'est efforcé à la fois de décrire le « paysage » économique et social, de déterminer les forces en présence, de rechercher les chiffres incontestables. Le ralliement de la haute administration après la fin de la guerre d'Algérie, les scissions intervenues au sein du patronat, l'usure des syndicats montrent que le chef de l'État a su, en les maîtrisant se servir de forces qui, en 1958, lui étaient en grande partie hostiles. Le bilan proprement dit auquel Philippe Bauchard se livre sera peut-être discuté. Il fait apparaître une contradiction : la maîtrise du gaullisme de la politique conjoncturelle (prix, croissance, investissements, commerce extérieur), l'impuissance du régime à résoudre après huit ans de règne, les crises fondamentales de structure (emploi, logement, politique foncière, recherche, organisation industrielle). Personnel mais insuffisant, ambitieux mais timide, le gaullisme a accéléré plus que conduit une certaine évolution industrielle et sociale.

  • Alors que la gauche s'interroge sur le pouvoir, que les polémiques se multiplient sur l'art et la manière de conquérir et d'exercer ce pouvoir, Philippe Bauchard a conçu cette biographie de Léon Blum comme un essai de réflexion sur un homme exceptionnel. Un homme exceptionnel qui a été confronté à des situations dramatiques et qui a joué un rôle de premier plan à une époque charnière de ce siècle, celle de l'affrontement capitalisme-socialisme d'où naîtra le nouveau socialisme. D'abord esthète, moraliste et juriste, Léon Blum ne devait venir que tardivement à la politique. Son intervention au congrès de Tours fit de lui le gardien de la « vieille maison », l'homme de la doctrine du socialisme français, inspiré de Jaurès et opposé au communisme alors révolutionnaire. Hésitant entre le planisme, le réformisme et l'application d'un marxisme bien tempéré, Blum devait être, après la grande crise et la poussée du Front populaire, l'homme du changement. Attaqué par la droite, cueilli à froid par un mouvement de grèves sans précédent, Blum proposa, avec les accords Matignon, une nouvelle politique sociale, esquissa une autre politique économique, dévalua le franc, s'opposa à l'intervention en Espagne et rechercha des alliances à l'Est contre le nazisme. Bloqué par l'hostilité du Sénat, Blum devait échouer en 1937 avant de constituer un éphémère gouvernement en 1938. L'effritement de la gauche, la montée des périls, l'effondrement de 1940 transformèrent Blum en bouc émissaire. Le procès de Riom, où il comparut en même temps qu'Édouard Daladier, Guy La Chambre et le général Gamelin, devait marquer son apothéose avant sa déportation. Après la guerre, Léon Blum ne parvint pas à imposer la "troisième force" entre les gaullistes et les communistes. Alors, exercice ou conquête du pouvoir ? A la lumière des analyses en profondeur que Philippe Bauchard donne de la personnalité de Léon Blum, le lecteur s'expliquera mieux la fascination exercée par le pouvoir sur la gauche et les erreurs du socialisme français. Un livre clef sur cinquante ans d'histoire.

  • Rien, semble-t-il, ne laissait prévoir l'explosion sociale de mai-juin 1968. Pourtant, durant les huit mois précédents, où, leur micro d'Europe n° 1 en main, Philippe Bauchard et Maurice Bruzek interrogeaient les leaders des différentes confédérations sur l'évolution du mouvement syndical, il leur apparaissait qu'on allait, lentement peut-être, avec des à-coups, mais inexorablement vers une révolution comparable à celle de juin 1936. Certes, toutes les tentatives faites par les syndicats pour engager un dialogue à l'intérieur de l'entreprise, ou pour participer à l'élaboration de la politique économique du pays, ou encore pour se concerter avec les partis en vue de programmes communs, avaient échoué. Mais deux mouvements sociaux, relativement récents, la grève des mineurs de 1963, l'affaire Bull dès 1964, exprimaient un véritable tournant dans l'état d'esprit des syndicalistes français. S'il était, bien sûr, toujours question de revendications salariales, une autre sorte de préoccupation, toute nouvelle, animait les grévistes : la recherche d'une discussion avec la direction des entreprises en cause sur la conduite même de leur affaire ; on assistait, sans le savoir, à une répétition générale. Cette histoire des dernières années de conflits sociaux constitue ainsi la première explication en profondeur de la crise récente. Les leaders syndicaux ont livré leurs points de vue à Philippe Bauchard et Maurice Bruzek, au cours de leur enquête et depuis les événements. Le syndicalisme à l'épreuve dresse le constat le plus rigoureux et le plus complet des quarante jours qui viennent d'ébranler la France.

  • De Pierre Bérégovoy à Edouard Balladur, la distance est moins grande qu'il n'y paraît. Si toute leur histoire sépare les deux hommes, c'est pourtant la même politique qu'ils mènent. Les conditions économiques n'ayant guère changé, Balladur connaîtra-t-il le même échec que son prédécesseur? P. Bauchard est responsable de la Lettre de l'Expansion.

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