• Je suis devenu le souverain du Tibet, en 1951, à l'âge de seize ans et mon pouvoir était absolu. Le 8 aout 2011, j'ai transféré le pouvoir politique à un premier ministre laïque, élu par le parlement. Par cet acte, j'ai mis fin à quatre siècles de tradition durant lesquels le dalaï-lama était à la fois le chef politique et spirituel du Tibet. Nous avons ainsi achevé la démocratisation de nos institutions. Ce soir-là, chose rare, j'ai dormi à poings fermés. Pas de rêves ! Rien ! " Et Tenzin Gyatso le quatorzième dalaï-lama a éclaté de rire. Nous étions en 2012, à la fin du printemps. Lorsque je l'avais rencontré pour la première fois à Paris, trente ans auparavant, le dieu-roi, à la force de l'âge, portait le toit du monde sur ses épaules. Parvenu au seuil du grand âge, il entendait imposer la démocratie au Tibet et en Chine. J'ai tenté de comprendre et de relater la longue marche de l'absolutisme vers la démocratisation de cet homme qui, un jour, a dit : "Je ne suis qu'un être humain, accidentellement tibétain, devenu moine bouddhiste."".

  • Les choses belles et rares qui nous entouraient valaient une petite fortune et leur histoire, depuis qu'elles avaient quitté les mains de l'artiste ou de l'artisan qui les avait façonnées, était souvent peu banale ; elles avaient servi de prise de guerre, payé la rançon d'un roi, cadeaux d'un amant à sa maîtresse, butin d'un cambriolage, elles avaient été dérobées, cachées, retrouvées, vendues et revendues cent fois. Voilà bien ce qui faisait leur charme et sans doute leur valeur. C'étaient des objets de convoitise. Philippe Flandrin nous entraîne avec délices dans l'univers parfois infernal, souvent chatoyant des trafiquants, des gangsters, des iconoclastes, des amoureux comblés ou déçus des trésors volés qui infestent le marché mondial de l'art. Avec ce livre, il signe un document-vérité exceptionnel dans la tradition du roman policier.

  • Femme forte de la vie politique et sociale française, Nicole Notat suscite autant l'admiration que l'agacement. Parvenue au pouvoir à la faveur de ce que ses détracteurs nomment un « coup d'État », serait-elle devenue l'archange annonciateur d'un nouveau syndicalisme à la française ? En rupture avec la stratégie de la lutte des classes, privilégiant la confrontation d'idées et la négociation d'appareil, celle que l'on appelle la « tsarine » ne se laisse pas dérouter de sa tâche. Héritière d'une ligne syndicale inaugurée par Edmond Maire, son véritable « père spirituel », elle n'hésite pas, quand il le faut, à bouter hors des murs de « la maison » les hérétiques au projet qu'elle a reçu pour mission d'illustrer et de défendre. Les choix de la CFDT, qui valent à Nicole Notat de nombreuses critiques et quelques vicissitudes, s'accompagnent de l'hostilité ouverte de ses rivaux de Force ouvrière et de la CGT, et l'opposition de militants de son organisation qui lui reprochent ses manières autoritaires. En révélant le trajet personnel et syndical souvent méconnu d'une personnalité hors du commun, Philippe Flandrin donne également une histoire renouvelée d'un syndicat à la croisée des chemins.

empty