• Louis napoleon le grand

    Philippe Séguin

    • Grasset
    • 10 Octobre 1990

    Napoléon III est, sûrement, le plus mal aimé des chefs d'Etat de la France et le Second Empire le plus mal connu de ses régimes. Pourtant de 1848 à 1870 se crée la France contemporaine. S'il inaugure son règne par un coup d'Etat, Louis Napoléon Bonaparte, aussitôt, rétablit le suffrage universel. A la différence de son oncle, il sera le champion du progrès social (droit à l'instruction pour les filles, droit de réunion, droit de grève...), autant que de la prospérité économique : il étend le réseau de chemin de fer, développe l'industrie, favorise la recherche scientifique, modernise les villes. Avec le Second Empire, le rayonnement de la France est à son apogée. La gloire militaire ne manque pas : Alma, Magenta, Solferino... L'Italie lui doit son unité et le Mexique sa liberté. L'empire colonial est déjà largement constitué. Mais il y aura Sedan. Le désastre. On ne pardonne ni les mauvais débuts ni les défaites ! En historien autant qu'en politique et dans la lignée des chercheurs anglo-saxons, contre Victor Hugo irréductible ennemi de l'Empereur, Philippe Séguin le proclame Louis Napoléon le Grand.

  • « Voilà trente-cinq ans que le Traité de Rome a été signé. Voilà trente-cinq ans que, contrairement à son esprit, une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants, prend des décisions au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat. L'Europe conçue par ces technocrates et consacrée à Maastricht n'est ni libre ni juste. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution. La citoyenneté ne se décrète pas, ne relève ni de la loi, ni du traité. Pour qu'il y ait une citoyenneté européenne, il faudrait qu'il y ait une Nation européenne. Mais on ne peut pas décréter une nation, fût-elle européenne, par traité. » Ce texte a été prononcé par Philippe Séguin, à l'Assemblée Nationale dans la nuit du 5 au 6 mai 1992, dans le cadre du débat consacré au projet de loi de révision constitutionnelle préalable à la ratification des accords de Maastricht.

  • Le discours est l'instrument par excellence du débat démocratique. Contre les émotions instantanées sur lesquelles joue la médiacratie, il cherche à réintroduire le temps long de l'argumentation raisonnée. Contre la réduction des hommes au statut de consommateur par la sondocratie, il cherche à s'adresser au citoyen. Contre le conformisme propre à la tyrannie cathodique, il cherche à réintroduire la contradiction. Voici donc les raisons qui me font croire que le renouveau de notre démocratie, et la réhabilitation du politique, sont indissociables du retour au premier plan de la parole publique. Voici pourquoi, au moment où la France s'apprête à engager le grand débat qui déterminera ses choix pour cette fin de siècle, j'ai accepté volontiers de publier ces textes, qui témoignent à la fois d'une conception de la politique et d'une vision de la République. Philippe Séguin

  • Ce que j'ai dit

    Philippe Séguin

    • Grasset
    • 15 Juillet 1993

    J'avais longtemps hésité, je l'avoue, à répondre à l'invitation qui m'était faite de prononcer les discours de clôture de deux colloques, organisés coup sur coup sur un sujet immense : la France. Difficile de décliner ce bel honneur - difficile, aussi, d'y aller pour ne rien dire, et d'aligner doctement des propos convenus. Mais j'avais le choix : parole ou babillage. Je me souviens avoir balancé plusieurs jours. Comment parler dans une autre échelle de temps que ce rythme court où si souvent se confine le débat politique ? Comment ne pas interférer avec un calendrier gouvernemental dont je n'ai pas à me mêler ?
    En un mot, comment parler sans que le moindre propos soit accommodé à la sauce politicienne - parler en étant sûr que l'on s'en tienne à ce que j'ai dit ?
    Aujourd'hui, je n'hésite pas à publier ces textes. Étant là où je suis, je ne suis soumis à aucun devoir de silence ; seulement à un devoir d'impartialité - et, aussi, pour ce qui regarde le long terme, le sort de la France dans le monde, et peut-être le monde lui-même, à un devoir de parole. (Ph. S.)

  • Qui est Philippe Séguin ? Où va-t-il ? Chef de file des "jeunes turcs" du RPR, il a joué durant les folles semaines de la rénovation, au printemps 1989, un rôle aussi déterminant que contesté. Ses proches s'y perdent parfois. Il intrigue et déconcerte. Raison de plus pour en savoir davantage sur lui. De son enfance tunisienne à l'ENA, de son élection à la mairie d'Epinal en 1983 à son poste de ministre des Affaires sociales et de l'Emploi en 1986, son parcours ne cesse de surprendre. Interrogé par Pierre Servent, Philippe Séguin retrace son itinéraire, évoque ses souvenirs, livre ses déceptions et ses convictions. Mais il lève aussi le voile sur ses relations avec Jacques Chirac, donne sa vision du débat politique dans le cadre de la démocratie apaisée qu'il appelle de ses voeux, et s'explique sur les méthodes qu'il propose pour réconcilier les Français avec la politique. L'horizon électoral étant dégagé, l'occasion était à saisir pour engager un dialogue qui ne soit pas sous influence. C'est chose faite.

  • Philippe Séguin répond aux questions d'une classe de CM2 : à quoi sert la politique, qu'est-ce que la démocratie, comment fonctionne un parti politique, à quoi sert un ministre ou un député, qui a le droit de voter, comment organise-t-on des élections ?

  • Le programme électoral de Philippe Seguin pour les prochaines élections municipales à Paris.

  • La crise de la COVID-19 est un choc violent porté à un système socio-économique mondial déjà en transition vers des sociétés carboneutres. Un coup d'arrêt a été donné à la mondialisation, à la libre circulation des biens et services et au fonctionnement du libre marché. Du point de vue de l'action et de la recherche sur la transition énergétique et écologique, il est pour le moment difficile d'imaginer quels seront les contours d'un monde post-pandémie, et notamment quelle « nouvelle normale » en émergera.

    La crise climatique à l'aube d'un monde incertain dresse un état des lieux du monde pré-COVID-19 que nous venons de quitter et offre des clés de compréhension des principaux enjeux climatiques et énergétiques actuels. Il analyse les bouleversements dans l'économie politique mondiale générés par les mesures de réduction des émissions de GES et passe en revue les objectifs de l'Accord de Paris, la montée des énergies renouvelables, la détérioration de l'environnement d'affaire des industries fossiles, la mise en place de grandes politiques publiques et les nombreuses incohérences et incompatibilités entre les engagements politiques et les réalités sur le terrain. S'adressant aux étudiants, aux professionnels et aux gestionnaires de domaines variés, le présent ouvrage conclut finalement par une question au coeur des réflexions critiques actuelles: et si l'économie de marché que nous connaissons était l'une des causes profondes de la crise climatique?

    Annie Chaloux est professeure à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke et codirectrice du Groupe d'études et de recherche sur l'international et le Québec. Elle se spécialise en politiques environnementales et climatiques canadiennes et québécoises ainsi qu'en négociations climatiques internationales.

    Catherine Gauthier est directrice générale d'ENvironnement JEUnesse et chargée de cours à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke. Détentrice d'une maîtrise en droit international et politique internationale, elle se spécialise dans les négociations climatiques internationales, les questions environnementales et les droits humains. En novembre 2018, elle a entamé une poursuite pour dénoncer l'inaction du Canada dans la lutte contre les changements climatiques. En plus d'être l'une des autrices de cet ouvrage, elle a également agi à titre de coordonnatrice de l'équipe de recherche.

    Hugo Séguin est Fellow au Centre d''études et de recherches internationales de l'Université de Montréal (CÉRIUM) et doctorant en études environnementales à l''Université de l'Oregon. Il se consacre aux questions de politiques environnementales et climatiques en tant que conseiller principal auprès de COPTICOM, Stratégies et Relations publiques.?

    Philippe Simard est professionnel de recherche à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke et chercheur pour le Groupe d'études et de recherche sur l'international et le Québec (GÉRIQ). Détenteur d'une maîtrise en études politiques appliquées, il se spécialise dans les domaines de l'écopolitique internationale et de l'aide publique au développement. Il travaille également à titre de chargé de projet chez COPTICOM, Stratégies et Relations publiques.

  • Comment conserver, évaluer et exploiter au mieux les ressources génétiques végétales ? Sur quels critères et avec quels outils constituer des collections représentatives de la diversité génétique des espèces cultivées ? Cet ouvrage apporte des éléments de réponse à ces questions en partant de l'étude de la diversité génétique de 11 plantes tropicales : les agrumes, les bananiers, le cacaoyer, le caféier, la canne à sucre, le cocotier, l'hévéa, le manioc, le mil, le riz, le sorgho. Trois chapitres méthodologiques sur le marquage biochimique et moléculaire, l'analyse des données et la constitution de core collections viennent compléter ces études.

  • Près de 50 ans après la mort tragique de Jean Corbo, il existait peu de documents sur cet épisode de notre histoire. Corbo de Mathieu Denis vient jeter un peu de lumière sur cet événement et sur l'époque effervescente qui l'a occasionné. De la trempe d'Octobre ou de 15 février 1839, le long métrage de Denis fait partie des rares films ayant le courage d'aller aussi loin dans l'exploration du politique. Ailleurs dans ce numéro, un bilan du cinéma québécois de 2014, des analyses de Foxcatcher (Miller), Léviathan (Zvyagintsev) et Sommeil d'hiver (Ceylan), entre autres, ainsi qu'un essai ayant pour thème la question de la foi dans l'oeuvre de la jeune cinéaste Cheyenne Carron. Cette édition poursuit également la commémoration des 60 ans de la revue avec une deuxième partie consacrée aux années 1965-1974.

  • Pourquoi ce dialogue, en apparence contre nature ? Pourquoi un homme politique et un intellectuel décident-ils de débattre ensemble, à l'encontre des habitudes françaises qui classent chacun, pour l'éternité, dans une catégorie ? Pourquoi un opposant à Maastricht, et un partisan du oui, souhaitent-ils s'exprimer à nouveau sur l'Europe ? Pourquoi un critique et un partisan de la monnaie unique, veulent-ils en avoir le coeur net sur leurs divergences ? Pourquoi, au-delà de ce qui les sépare irréductiblement, veulent-ils voir si la réalité et les problèmes quotidiens du pays les rapprochent ? Par un goût qui nous est commun de l'échange. Par une même volonté de vérifier si appartenir à deux France différentes implique un désaccord absolu. Par un désir similaire d'échapper à la langue de bois, au moment où le pays avance, masqué, vers un débat national. Par la volonté, peut-être abusive, de tenir, à partir de deux positions, à maints égards contradictoires, un discours de vérité.

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