• Guerrier et brasseur de cultures. La vie d'exception d'une figure de proue du Moyen Age. Fils de Roger de Hauteville, issu d'un lignage du Cotentin qui s'est taillé une principauté en Sicile à la fin du XIe siècle, Roger II est un personnage rude, mais de première grandeur. Régnant dès 1101, il étend sa domination sur les Pouilles et se fait proclamer par le pape en 1130 roi d'une Sicile élargie au continent - Naples, Amalfi, la Calabre - et, temporairement, aux côtes d'Afrique du Nord. Politique brutal et subtil, guerrier infatigable, mais aussi administrateur visionnaire, protecteur des lettres et des arts et brasseur de cultures - normande, italienne, byzantine, musulmane -, il repose depuis 1154 dans la cathédrale de Palerme, auprès de son petit-fils l'empereur Frédéric II auquel il avait tracé la voie. La vie d'exception d'une figure de proue du Moyen Âge.

  • Mort il y a tout juste 850 ans, Bernard de Clairvaux (1091-1153) est de ces personnages à ce point complexes qu'ils en deviennent paralysants. Y compris pour les historiens.

    Issu d'une famille de l'aristocratie, premier abbé de Clairvaux, il est, d'abord, la figure de proue du prodigieux essor des cisterciens, ces " moines blancs " qui ont rénové en profondeur - et durablement - la vie religieuse de l´Occident médiéval. Encore fallait-il jauger le poids réel d'un génie aux facettes innombrables en le replaçant au coeur d'un siècle lui aussi complexe qui aura connu un schisme dévastateur et des mutations qui touchent à tous les aspects de la vie de l'Orient et de l'Occident. Celui qui s'est dit " la chimère de son siècle " a initié une croisade et théorisé la " guerre sainte ", a mis la main à tout ce qui a pu agiter la vie religieuse, politique, intellectuelle ou artistique d'un moment de l'Histoire entre tous fécond. Moine engagé aux foucades redoutées des papes comme des princes, brutal dès lors qu'il s'engage - pas toujours à bon escient : l'" affaire Abélard " en est une illustration caricaturale -, Bernard de Clairvaux est aussi un prêcheur formidable, un écrivain de haute volée, un ascète exigeant et un mystique parmi les plus inspirés. Un demi-siècle et plus de savantes recherches bernardines intenses permettent d'évaluer à nouveaux frais la personnalité la plus charismatique et la plus controversée du premier XIIe siècle, tout comme l'exacte nature des impulsions d'un homme tout entier féodal qui, souvent hors du cloître, a pesé sur son temps davantage que quiconque. Connaisseur sans pareil du xiie siècle et écrivain de grande race, Pierre Aubé relève avec panache un défi difficile et comble brillamment une lacune dans la galerie des portraits du Moyen Age européen.

    Pierre Aubé, médiéviste, professeur à Rouen pendant trente ans, a publié des ouvrages constamment réédités et traduits en plusieurs langues :Baudouin IV de Jérusalem, Les Empires normands d'Orient, Jérusalem 1099, Roger II de Sicile,un surprenantEloge du moutonet, chez Fayard, des biographies deGodefroy de Bouillonet deThomas Becket.

  • Godefroy de bouillon

    Pierre Aubé

    • Fayard
    • 18 Septembre 1985

    Magnifié et statufié comme seuls, peut-être, le furent les combattants de la guerre de Troie, Godefroy de Bouillon a longtemps relevé du mythe plutôt que de l'histoire. Pourtant son intervention fut décisive sur l'évolution de l'Occident comme sur celle de l'Orient.
    Une brillante ascendance - sa famille descendait de Charlemagne -, un enracinement dans une région - entre Rhin, Meuse et Escaut - en plein essor économique et touchée plus tôt que d'autres par la réforme religieuse et sociale entreprise par l'Église : tout désignait ce féodal d'une grande bravoure et exerçant un fort ascendant sur les hommes à conduire l'une des trois armées parties en 1096 délivrer le tombeau du Christ. Participant actif à la prise d'Antioche, vainqueur de Jérusalem, il sut comme "avoué (gardien) du Saint-Sépulcre" jeter en moins d'un an les bases d'un État appelé à durer plus d'un siècle et demi.
    Il connut une destinée posthume plus glorieuse encore. Stupéfait de l'exploit qu'il avait accompli à travers Godefroy, l'Occident fit de lui le parangon des vertus chrétiennes et chevaleresques : les chansons de geste sont pleines de ses hauts faits. Il hanta Dante, Le Tasse et Chateaubriand ; au siècle dernier encore, il divisa le plus sérieusement du monde les érudits de deux grandes nations d'Europe pour savoir...s'il était belge ou français !

  • Thomas Becket

    Pierre Aubé

    • Fayard
    • 23 Mars 1988

    Le 21 décembre 1170, Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, tombait sous les coups de quatre chevaliers exaltés qui croyaient exécuter les volontés du roi d'Angleterre, Henri II Plantagenêt. Cette tragédie concluait une lutte de six années autour des pouvoirs spirituel et temporel et s'insérait dans une trame séculaire de heurts quasiment constitutifs d'un royaume anglo-normand centralisé et d'une Eglise travaillée par la réforme grégorienne.

    Dans son grand dessein de gouvernement " autocratique " Henri II compte bien faire de Becket, son chancelier, qu'il nomme bientôt primat d'Angleterre, la cheville ouvrière de l'organisation d'une Eglise autocéphale, comme il l'avait été de la réorganisation de l'Etat. Grande est sa stupeur lorsqu'il découvre qu'après une " conversion " radicale et intime, son ami se montre aussi acharné à défendre les droits de l'Eglise qu'il l'avait été à rétablir les " anciennes coutumes ".

    La personnalité et l'" aventure " politique et spirituelle d'un Thomas Becket est exemplaire du tournant majeur pris au XIIe siècle sur la question du rapport des pouvoirs.

    Professeur à Rouen, Pierre Aubé a déjà écrit plusieurs ouvrages remarqués:
    Baudouin IV de Jérusalem (1980), Les Empires normands d'Orient (1983) et Godefroy de Bouillon Fayard, 1985).

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Dans la lutte entre les chrétiens de Terre sainte et les musulmans conduits par Nûr ad-Dîn, puis Saladin, Renaud de Châtillon, prince d’Antioche puis seigneur d’Outre-Jourdain, un nouveau venu, est un « héros » paradoxal. Sa méconnaissance d’un Orient complexe et sa brutalité lui aliènent des soutiens habituels. Prisonnier dans Alep pendant quinze ans, il rumine sa haine de l’Islam. Libéré, devenu conseiller du prince, maître des grandes routes commerciales, il pousse la hardiesse jusqu’à lancer une expédition terrestre et navale contre La Mecque. L’émotion, dans le monde musulman, est profonde et durable. Artisan de l’élection de Guy de Lusignan, un homme neuf lui aussi, comme roi de Jérusalem, il le pousse à en découdre avec Saladin. Au soir de la bataille de Hattîn, le 4 juillet 1187, le sultan l’exécute de sa main.Les chroniques décrivent un cadet de famille venu du Gâtinais tenter ses chances en Orient. Par deux fois, il épouse une « héritière » – un moyen d’ascension sociale fort commun au XIIe siècle –, au nom de qui il exerce un pouvoir considérable. Elles évoquent aussi un homme brave entre tous, téméraire, exalté, qui incarne à la perfection l’idéal de chevalerie imaginé par Bernard de Clairvaux : « S’il meurt, c’est pour son bien, s’il tue, c’est pour le Christ ». Bien des contemporains l’ont perçu ainsi. Il importait de dégager de cette figure emblématique ce qu’elle pouvait recéler d’exemplarité, mais aussi de fanatisme, voire de germes pervers.Fort d’une connaissance intime des sources occidentales comme orientales, Pierre Aubé scrute avec acuité, mais sans complaisance, les traces d’un croisé trop méconnu, dont la mort coïncide avec celle d’un rêve démesuré.

  • L'acronyme YOLO (You Only Live Once - On n'a qu'une vie) orne la couverture du numéro d'automne de XYZ. La revue de la nouvelle. Dirigé par Gaëtan Brulotte, il regroupe les yoloïstes Jean-Pierre April, Jean-François Aubé, Jean-Paul Beaumier, Renaud Jean, François Jobin, Serge Labrosse, Roxanne Lajoie, Morgan Le Thiec et Jean Marcel dont les nouvelles mettent en scène des êtres fouettés par la proximité de la mort, des désirs qui ne se matérialisent pas et des défis qu'on se donne par ennui. Version contemporaine extrême du carpe diem classique, YOLO évoque aussi une absence de mesure, de délibération, voire d'intelligence ou une action irréfléchie ou irresponsable, voire dangereuse. Le numéro comprend aussi une nouvelle hors thème de Caroline Gauvin-Dubé et trois « hors-frontières » par Henry Lawson, Patrick Saffar et Marie-Claude Viano. En plus de ses rubriques habituelles, la revue XYZ publie la lauréate de son 27e concours de nouvelles, Christiane Vadnais.

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