• C'est la seule femme dans cette salle dont la chevelure ne soit pas coupée sur la nuque... L'odeur secrète du dancing, comme celle de l'année 1919, est encore l'odeur doucereuse et fade du sang. Nelly est belle, d'une beauté nettement parisienne. C'est vraiment une fille de la rue élevée au grand pouvoir. La bouche est une bouche pâle de la rue, et les yeux, durs et gris, ont pris leur éclat définitif dans un autre décor que celui-là.

  • Fanny Hill est une coquine. Elle naquit en 1790 dans un petit village de la Somme. À dix ans, ses parents étant morts de la petite vérole, elle rencontre un vagabond qui l'initie à des procédés qui ne sont pas de son âge. Bientôt, nous la retrouvons à Boulogne. Elle est la maîtresse du matelot La Carline, un joyeux drôle qui lui fait connaître Mylord Coloquinte. C'est ainsi que la fillette passe en Angleterre. Trois ans de concubinage avec Mylord Coloquinte, espion britannique, c'est beaucoup. Fanny l'empoisonne. La voilà lâchée dans Londres. Après quelques années de misère dans le sordide quartier de Whapping, elle a l'idée d'aller à King's Place, centre luxueux de la vie galante londonienne. À King's Place, les "maisons" sont accueillantes. Fanny Hill fait fortune. Elle parvient même à avoir une de ces maisons à elle. Mais ses aventures pour autant ne sont pas finies.

  • Dans leur maison de Santenay, les deux frères Gohelle, Nicolas l'écrivain et Simon le peintre, sont les témoins d'une époque historique, pendant laquelle l'Europe et le monde subissent une étrange transformation. Visionnaire lyrique, mais aussi humoriste, tel se montre Mac Orlan dans ce livre prophétique, écrit en 1923, et dont la dernière et hallucinante image fait apparaître le corps d'une petite femme de 1920, avec son chapeau cloche, crucifiée au milieu d'une immense plaine couverte de neige.

  • "C'est dans ce paysage de mer et d'usines, de moulins à vent et de maisons basses à volets multicolores que Gertrude Dewryter se glissait quand les derniers pas des soldats allemands s'étaient perdus dans les dunes. Je l'imaginais mêlée à ces nuits surpeuplées d'apparences qui furent les nuits de guerre. Des pièces aboyaient à l'heure fixée dans la direction du large. Des automobiles, tous feux éteints, roulaient sans trop de bruit dans la direction de Bruges. La fille, émue par sa mission et par la nuit, se faufilait comme une ombre légère. Elle revenait ce soir vers moi, passant indiscret. J'apercevais son visage livide et sanglant. En se sacrifiant, elle ne pouvait prévoir qu'elle mourrait avec un visage aussi livide et aussi sanglant."

  • Montmartre en 1924. Dans un meublé de la place du Tertre, un vieillard achève tristement sa vie. mais il s'appelle Faust - Georges Faust - et ce nom, entre tous, est fait pour donner de l'espoir aux vieux messieurs.Avec marguerite de la nuit, où le fantastique du mythe s'insère merveilleusement dans le Paris des années vingt, Pierre Mac Orlan a écrit l'un des plus célèbres de ces contes insolites où excelle son génie poétique.

  • Trop jeune veuve d'un vieillard cacochyme qui n'eut pas le temps de la déflorer, l'aristocrate et altière Hermine de Coeur s'empresse, en créant un pensionnat, de mettre sa fortune au service de l'éducation de jeunes garçons. L'étude des langues s'y fait sous un jour nouveau, l'anatomie ne se préoccupe que des milieux humides et les lettres classiques ne sont plus que borborygmes d'extase. Georges, le favori de madame de Coeur, "

  • La bandera

    Pierre Mac Orlan

    "J'ai souvent pensé à toi, sale fumier que tu es... Je pressentais qu'une nuit ou un jour quelconque, tu me lâcherais à la face les sales preuves que tu n'es qu'une bourrique. Cette nuit est arrivée maintenant. Je t'ai raconté tout ce que j'avais à te dire : c'est moi, moi, Filieth, l'assassin de Leboeuf, à Rouen... Que vas-tu faire ?... Allez... parle ! Lucas se tenait immobile, à quelques mètres de Pierre Gilieth. Quand celui-ci eut fini de parler, il se fit un grand silence. Les poules d'eau, craintives, bruissaient dans les roseaux. Au loin, vers Dar Saboun, on entendait les légionnaires qui chantaient en choeur : Trianera, Trianera."

  • Le bataillonnaire

    Pierre Mac Orlan

    De tous les romans consacrés à la "Grande Guerre", voici le moins conformiste, paru en 1920. C'est la guerre vécue et racontée par Georges Lougre, un jeune souteneur de Pigalle, ancien pensionnaire des Bataillons disciplinaires d'Afrique. Belle occasion de nous faire entendre dans un bois de sureaux et de lilas qu'arrosent les obus quelques refrains de là-bas. Belle occasion encore d'évoquer la fraternité des hommes dont l'uniforme a effacé les différences et dont la mort efface les tares en les changeant en héros. "Ceux qui viennent, de bon coeur, les honorer en passant, par leur présence, ne sont que des marionnettes dans un décor dont ils croient avoir l'explication en consultant leur guide. Ils sont encore plus morts que les morts. Ils ne sont plus chez eux. Ils ne savent pas où leurs pieds se posent, leur tête ne résonne jamais au souvenir des anciennes fanfares, le vent ne gémit pas pour eux."

  • 'Dès que je fus vêtu en soldat, je me sentis libre. J'étais un homme comme les autres : je pouvais manger à ma faim. La crasse de ma misère ancienne fut dissoute, lavée comme par magie. Je possédais un complet, des complets propres et sans trou. Je ne subissais plus l'échec immédiat de mes projets les plus timides. Je pouvais même mentir à mon aise et me composer une vie ancienne à peu près honorable.'
    Telle fut, en 1906, l'issue honorable à l'impasse misérable que constituait l'existence de Pierre Mac Orlan. Ces confidences, faites à l'âge de soixante-cinq ans, ne forment pas un simple post-scriptum nostalgique d'une vie sublimée dans l'écriture. Avec elles, Mac Orlan nous livre le chiffre secret de son oeuvre et nous désigne le personnage qui domine toute son inspiration : le soldat.
    Au fil des ans, Mac Orlan a composé ce recueil dont le titre est emprunté à trois emblèmes : celui des armées de l'Ancien Régime, celui de l'Infanterie de Marine, celui de l'Infanterie tout court. Le soldat selon Mac Orlan est un émule de François Villon qui chercherait le salut parmi les soldats de Kipling.

  • La cavaliere elsa

    Pierre Mac Orlan

    À travers l'Europe frappée de stupeur, la Cavalière Elsa entraîne les hordes révolutionnaires. Charmante et monstrueuse image de l'inconsciente fatalité, elle est l'idole créée de toutes pièces par un aventurier sceptique et corrompu, curieux de faire sur la plus vaste échelle possible, et pour son plaisir personnel, l'expérience de l'âme humaine en proie au mysticisme sensuel et à l'enthousiasme religieux. Toujours en avance sur son temps, Mac Orlan, avec ce livre légendaire, inventait la politique-fiction.

  • Dans le bref espace où l'auteur nous déroule ses aventures, Mademoiselle de Mustelle passe de treize à quinze ans. Courte période durant laquelle pourtant elle parcourt tous les degrés, dirons-nous de la débauche ? Non, plutôt de l'apprentissage le plus naturel de toutes les ressources de l'art d'aimer.
    Il faut dire que son entourage n'incite guère à l'austérité : sa gouvernante anglaise, Miss Ketty, la soubrette Justine, le sournois valet Firmin, la grosse Alice, la lingère, sa mère elle-même, la toute jeune Madame de Mustelle, et sa petite soeur Marcelle " ne pensent qu'à ça ", donnant ainsi à Lucette les plus suggestifs et les plus variés des exemples.
    Pierre Mac Orlan avait trente ans lorsqu'il signa Pierre du Bourdel cette délectable histoire. Aujourd'hui, on peut le rendre à son talent.

    1 autre édition :

  • Le camp Domineau

    Pierre Mac Orlan

    L'atmosphère est celle de la douceur coloniale qui voyait djellabas et uniformes français se mêler en paix dans l'avenue Jules-Ferry à Tunis comme aux terrasses des cafés de Tataouine parfumés de l'odeur des tomates cuites au charbon de bois. Le décor est celui du désert où, dès l'aube, la nature livre la guerre à l'homme ; ou celui des villes bleutées comme sorties du crayon de Gustave Doré. Dans cette atmosphère et dans ce décor, Mac Orlan a situé la préparation artisanale et paisible d'un drame international. Un roman d'espionnage en avance d'une génération. Guidés par l'ombre d'un cafetier de Strasbourg, un caporal, un ancien gendarme, un cafetier de Gabès et un vendeur de postes de T.S.F. préparent honnêtement et sans haine une guerre un peu trop proche à leur goût. Elle éclatera deux ans après la parution du Camp Domineau.

  • Quartier réservé

    Pierre Mac Orlan

    "Le Quartier Réservé nourrissait sa pègre, la dorlotait, l'éduquait, l'abandonnait, la reprenait en main, la lançait sur des pistes inexplicables. La ville abandonnait à son destin ce cloaque d'eaux grasses si riches en objets perdus. Le Cheikh régnait sur cette cité torride, comme un pape. Il confessait les filles et tordait le cou aux jeunes assassins prostitués... Quelquefois il plongeait son énorme patte dans le trou noir d'une chambre d'amour au bord de la rue. Il en sortait quelque chose de bleu de ciel ou de rose tendre qui se convulsait en gémissant." Un équilibre de paix, fétide mais acceptable. Il sera rompu par la découverte de la tête (sans corps) de la patronne du Continental, et d'un corps (sans tête) qui, fâcheusement, n'est pas le sien.

  • La confrontation, pleine de sens et de saveur, de l'aventurier passif, Joseph Krühl, qui se contente de rêver aux pirates, et de l'aventurier actif, Simon Eliasar, occupé de chasse au trésor. Tous deux pourtant s'embarquent ensemble et leur destin s'accomplira sur une île.
    Étonnant adieu au romantisme et au pittoresque, ce récit ingénieux contient toute la poésie de l'aventure.

  • Pour composer les figures du capitaine Hartmann, du père Barbançon et de la signorina Bambù, principaux personnages de ce récit, Pierre Mac Orlan a laissé parler ses souvenirs, évoqué ses expériences, fait jouer son imagination évocatrice et poétique, et il a pu ainsi recréer un monde disparu, presque une mythologie.
    Hartmann est un aventurier. Un aventurier de la nuit, de la vraie nuit où glissent les mauvais garçons, les policiers, les filles - de la nuit symbolique, celle des âmes inquiètes, des passions, des désirs excessifs. La signorina Bambù est une espionne qu'il a rencontrée et aimée à Naples, et qui finira dans un ravin, la tête trouée d'une balle. Le père Barbançon est aussi un espion qu'Hartmann rencontrera dans sa vie agitée de policier et d'agent secret, dans bien des ports d'Europe.

  • La production " pornographique " de Pierre Mac Orlan, de l'académie Goncourt, célèbre auteur par ailleurs de La Cavalière Elsa, de La Bandera ou du Chant de l'équipage est assez importante. Nous nous efforcerons de la faire connaître petit à petit, car elle mérite bien l'attention.
    Passé pudiquement sous silence pendant longtemps, cette partie de l'oeuvre de Mac Orlan - centrée uniquement sur la flagellation -, commence à susciter l'intérêt du public et de la critique. On a pu lire de ces textes qu'ils " ne furent pas des élucubrations indignes de lui, mais des démonstrations audacieuses de ce qu'André Billy nomma le macorlanisme, mélange de rêverie dramatique, d'humour clownesque et de pittoresque intégral " (Alexandrian).
    Une découverte aussi insolite qu'alléchante...

  • Pierre Mac Orlan. Né à Péronne le 26 février 1882, Pierre Dumarchey, après des années de grands voyages et de petits métiers, fréquente la bohème montmartroise du début du siècle. Blessé à la guerre de 1914, il se retire en 1927 à Saint-Cyr-sur-Morin où il multiplie romans, essais, reportages, et chansons. Il meurt le 27 juin 1970.

  • Pierre Mac Orlan. Né à Péronne le 26 février 1882, Pierre Dumarchey, après des années de grands voyages et de petits métiers, fréquente la bohème montmartroise du début du siècle. Blessé à la guerre de 1914, il se retire en 1927 à Saint-Cyr-sur-Morin où il multiplie romans, essais, reportages, et chansons. Il meurt le 27 juin 1970.

  • Je viens de relire, afin de le nettoyer, cet essai romancé ainsi que le Manuel du Parfait Aventurier. Ce sont, en dépit de leurs mélancolies un peu incertaines mais présentes, deux témoignages optimistes : c'est de la littérature de "rescapés" comme on dit dans le Nord. S'il me fallait écrire, encore une fois, ce petit manuel, il est probable que j'en changerais les termes, sinon l'essence. L'opinion que l'on garde de cette sorte de métaphysique décorative que l'on appelle l'aventure se transforme avec l'âge. Il y a l'aventure de la première dent, celle de la mâchoire neuve, celle de la mâchoire ébréchée, puis en définitive, l'aventure de la dent de sagesse. L'une vaut l'autre. Ce n'est qu'une question de date sur le calendrier de service. La lecture de ce calendrier est suggestive. On parvient, quelquefois, à un âge, qui n'est pas tendre, où l'almanach révèle autant de complexes qu'il existe de saints sur le calendrier des Postes et Télégraphe. Le complexe de Léon vaut celui d'OEdipe ; le complexe de Jacqueline devient aussi prestigieux que celui de Diane. L'histoire des complexes est amusante : elle permet à certaines images de prendre place dans une honorable conversation entre gens sérieux des deux sexes. Ces assemblées de qualité forment la clientèle solide du Café Brebis où les complexes sont peu apparents car ils dominent les spiritueux. Nous sommes là dans un club de bouchons pas très neufs qui peuvent flotter sur tous les liquides. Grâce à ce léger détail, cet essai romancé et romantique n'est pas encore hors d'usage. Le Café Brebis ouvre toujours sa porte à ceux qui se nourrissent de poussières anciennes. Ces poussières, je m'aperçois que j'hésite à les remuer. Elle me paraissent dangereuses et d'elles, sans doute, naissent les virus de ces maladies écoeurantes et mystérieuses qui nous détruisent lâchement.   Pierre Mac Orlan 1951

  • A la campagne, le silence est si peuplé qu'il est difficile de s'endormir. Il donne beaucoup trop d'autorité à la pensée en supprimant des parasites agréables qui laissent la place à d'autres que l'âge rend plus sévères. Il faut lutter pour dormir, discipliner quelques souvenirs. Et c'est un combat mélancolique et irritant, un combat pittoresque. Le titre que j'ai adopté pour ce livre n'est peut-être qu'un témoignage strictement personnel de cette lutte : il correspond parfaitement à ma pensée ; car c'est toujours dans les premières lumières de l'aube que les apparences humaines, qui me sont familières et qui contribuèrent à ma défense, acceptent mes rendez-vous. Tous ceux qui sont conviés à ces réunions sont, sinon pardonnés, du moins absous. Les hommes du petit jour sont égaux devant la loi du souvenir qui sauve ce qui est en eux de meilleur, c'est-à-dire le moment très bref et très fragile où ils entrèrent dans l'aventure poétique et dans l'indépendance que les premiers rayons du soleil effacent. Il est bien entendu que tout ce qui précède et tout ce qui suit est adressé en hommage à Jean Cocteau : c'est un témoignage d'amitié d'autant plus sincère que je ne le vois pas souvent. C'est un grand regret. Pierre Mac Orlan (1954.)

  • "Derrière la porte close des chaumières, des yeux craintifs épièrent le passage des Armagnacs : les soldats en déroute, qui traînaient avec eux des fillettes ramassées aux étuves et, plus souvent, à la porte des cimetières, passaient rapidement sur la neige par petites bandes. Ils regardaient derrière eux avec inquiétude et les filles, en troussant leur cotte au-dessus des genoux, devaient courir pour les suivre. Puis, ils disparurent dans les bois. La neige tombait sans interruption. La désolation de la guerre s'étendait à perte de vue sur les champs abandonnés où des corbeaux immobiles et graves se regardaient étrangement, bec à bec. Avec le départ des soldats, la chaleur de l'espoir ranima le coeur des villageois. Malgré le froid, chacun ouvrit sa porte ; l'on respira longuement. Les enfants se poursuivaient en se jetant des boules de neige ; des chiens couraient, les poils hérissés sur le dos, en aboyant dans la direction des bois. La misère était grande : chacun désespérait de se voir, un jour, réuni au monde de ceux qui vivaient, peut-être mieux, dans les villes, comme c'était autrefois, alors que tout prud'homme travaillait selon la loi."

  • Voici un des meilleurs romans clandestins de son auteur, Pierre Mac Orlan (pseudonyme du Bourdel), sinon le meilleur. Un ton des plus allègre, une imagination inspirée, une écriture enlevée, confèrent à ce récit comme un avant-goût - en plus corsé -, de la célèbre Caroline Chérie de Cécil Saint-Laurent, alias Jacques Laurent.
    Galopades, viols en tous genres, sodomies sournoises ou sauvages, initiations plus ou moins forcées... Il a été répertorié comme un " étonnant roman ", et il est vrai que cette succession étourdissante d'aventures d'une jouvencelle de bonne famille sous la terreur, aussi lubrique que picaresques, ne laisse pas son lecteur respirer - si ce n'est peut-être pour laisser déborder, si l'on ose dire, le trop plein de ses émotions érotiques.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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