• Cet ouvrage traite de la déshumanisation, en répondant aux discours honteux criminalisant la schizophrénie et aux propos scandaleux tenus sur la psychanalyse et son inventeur. C'est un "coup de gueule" contre les neurosciences, qui réduisent l'être humain à un sujet instrument de la toute-puissance médicale, le métamorphosant en une série de symptômes que les laboratoires auraient l'outrecuidance de pouvoir guérir. Les antipsychotiques ne sont, pour l'auteur, que des "anti-symptômes".

  • « J'entends simplement rendre compte de ce que j'ai vécu, proposer un chemin différent de celui que le système a prétracé pour les personnes homosexuelles. »
    Ayant sombré dans les affres de l'hypersexualisation homosexuelle après avoir quitté le séminaire, Gaëtan Poisson est un rescapé et son histoire est celle d'une rédemption, d'une libération.
    Pointant les dérives consuméristes dans lesquelles une partie du monde gay enferme l'amour et les personnes, ainsi que les complaisances d'une certaine théologie postdogmatique, l'auteur montre une voie médiane où homosexualité et défense de l'Église sont compatibles. Par des analyses acérées, sans voyeurisme ni provocation, il expose le rôle vital des arguments de la foi et la beauté du discours de l'Église sur la sexualité, dans un monde où le sexe perd en profondeur ce qu'il gagne en étendue.
    Par le choix atypique de la chasteté dans la continence, il a perçu que l'homosexualité était porteuse d'une fragilité lumineuse que l'Évangile peut transfigurer : aucune fatalité ne s'impose à quiconque croit à la victoire de la Croix.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Gaëtan Poisson a travaillé dans le milieu des ressources humaines. À la suite de sa formation théologique, exégétique et liturgique au séminaire, il aspire à faire mieux connaître les raisons de la foi catholique auprès de divers publics.
    Pierre-André Bizien, qui a collaboré à l'écriture de cet ouvrage, est biographe privé et directeur de la structure Mont des lettres.

  • Extrait
    Les Origines
    La presqu’île habitée aujourd’hui par les Bretons à l’extrémité de l’Europe occidentale était connue autrefois sous le nom d’Armorique, « le Pays du bord de la mer ».
    Les premières manifestations de la vie humaine en Armorique datent de l’époque paléolithique (fouilles du Mont-Dol). On a trouvé des traces humaines dans l’île Téviec (ère mésolithique). Les hommes qui ont dressé les mégalithes vivaient aux environs de l’an 2000 avant Jésus-Christ. Ils possédaient des armes de bronze et imposèrent leur domination sur tout l’Occident, jusqu’au jour où les Celtes qui occupaient l’Europe centrale partirent à la conquête des terres avoisinant la Baltique, la mer du Nord, la Grande-Bretagne et l’Irlande.
    On ignore le nom des populations primitives qui ne connaissaient que les armes de pierre; elles ont laissé peu de traces de leur séjour. Environ deux mille ans avant Jésus-Christ, l’ouest de l’Europe (îles Britanniques et Irlande comprises) fut envahi par des peuples frères : les Ibères et les Ligures.
    Le Ligure aux cheveux bruns et au teint olivâtre était maigre, petit, ramassé sur lui-même, pourvu de muscles solides et de membres d’une incroyable élasticité. Il ne connaissait pas la fatigue, il avait des réflexes précis et rapides. Il était grimpeur; on le surnommait pernix, le rapide, dans tous les pays méditerranéens, parce qu’il était sans rival comme marcheur et comme coureur. Il maniait la fronde avec une dextérité extraordinaire.
    Fortement attaché au sol dont il fut le laboureur obstiné, le Ligure habitait dans les clairières; mais son domaine était la forêt qui lui servait de refuge en cas d’invasion. Il semait le blé, l’avoine et l’orge, cuisait le pain, savait sélectionner les arbres à fruits, principalement les pommiers et les pruniers. La culture du lin ne lui était pas inconnue, ni plus tard celle du chanvre.
    Le Ligure ne se contentait pas de cultiver la terre, il s’initiait peu à peu à l’industrie. Il était carrier, bûcheron; il savait tisser le lin et découvrit le moyen d’utiliser les laines de brebis pour faire des vêtements qui remplaceront les fourrures portées par ses devanciers. Il teignait les étoffes qu’il fabriquait en bleu et en rouge.
    A l’industrie des textiles, le Ligure joignit celle de la céramique et fabriqua des poteries qu’il décora de dessins géométriques.
    Ses premières armes étaient en pierre taillée qu’il remplacera bientôt par des armes en bronze. Grâce à l’étain, l’Armorique connaîtra une très grande prospérité et deviendra l’un des principaux centres du commerce du bronze.
    Pour faciliter les déplacements au moins à l’intérieur des tribus, des routes dont certains vestiges subsistent, connus sous le nom de « chemins en hérisson », furent construites. Elles étaient constituées par un soubassement de grosses pierres pointues, placées la pointe en l’air et destinées à retenir les pierres plus petites et la terre qui formaient la partie supérieure de la chaussée.
    En certaines contrées, pour se défendre des invasions, les Ligures élevaient des camps retranchés. Les uns étaient formés de terre amoncelée; d’autres de pierres géantes comme les formidables murailles de Sainte-Odile.
    En aucune contrée plus qu’en Armorique, les pré-Celtes n’ont laissé autant de traces de leurs conceptions architecturales. On s’accorde généralement à reconnaître qu’ils sont les auteurs de ces monuments mégalithiques si nombreux en Bretagne : menhirs, dolmens, crom-lec’hs, etc., qui prouvent que ces lointains possesseurs du pays étaient arrivés à un certain degré de civilisation. Ils ont réussi à transporter parfois sur un parcours de trente kilomètres ces énormes pierres qui se dressent dans la campagne bretonne et dont quelques-unes, comme l’Aiguille de Locmariaquer dépassent trois cents tonnes. Pour ériger ces blocs, pour mettre en place le plafond des dolmens, cela suppose une grande habileté de manœuvre, l’utilisation de machines, une application, une science qui dénote un réel travail intellectuel.
    Le caractère funéraire de la plupart de ces monuments nous renseigne également sur la vie religieuse, les qualités morales de ces populations. Le fond même de leur religion était constitué par une croyance très vive à l’immortalité de l’âme, beaucoup plus vive dit-on que chez la plupart des peuples païens de l’antiquité. D’autre part la patience et la ténacité dans l’érection de ces monuments dénotent les qualités maîtresses de ces races que nous savons par ailleurs éprises d’indépendance et pacifiques à la fois. Impuissantes à endiguer le flot des conquérants celtes qui vont envahir l’Occident de l’Europe entre l’an 1000 et l’an 800 avant Jésus-Christ mais attachées au sol qu’elles habitent, elles accepteront leur domination pour ne plus former avec eux qu’un seul peuple. Elles laisseront comme traces indélébiles de leur séjour, avec les monuments mégalithiques, les noms des rivières et des montagnes. Le monde ibéro-ligure ne subsistera que dans le cadre de la vie celtique.



empty