• Lorsque le 14 février 842, à Strasbourg, Charles le Chauve et Louis le Germanique décident de prononcer en langue vulgaire - franque pour l'un, tudesque pour l'autre - les Serments qui donnent naissance aux deux royaumes égaux de France et d'Allemange, ils font de ces langues du peuple le lieu de convergence entre géographie, identité et imaginaire.Pour ce qui nous concerne, durant onze siècles, la littérature, à l'origine en langue d'oïl, va se faire de plus en plus française et de plus en plus littéraire. Partant du constat que la littérature se vit chez nous à la fois comme essence et comme existence, Pierre Lepape se fait le brillant raconteur de cet art en perpétuel mouvement de tourniquet: à la fois création privée et affaire d'État, religion et institution, système symbolique et polissage de la langue.Les quarante-quatre chapitres du livre sont autant d'épisodes qui jalonnent ce formidable voyage dans le temps, à travers Le Pays dela littérature: onze siècles d'un récit ponctué d'analyses détaillées, de promenades romanesques, de mises au point historiques et de lectures inattendues.Feuilleton tumultueux de l'art d'écrire et de penser dans l'intimité d'une langue française qui, à travers le prestige de ses écrivains, n'a cessé de briller, Le Pays de la littérature est un ouvrage de référence, érudit et limpide, autant qu'un livre de chevet passionnant.

  • « Depuis vingt siècles, les romanciers, abandonnant aux philosophes le soin de s´accorder sur une définition de l´amour, ont entrepris d´en donner la description la plus complète. Ils ont interrogé les conditions et les aléas de sa naissance, sa durée fort variable, ses effets de surface et ses bouleversements de profondeur, sa physique, sa chimie, son histoire naturelle et sa géographie. Ils ont enregistré, selon des techniques de plus en plus hardies, les changements du paysage amoureux. Mais les meilleurs des romans ne se contentent pas de reproduire la réalité. Ils l´éclairent, ils la montrent comme on ne l´avait jamais vue. »

  • A la fin de janvier 1726, François-Marie Arouet, dit Voltaire, est bastonné, sans raison, par des valets aux ordres du chevalier de Rohan. Il demande justice, on le jette à la Bastille. Il est, déjà, le plus célèbre poète français, mais un écrivain n'est rien face au rejeton d'une bonne famille. Un demi-siècle plus tard, en mars 1778, Paris en liesse accueille Voltaire comme un roi, cependant que Versailles boude. Essayer de comprendre ce qui s'est passé entre deux moments, c'est parcourir les fils emmêlés d'une aventure individuelle, singulière, celle d'un homme de lettres dont l'ambition est aussi éclatante que le génie, et d'une aventure historique, celle d'une société qui découvre et expérimente un pouvoir inédit, celui de forger et d'exprimer publiquement son opinion, face à l'Etat absolu. Aucune de ces deux aventures n'est simple, linéaire ; l'ambiguïté, le masque, la décontraction en sont au contraire les traits permanents. Mais de ces dessins troubles et indécis surgit une figure sociale nouvelle, promise à un bel avenir, celle de l'intellectuel, appelé alors philosophe. Une figure dont Voltaire a été tout à la fois l'initiateur, le stratège et le héros.C'est à une éblouissante traversée de cette vie si inlassablement active que nous convie Pierre Lepape dans ce livre qui est à la fois une biographie et un essai, une étude historique et sociale de ce siècle des Lumières qui n'en finit pas de disposer des siècles qui vont suivre ; révélant ainsi, pas à pas, année par année, la silhouette de l'intellectuel moderne.

  • Issue d'un milieu modeste, Juliette a tout pour elle. Excellente élève, elle est belle, intelligente, obstinée. Elle intègre Sciences Po, cornaquée par le père d'un copain de lycée qui a ses entrées dans le monde politique et lui trouve un point de chute à Paris, chez François de Maule. Ce dernier pourrait être son père, il tombe amoureux d'elle. Guidé par son amant, Juliette fait ses premiers pas au ministère de la Santé. Elle ne tarde pas à s'y faire remarquer par son intelligence et sa roublardise, allant jusqu'à monter une magouille portant sur le trafic de médicaments périmés. Ni vu, ni connu. Tout irait à merveille dans cette réussite fulgurante s'il n'y avait la jalousie de François...Roman de l'ambition et de la revanche sociale, Noir et Or est une histoire d'aujourd'hui, qui fait écho à ce classique de la littérature qu'est Le Rouge et le Noir, de Stendhal.Michèle Gazier est l'auteur de nombreux romans, dont Les Convalescentes (Seuil, 2014). Elle a longtemps tenu la chronique littéraire de Télérama et a aidé à la découverte de grands écrivains espagnols en traduisant notamment Manuel Vázquez Montalbán et Juan Marsé.Pierre Lepape a tenu pendant sept ans le célèbre « Feuilleton » du Monde des livres. Il est l'auteur de plusieurs biographies (Diderot, Voltaire, Gide, Sorel) et de deux essais littéraires : Le Pays de la littérature (Seuil, 2003) et Une histoire des romans d'amour (Seuil, 2011).

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