• Un homme, le Pasteur, est l'auteur de crimes en série qui nous sont racontés par un écrivain. À sa poursuite, Chester Head, détective privé, parti en quête du coupable ou de ce qu'il appelle la Vérité, sorte de Jugement dernier qui porte sur la responsabilité de chacun devant le Mal. Une femme, Blandine Berger, amante tour à tour de Head et du Narrateur, partie elle-même en quête du Pasteur, relie les trois hommes dans un ballet enivrant, étourdissant, envoûtant. Au centre de toutes ces affaires apparaît Lorraine Greenwood, jeune modèle de la sculptrice Sylvia Shaw Judson dans la création de la Bird Girl, statue qui a longtemps trôné dans le cimetière Bonaventure de Savannah, à laquelle on attribue toutes sortes de pouvoirs, bénéfiques ou maléfiques, dont celui d'inspirer l'idée de meurtre ou de sacrifice aux déréglés de la vieille ville.

  • A vie

    Pierre Ouellet

    Exercice de mémoire et d'imagination, À vie explore notre relation au passé et les fantasmes qui habitent les époques révolues, souvent idéalisées. Pierre Ouellet plonge ici ses personnages dans l'emportement des mots, et tisse un récit vertigineux qui témoigne du long et sinueux apprentissage de la vie. Après Portrait de dos(l'Hexagone, 2013) et Dans le temps (Druide, 2016), l'auteur propose, avec ce roman, la conclusion du cycle de La grande enfance.

    /// Résumé :

    Une vieille goélette rafistolée, comme les souvenirs d'un lointain passé, sert de décor aux nouvelles aventures de Jean Lhomme, de Faye Rose et d'un narrateur anonyme. Ce vaisseau fantôme, à la fois nef des fous et chasse-galerie, sera pour les héros le théâtre d'explorations au coeur de l'espace et du temps des rêves qu'incarna le monde des années 1960 et 1970 où ils ont vécu leur prime jeunesse.
    De l'île d'Orléans à l'estuaire du Saint-Laurent, en passant par la côte est américaine jusqu'aux Caraïbes, les protagonistes termineront leur long voyage au Nicaragua, où ils réaliseront leur rêve de révolution auprès de sandinistes. S'ensuivra une très profonde désillusion, qui n'effacera toutefois pas leur soif d'espérance, nourrie par la puissance magique de leur imagination. Ils inventent leur monde bien plus qu'ils n'y vivent ; ils dessinent leur vie au fur et à mesure bien plus qu'ils ne suivent un destin tout tracé. Ils découvrent leur histoire comme une légende, où ils apprennent à se transfigurer.
    L'auteur

    /// L'auteur :

    Pierre Ouellet est poète, romancier, essayiste. Écrivain «hors genre», il est l'auteur d'une quarantaine de livres, pour lesquels il a notamment reçu le Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie essai à deux reprises, pour À force de voir. Histoire de regards, paru en 2005, et pour Hors-temps. Poétique de la posthistoire, publié en 2008, le Prix Spirale Eva-Le-Grand pour Où suis-je. Paroles des égarés, publié en 2010, le Grand Prix Québecor du Festival international de la poésie pour Dépositions, paru en 2007, et le prix Ringuet pour Légende dorée, paru en 1997. Le gouvernement du Québec lui a décerné en 2015 le prix Athanase-David pour l'ensemble de son oeuvre.

  • L'état sauvage Nouv.

    Trois grands enfants s'enfoncent dans la forêt laurentienne en suivant la rivière Montmorency, qui fut leur terrain de jeu tout au long des années 1960. Ils cherchent la source qu'ils imaginent pure, unique, de ce grand cours d'eau auquel ils identifient le fil de leur vie. Les rapports troubles de gémellité et d'amitié, de couple, d'amour, de haine, jetteront les bases d'une nouvelle forme de vie commune, dont la sauvagerie des bois sera le modèle bien plus que l'urbanité des villes qu'ils ne cessent de fuir. Leur voyage s'étalera sur près de dix ans, pendant lesquels ils feront trois expéditions, à onze, à seize et à vingt ans, pénétrant chaque fois plus loin dans la forêt, dont ils n'atteindront le coeur qu'à la toute fin, faisant à chaque étape de nouvelles expériences qui les changeront à jamais.

  • Les lieux nous engendrent autant que nos père et mère. Ils donnent naissance à nos façons d'être et de parler, de vivre, d'aimer, même de mourir. Trois Grands Enfants explorent dans ses recoins les plus secrets la forêt montmorencienne, dans l'arrière-pays de Beauport, leur « port d'attache », dont ils se détachent petit à petit pour épouser le grand large que les bois incarnent avec leurs défis et leurs dangers. Ils y découvrent qu'ils ne sont pas encore nés : ils s'accoucheront dans la douleur et dans la joie, sortant peu à peu de leur longue incubation grâce à la puissance de la Poésie, langue première des bêtes et des plantes qui composent le peuple des forêts, cette grand partition de la vie à l'état brut qu'ils interprètent jusqu'à la dissonance et au charivari. Entre fable et poème, mémoire et essai, Port de terre met en oeuvre toutes les ressources du langage pour raviver le grand big bang qui nous ré-enfante à chaque instant.

  • Entre deux âges, l'enfance, l'adolescence, entre deux lieux, la grande clairière, la ville encerclée, Jean Lhomme, Faye Rose et quelques autres, dont un mystérieux narrateur qui les suit, apprennent à être : à exister, à persister, à résister. Ils apprendront l'amour extrême, l'insatiable soif de l'esprit, la révolte obstinée. Mais cette voracité les dévorera petit à petit.
    En tournant le dos au monde, ils font dos à leur propre vie, même en fonçant dans le tas des choses, des autres et des évènements, qui se retournent contre eux. Dans cette position précaire, l'auteur fait leur portrait, qu'il présente comme la face cachée de sa propre histoire, sorte d'autobiographie non autorisée dans laquelle il se reconnaît... au moment même où tout s'achève.

  • À travers ses lectures, (poésie, philosophie, roman et sciences) l'auteur nous livre des pans de sa vie, depuis les écoles de réforme jusquà la prison à sécurité maximale Archambault.

  • Lever le ton, élever la voix... Voilà deux façons de décrire l'emportement : un sursaut du corps dans la langue, un haut-le-verbe comme on parle de haut-le-coeur ou de hautle- corps, une levée de l'âme dans la parole, un soulèvement de l'être entier dans des mots qui le mettent hors de lui... Être transporté par les mots dans une espèce de lévitation de sens et de sons, de montée de joie ou de rage, de remontée brusque des sentiments les plus profonds, voilà le genre d'expérience auquel chacun aspire au contact du "haussement de ton" qu'on appelle littérature. Aujourd'hui que le Sens paraît épuisé, il semble que le Ton, soit la tonalité ou la tonicité de la parole poétique, assume désormais le rôle de la littérarité : on ne reconnaît plus la parole de l'écrivain au fond ou au message qu'il transmet mais à la force ou à la puissance de son phrasé, à la manière dont sa langue est animée d'une énergie singulière, qui se communique d'une façon quasi virale à ceux à qui elle s'adresse. C'est sur ce Ton que s'interrogent les auteurs réunis dans cet ouvrage, s'attardant aux tensions qu'il provoque et à celles qui le provoquent : d'où vient que nous nous emportions dans la parole et qu'elle nous emporte dans notre vie ? Auteurs : Guillaune Asselin, David Bergeron, Nicole Brossard, Nicole Caligaris, Patrick Chatelier, Marie Chouinard, Jean Daive, Jean-Marc Desgent, Hélène Dorion, Hélène Frédérik, François Gagnon, Jean-Philippe Gagnon, Marie-Pascale Huglo, Serge Lamothe, Bertrand Leclair, Émile Martel, Mourad Masbah, Catherine Morency, Pierre Ouellet, Jean-François Poupart, Christian Saint-Germain, Pierre Senges et Michaël Trahan. Texte inédit de Claude Gauvreau présenté par Jean-Marc Desgent

  • Une réinvention de l'espace public et un réaménagement des frontières entre le profane et le sacré sont actuellement en jeu dans les formes de perception et de profération dont la littérature est porteuse. On y voit se définir un nouveau « partage du sensible » dont les données outrepassent tout contrat social ou pacte religieux au sens strict. Le mythe des origines que la littérature ne cesse de conter ressuscite l'origine perdue de la pensée mythique, les histoires secrètes de l'oeil et de l'écoute dont les racines plongent dans la vie la plus archaïque.

    À l'heure où l'on parle d'une sortie de l'histoire et de l'avènement d'une posthumanité, il est urgent d'interroger ces nouvelles combinaisons de la vue et de la voix, souvent dissonantes et détonantes, qui explorent les formes les plus aiguës de dissolution sociale et de dispersion des croyances où la perte de toute vision d'ensemble et de toute voix commune laisse place à l'émergence de « vocalités » et de « visualités » inédites où peuvent apparaître des modes inattendus de socialité et de sacralité.

    C'est ce qu'on découvre chez Antoine Volodine, Philippe Beck, Alain Fleischer, Serge Pey, Jean-Paul Michel, Salah Stétié, Christian Gabriel/le Guez Ricord, Max Loreau, Marcel Moreau, Guy Viarre, Patrick Wateau, Brice Petit, Isabelle Garron, Joséphine Bacon et Jean-Marc Desgent, sur lesquels portent les réflexions menées ici, dont la visée est de comprendre les processus de profanation et de sacralisation inhérents à toute démarche esthétique et poétique.

  • On ne raconte pas un temps pareil : on l'évoque, l'invoque, le convoque. On ne le rappelle pas, on continue de l'appeler, faisant appel à l'air... C'est la seule façon de le faire revenir, non pas à la mémoire, à quoi il résiste, mais à l'imagination encore, grâce à quoi il existe... persiste, subsiste. Le récit qu'on fait d'un tel âge n'appartient plus à l'âge du récit, des petites et des grandes fables, de la petite et de la grande histoire auxquelles l'enfance révolue ne croit plus... mais aux cris de guerre, aux chants d'amour, qu'on découvre comme autant de poèmes et de prières, de mantras et de slogans secrets dont on apprend qu'ils sont les seuls à pouvoir porter le sens véritable de ce qu'on a vécu.

  • « Je me souviens de ce que je n'ai pas vécu: la Terreur, la Shoah, le Goulag. dont je reconnais l'écho et le reflet dans les témoignages et les testaments qu'auront laissés les êtres de parole et d'image qui se seront relayés pour dire ce qui dépasse l'Histoire en une Mémoire où c'est la genèse et la fin de l'Homme bien plus que sa durée qui marquent à jamais notre expérience de la temporalité. Primo Levi, Paul Celan, Jerome Rothenberg, Antoine Volodine, Alain Fleischer, Pierre Michon, Pierre Guyotat, Yannick Haenel, Catherine Mavrikakis, Céline Minard et Patrick Chatelier composent par leurs ouvres une chaîne mémorielle dont on peut suivre les nombreux maillons en deux grandes sections, "Testimonial" et "Testamentaire", afin de démêler les fils qui nouent l'Homme à la Mémoire, la Parole au Sacré, l'Histoire à l'Autre temps d'où elle vient et où elle semble aller. L'enjeu est de dresser par-delà toute mémoire identitaire ou communautaire le portrait complexe et animé d'une "communauté de mémoires" que la parole incarne en décrivant et racontant les expériences conjuguées de la fin et de l'origine que l'homme aura vécues et auxquelles il aura survécu au cours du dernier siècle, la mise en mots et en images d'une telle épreuve assurant seule la perpétuation de cette "mémoire d'homme" à quoi chacun se "sacrifie" dès lors que son existence témoigne de son Humanité et que ses expériences constituent le testament qu'il lègue à l'Autre homme en quoi l'espèce humaine survit à elle-même à chaque instant.
    » P. O.

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