Littérature générale

  • Un homme, le Pasteur, est l'auteur de crimes en série qui nous sont racontés par un écrivain. À sa poursuite, Chester Head, détective privé, parti en quête du coupable ou de ce qu'il appelle la Vérité, sorte de Jugement dernier qui porte sur la responsabilité de chacun devant le Mal. Une femme, Blandine Berger, amante tour à tour de Head et du Narrateur, partie elle-même en quête du Pasteur, relie les trois hommes dans un ballet enivrant, étourdissant, envoûtant. Au centre de toutes ces affaires apparaît Lorraine Greenwood, jeune modèle de la sculptrice Sylvia Shaw Judson dans la création de la Bird Girl, statue qui a longtemps trôné dans le cimetière Bonaventure de Savannah, à laquelle on attribue toutes sortes de pouvoirs, bénéfiques ou maléfiques, dont celui d'inspirer l'idée de meurtre ou de sacrifice aux déréglés de la vieille ville.

  • Ils sont sur les mers. Ils sont sur les routes. Ils sont en nous, mais hors de tout. Ce sont des devenants. Des sous-vivants, des sur-vivants. Ils migrent d'État en État dans le flux du temps, dans le monde fuyant, dans les no man's land où l'on ne vit plus qu'en dérivant... en dévivant. Je leur fais de la place dans la parole comme ils s'en font dans le cri, les pleurs, les silences de mort. Je libère de l'espace pour que le dernier souffle de notre humanité s'exprime dans le sens de l'air, où l'on va et vient puis se pose, repose, sans terre à soi mais aux quatre vents, qui nous emportent d'être en être, de mue en mue, dans les grandes marées de l'espoir sans bornes. Le poème ? La bouée à la mer que tout homme attend pour gagner le large où son rêve le mène.

  • Trois grands enfants s'enfoncent dans la forêt laurentienne en suivant la rivière Montmorency, qui fut leur terrain de jeu tout au long des années 1960. Ils cherchent la source qu'ils imaginent pure, unique, de ce grand cours d'eau auquel ils identifient le fil de leur vie. Les rapports troubles de gémellité et d'amitié, de couple, d'amour, de haine, jetteront les bases d'une nouvelle forme de vie commune, dont la sauvagerie des bois sera le modèle bien plus que l'urbanité des villes qu'ils ne cessent de fuir. Leur voyage s'étalera sur près de dix ans, pendant lesquels ils feront trois expéditions, à onze, à seize et à vingt ans, pénétrant chaque fois plus loin dans la forêt, dont ils n'atteindront le coeur qu'à la toute fin, faisant à chaque étape de nouvelles expériences qui les changeront à jamais.

  • Entre deux âges, l'enfance, l'adolescence, entre deux lieux, la grande clairière, la ville encerclée, Jean Lhomme, Faye Rose et quelques autres, dont un mystérieux narrateur qui les suit, apprennent à être : à exister, à persister, à résister. Ils apprendront l'amour extrême, l'insatiable soif de l'esprit, la révolte obstinée. Mais cette voracité les dévorera petit à petit.
    En tournant le dos au monde, ils font dos à leur propre vie, même en fonçant dans le tas des choses, des autres et des évènements, qui se retournent contre eux. Dans cette position précaire, l'auteur fait leur portrait, qu'il présente comme la face cachée de sa propre histoire, sorte d'autobiographie non autorisée dans laquelle il se reconnaît... au moment même où tout s'achève.

  • À travers ses lectures, (poésie, philosophie, roman et sciences) l'auteur nous livre des pans de sa vie, depuis les écoles de réforme jusquà la prison à sécurité maximale Archambault.

  • Huées

    Pierre Ouellet

    Le nouveau recueil de Pierre Ouellet, Huées, forme un retable avec deux autres recueils : Buées et Ruées. Huées y représente la partie centrale, lautel sacrificiel qui en constitue le cur immolé, arraché. Les hululements quil fait entendre, plus hauts que les hurlements de ses victimes, sont le souffle resté sur terre des vies emportées qui ne parlent plus que par la bouche de leur colère, de leur désir, de leur amour et de leur haine. Le poème, comme la prière, accentue le bruit de leur respiration daprès la mort, le son que rend lhaleine à nouveau fraîche que la mémoire des survivants garde tel un secret de la vie achevée.

  • Lever le ton, élever la voix... Voilà deux façons de décrire l'emportement : un sursaut du corps dans la langue, un haut-le-verbe comme on parle de haut-le-coeur ou de hautle- corps, une levée de l'âme dans la parole, un soulèvement de l'être entier dans des mots qui le mettent hors de lui... Être transporté par les mots dans une espèce de lévitation de sens et de sons, de montée de joie ou de rage, de remontée brusque des sentiments les plus profonds, voilà le genre d'expérience auquel chacun aspire au contact du "haussement de ton" qu'on appelle littérature. Aujourd'hui que le Sens paraît épuisé, il semble que le Ton, soit la tonalité ou la tonicité de la parole poétique, assume désormais le rôle de la littérarité : on ne reconnaît plus la parole de l'écrivain au fond ou au message qu'il transmet mais à la force ou à la puissance de son phrasé, à la manière dont sa langue est animée d'une énergie singulière, qui se communique d'une façon quasi virale à ceux à qui elle s'adresse. C'est sur ce Ton que s'interrogent les auteurs réunis dans cet ouvrage, s'attardant aux tensions qu'il provoque et à celles qui le provoquent : d'où vient que nous nous emportions dans la parole et qu'elle nous emporte dans notre vie ? Auteurs : Guillaune Asselin, David Bergeron, Nicole Brossard, Nicole Caligaris, Patrick Chatelier, Marie Chouinard, Jean Daive, Jean-Marc Desgent, Hélène Dorion, Hélène Frédérik, François Gagnon, Jean-Philippe Gagnon, Marie-Pascale Huglo, Serge Lamothe, Bertrand Leclair, Émile Martel, Mourad Masbah, Catherine Morency, Pierre Ouellet, Jean-François Poupart, Christian Saint-Germain, Pierre Senges et Michaël Trahan. Texte inédit de Claude Gauvreau présenté par Jean-Marc Desgent

  • Je n'ajoute pas un art poétique à des centaines d'autres, souvent interchangeables. Je ne parle ni d'art ni de poétique... mais d'ars, façon qu'on a d'être vivant, et de poesia, façon de créer ce vivant là, ce survivant, ce renaissant, ce recréant. Nous sommes des créants, non pas des mécréants comme on le croit, qui n'ont foi en rien, pas même dans la parole qu'on leur donne. Nous sommes des créants en Dieu sait quoi, mais des créants quand même, qui ont le poème pour seule prière, la parole comme acte de foi, le chant comme sacrement... Des créants magnifiques, qui ont perdu toute confiance en eux, en l'Homme, mais pas dans les mots et les phrases qui en tiennent lieu dans la parole, leur « acte de naissance » à autre chose qu'eux-mêmes : le don de l'air, de l'autre souffle.

  • Une réinvention de l'espace public et un réaménagement des frontières entre le profane et le sacré sont actuellement en jeu dans les formes de perception et de profération dont la littérature est porteuse. On y voit se définir un nouveau « partage du sensible » dont les données outrepassent tout contrat social ou pacte religieux au sens strict. Le mythe des origines que la littérature ne cesse de conter ressuscite l'origine perdue de la pensée mythique, les histoires secrètes de l'oeil et de l'écoute dont les racines plongent dans la vie la plus archaïque.

    À l'heure où l'on parle d'une sortie de l'histoire et de l'avènement d'une posthumanité, il est urgent d'interroger ces nouvelles combinaisons de la vue et de la voix, souvent dissonantes et détonantes, qui explorent les formes les plus aiguës de dissolution sociale et de dispersion des croyances où la perte de toute vision d'ensemble et de toute voix commune laisse place à l'émergence de « vocalités » et de « visualités » inédites où peuvent apparaître des modes inattendus de socialité et de sacralité.

    C'est ce qu'on découvre chez Antoine Volodine, Philippe Beck, Alain Fleischer, Serge Pey, Jean-Paul Michel, Salah Stétié, Christian Gabriel/le Guez Ricord, Max Loreau, Marcel Moreau, Guy Viarre, Patrick Wateau, Brice Petit, Isabelle Garron, Joséphine Bacon et Jean-Marc Desgent, sur lesquels portent les réflexions menées ici, dont la visée est de comprendre les processus de profanation et de sacralisation inhérents à toute démarche esthétique et poétique.

  • La littérature est devenue le lieu d'une véritable Critique de la raison esthétique, où la conception dite moderne de la subjectivité, cartésienne et lockienne, est constamment battue en brèche, dans le cadre de ce qu'on peut appeler une « philosophie sensible » où c'est l'imagerie verbale qui joue le rôle de l'argument des philosophes.C'est l'histoire intime de ces métamorphoses du sujet dans ses manières de voir et de sentir qu'une poétique du regard cherche à décrire et à raconter. D'abord en dégageant les conditions de mise en discours du sujet percevant et énonçant, tel qu'il se déploie dans l'espace et le temps, dans la poièsis et l'aisthèsis, dans la figurativité de la langue et le schématisme de l'imagination, dans l'énonciation de la quantité et de la qualité et dans l'expérience des valeurs et des tensions. Puis en analysant les différentes configurations « esthésiques » auxquelles cette subjectivité perceptive et énonciative a donné lieu au cours des temps, en particulier dans les dernières décennies, à travers les formes de la description, l'expression poétique du mouvement, l'hétéroception ou la représentation de l'autre, l'image kinesthésique, l'acte de lecture, le récit exemplaire et l'inscription historique de la connaissance littéraire.Si la première partie du livre traite du cadre général dans lequel la vie perceptive et énonciative du sujet peut être étudiée, la deuxième partie explore de manière concrète, à partir de textes littéraires qui vont de Nerval à Eco en passant par Flaubert, Artaud et Saint-Denys Garneau, les modes d'inscription de la subjectivité dans des configurations sensibles particulières, où se manifestent de nouvelles façons de voir et de dire qui sont éminemment révélatrices des mutations éthiques et esthétiques que connaissent nos sociétés et notre histoire, de moins en moins assurées de leurs assises.

  • On ne raconte pas un temps pareil : on l'évoque, l'invoque, le convoque. On ne le rappelle pas, on continue de l'appeler, faisant appel à l'air... C'est la seule façon de le faire revenir, non pas à la mémoire, à quoi il résiste, mais à l'imagination encore, grâce à quoi il existe... persiste, subsiste. Le récit qu'on fait d'un tel âge n'appartient plus à l'âge du récit, des petites et des grandes fables, de la petite et de la grande histoire auxquelles l'enfance révolue ne croit plus... mais aux cris de guerre, aux chants d'amour, qu'on découvre comme autant de poèmes et de prières, de mantras et de slogans secrets dont on apprend qu'ils sont les seuls à pouvoir porter le sens véritable de ce qu'on a vécu.

  • Talisman

    Pierre Ouellet

    « Je sors de mon histoire : j'entre dans la légende, qui n'est à personne, à qui je l'enlèverais. Je la redonne au monde : la rétrocède à qui elle appartient de tout temps... au ciel et à la terre entre lesquels elle n'a cessé de se déplacer comme l'arbre croît, le loup hurle à la lune, le peyotl et le pétun partent en fumée dans le grand calumet de paix que l'âme abrite au creux de l'être le plus secret. » Comme le poète l'indique dans sa présentation, la symbolique autochtone agit ici comme source première de création dans une oeuvre depuis longtemps attentive aux possibles identités de l'être.

  • La littérature des dernières décennies, après les engagements politiques qui ont été les siens au cours du XXe siècle, a donné lieu à un scepticisme plus ou moins radical, pouvant confiner au cynisme et au nihilisme. Ce qui a entraîné deux attitudes fondamentales de la part des écrivains : d'abord le repli sur soi, où la vie intime prend le relais de l'engagement social, au profit d'une activité autofictionnelle qui gravite dans la sphère du privé, puis l'usage documentariste ou archivistique de la littérature, suivant lequel la fiction se met au service des faits, non plus des idéologies ou des utopies, en témoignant des problèmes sociaux à travers des cas particuliers, qu'on documente de façon empirique, à la manière du journalisme, de l'historiographie ou des sciences humaines.

    Le présent ouvrage vise à caractériser le type d'« efficacité symbolique » propre à la littérature actuelle, entre le repli esthétique dans l'oeuvre et le rejet éthique de l'oeuvre. L'hypothèse de fond est que la littérature ne relève pas d'une simple action sociale ni d'un pur activisme politique et encore moins d'un acte privé, isolé, autotélique ou autosuffisant, mais d'une force et d'une forme symboliques essentielles au fonctionnement de nos sociétés, comme peuvent l'être les mythes et les rites dans les cultures dites « traditionnelles ». C'est le phénomène même de la littérature, bien plus que telle ou telle oeuvre plus ou moins « impliquée » dans son temps, qui doit être interrogé en profondeur, dans sa nature, ses enjeux et sa portée, pour qu'on puisse mieux comprendre le rôle « fondateur » qui est le sien à l'époque de la post-historicité et de la post-humanité, où l'on revient sur la définition même de l'Homme et de l'Histoire comme sur celle de l'Art ou de l'Acte littéraire en tant qu'Ars au sens originaire de « manière d'être ou de vivre ».

  • A vie

    Pierre Ouellet

    Exercice de mémoire et d'imagination, À vie explore notre relation au passé et les fantasmes qui habitent les époques révolues, souvent idéalisées. Pierre Ouellet plonge ici ses personnages dans l'emportement des mots, et tisse un récit vertigineux qui témoigne du long et sinueux apprentissage de la vie. Après Portrait de dos(l'Hexagone, 2013) et Dans le temps (Druide, 2016), l'auteur propose, avec ce roman, la conclusion du cycle de La grande enfance.

    /// Résumé :

    Une vieille goélette rafistolée, comme les souvenirs d'un lointain passé, sert de décor aux nouvelles aventures de Jean Lhomme, de Faye Rose et d'un narrateur anonyme. Ce vaisseau fantôme, à la fois nef des fous et chasse-galerie, sera pour les héros le théâtre d'explorations au coeur de l'espace et du temps des rêves qu'incarna le monde des années 1960 et 1970 où ils ont vécu leur prime jeunesse.
    De l'île d'Orléans à l'estuaire du Saint-Laurent, en passant par la côte est américaine jusqu'aux Caraïbes, les protagonistes termineront leur long voyage au Nicaragua, où ils réaliseront leur rêve de révolution auprès de sandinistes. S'ensuivra une très profonde désillusion, qui n'effacera toutefois pas leur soif d'espérance, nourrie par la puissance magique de leur imagination. Ils inventent leur monde bien plus qu'ils n'y vivent ; ils dessinent leur vie au fur et à mesure bien plus qu'ils ne suivent un destin tout tracé. Ils découvrent leur histoire comme une légende, où ils apprennent à se transfigurer.
    L'auteur

    /// L'auteur :

    Pierre Ouellet est poète, romancier, essayiste. Écrivain «hors genre», il est l'auteur d'une quarantaine de livres, pour lesquels il a notamment reçu le Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie essai à deux reprises, pour À force de voir. Histoire de regards, paru en 2005, et pour Hors-temps. Poétique de la posthistoire, publié en 2008, le Prix Spirale Eva-Le-Grand pour Où suis-je. Paroles des égarés, publié en 2010, le Grand Prix Québecor du Festival international de la poésie pour Dépositions, paru en 2007, et le prix Ringuet pour Légende dorée, paru en 1997. Le gouvernement du Québec lui a décerné en 2015 le prix Athanase-David pour l'ensemble de son oeuvre.

  • Ruees

    Pierre Ouellet

    "Ruées" termine le triptyque entamé en 2012 avec "Buées" et "Huées" (L'Hexagone et Le Noroît) - ces trois livres représentant autant de volets d'un même retable. "Ruées", le tout dernier, vient offrir un point d'orgue aux deux autres. Ainsi, après l'histoire d'un inamour, ou d'un hainamour, et la cristallisation de son effet en l'embauche d'un tueur à gages - nommé Dieu - pour achever l'être aimé, le présent recueil propose le son d'après la mort : la relation déchirante et déchirée à l'absence de l'autre désormais mort.

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