Les Presses de l'Université d'Ottawa

  • Vingt ans plus tard, les constats et les recommandations de la Commission Pepin-Robarts apparaissent-ils encore pertinents, utiles, actuels ? Auraient-ils pu nourrir des débats et des changements politico-constitutionnels qui n'ont pas eu lieu ou qui n'ont pas abouti ? Ces questions ont été débattues lors du colloque organisé par le CRCCF, « La Commission Pepin-Robarts : quelque 20 ans après. Le débat qui n'a pas eu lieu », qui s'est tenu les 16 et 17 mars 2001 à l'Université d'Ottawa, et dont les résultats sont réunis dans cet ouvrage. La rencontre a permis à des chercheurs universitaires de plusieurs disciplines d'analyser les retombées des recommandations de la Commission Pepin-Robarts. Dans la foulée des débats sur le rapatriement de la Constitution, sur l'échec des ententes de Meech et de Charlottetown, sur le rôle de diverses personnalités dont les premiers ministres Pierre Elliot Trudeau et Brian Mulroney, des universitaires chevronnés ont scruté les problèmes confrontant le Canada à un moment précis du temps (la fin des années 1970) et l'analyse qu'en faite alors une Commission prestigieuse (Pepin-Robarts), ainsi que l'évolution de la conjoncture, la pertinence des constats et des recommandations de la Commission, et leur utilité possible pour résoudre certains des problèmes qui existent toujours au Canada.

  • Ce recueil fait le point sur la gouvernance linguistique, c'est-à-dire sur la manière de gérer les aspirations, les droits et les contraintes touchant les minorités de langue officielle au Canada, notamment les minorités francophones ainsi que sur l'utilisation, la survie et l'épanouissement de leur langue. Dans un contexte de mondialisation qui, paradoxalement, peut pousser vers l'uniformité ou stimuler le dynamisme des cultures minoritaires, dans le contexte canadien de « chartisme » et de multiculturalisme, comment peut-on assurer la transmission et la vitalité des deux langues officielles, dont l'une compte relativement peu de locuteurs hors du Québec et du Nouveau-Brunswick ? On ne peut nier que la gouvernance linguistique s'est complexifiée au cours des dernières décennies dans une société multiculturelle et plurilingue où l'histoire, les traditions, les constitutions et diverses lois tissent autant de mailles souvent oubliées dans le filet sociétal où se meuvent les acteurs (individus et groupes plus ou moins organisés sur les plans linguistique, religieux, social, économique, etc.). Au surplus, l'ère de la mondialisation touche de nombreux pays où coexistent plusieurs langues et cultures. Ce n'est pas un hasard si la Commission de l'UNESCO sur la culture a invité les pays-membres à nourrir plutôt qu'à uniformiser les diverses cultures dans le monde, afin d'enrichir le patrimoine de l'humanité. Plusieurs conférenciers et conférencières de diverses parties du Canada et d'Europe se sont penchés sur les aspects théoriques et conceptuels, sur les constats en ce qui a trait aux politiques linguistiques et aux minorités linguistiques canadiennes, sur les problèmes et les avantages de ce que constitue le « chartisme » par rapport aux droits des minorités ainsi que sur les institutions de la gouvernance linguistique, sur les moyens de reproduction et de diffusion culturelles, pour enfin conclure sur les enjeux et défis pour la prochaine décennie.

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