• Ici, il y a onze mille ans, la plaine était le fond d'une mer. Avant la mer, une couche de glace épaisse de plusieurs kilomètres écrasait le sol. La glace a fondu, l'eau s'est retirée. C'est fertile, ici: les sables ont cédé la place aux champs de blé d'Inde. À moins que tout n'arrive simultanément?

    Dans la plaine, des lettres datées d'un 22 août creusent leurs sillons. «Nous collectionnons les os dont la remontée à travers la terre s'est amorcée.» L'air proche est une cueillette de fossiles. Ce qui remonte - paroles, pensées, impressions, béluga - est sale et impersonnel; il y a de la boue entre les mots. Les phrases agglutinent les débris: «Nous optons pour un mélange de fiction et de terre à jardin.» De ces fragments, extraits de lettres et dialogues émerge un sentiment monstrueux et serein.

    Nous, La personne, Moi et Le béluga: un rassemblement hétéroclite et intemporel se tient dans le poème, réalise le souhait, apprend à relire les lettres, à y répondre, et à parler, tout le temps, pour tout le monde. «Ainsi, nous nous réunirons en oubliant de partir.»

  • Quelque chose continue d'être planté là est un poème agglutinatif. Dans une prose qui allie candeur et précision, il retrace le parcours de la poète, ses allers-retours le long d'une côte asphaltée où les sites panoramiques et les villages se succèdent.
    « Quelque chose continue d'être planté là » est la traduction en français du mot innu etapikapau, qui évoque la durée de vie d'un message écrit à même le territoire et qui, trouvé, permet de s'orienter, et non trouvé, continue d'être là, muet jusqu'à ce que quelqu'un le « lise ». Ce livre-poème tâche de retracer ces messages inscrits dans les lieux en s'ouvrant à l'héritage parlé et écrit dans la neige de ceux qui, depuis des siècles, ont parcouru le territoire québécois.

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