Langue française

  • Après un premier volume consacré à la moitié méridionale de la Grande-Bretagne, et avant un troisième, qui traitera du nord de l'Angleterre, de l'Ecosse et de l'Irlande, Renaud Camus, dans ce deuxième tome des Demeures de l'esprit, passe en revue les maisons d'écrivains, d'artistes, de savants ou de penseurs du quart sud-ouest de la France : régions d'Aquitaine, de Poitou-Charentes, Limousin, Auvergne, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées ; demeures de Loti, de Mauriac, de Montaigne, de Maillol, de Toulouse-Lautrec, Fénelon, Marguerite de Navarre, Bernart de Ventadour et bien d'autres. Le critère essentiel est que ces demeures soient ouvertes au public. Leur intérêt et leur séduction ne sont pas envisagés ensuite selon leur beauté propre ou selon le mérite de leur hôte principal, mais selon leur qualité conservée ou perdue d'habitation, pour un créateur. Ainsi le magnifique Hautefort fait une très mauvaise demeure de l'esprit, pour Bertran de Born, tandis que le modeste Cayla parle en chacune de ses pierres, et à travers la moindre de ses fenêtres, de Maurice de Guérin et de sa soeur. Pierre Benoit a une bien meilleure maison d'écrivain que Jean Giraudoux. Abbadia, la folle résidence d'Antoine d'Abbadie d'Arrast au-dessus des vagues du golfe de Gascogne est mille fois plus éloquente que la maison natale de Champollion à Figeac, qui n'a plus rien d'une maison natale, et pas grand-chose d'une maison. Table détaillée en fin de volume avec appréciations résumées et renseignements pratiques.

  • Le neuvième volume de la collection Demeures de l'esprit est le premier qui soit consacré à l'Italie, en l'occurrence à l'Italie du Nord, Lombardie, Vénétie, Frioul-Vénétie julienne, Ligurie, Émilie-Romagne, etc. Les compositeurs y sont fortement représentés, notamment Verdi, bien entendu, par sa maison natale, celle de son âge mûr et celle de son protecteur et beau-père Antonio Barezzi ; mais aussi Donizetti, Ponchielli, et, plus inattendu, Mahler, pour sa maison de vacances de Dobbiaco, dans les Dolomites - de son temps Toblach, alors en territoire autrichien. Les peintres sont quatre : Titien dans les Dolomites également ; Cima da Coneglianio dans la petite ville qui lui a donné son nom ; Mariano Fortuny dans son fameux palais de Venise ; et Giorgio Morandi dans ses deux résidences austères et quasiment cénobitiques, celle de Bologne et celle de Grizzana Morandi, dans les Apennins d'Émilie. On peut leur ajouter Canova, le sculpteur. Quant aux écrivains ils vont des plus illustres, tels Pétrarque, l'Arioste, Goldoni ou Manzoni aux moins connus hors d'Italie, et même peut-être en Italie, tels l'étrange Alfredo Oriani ou le crépusculaire poète Marino Moretti, sur les rivages de Romagne. Le plus excentrique et le plus fastueusement logé est certainement D'Annunzio, en son énorme Vittoriale, au-dessus du lac de Garde. Ajoutons à cette liste incomplète deux étrangers à la gloire assez différente : Alfred Nobel, le chimiste et fondateur de prix, déjà rencontré en Suède mais qui mourut dans sa riche maison de Gênes ; et Rainer Maria Rilke, qui écrivit à Duino, forteresse des La Tour et Taxis en surplomb de l'Adriatique, ses Élégies du même nom.

  • Le dixième volume des Demeures de l´esprit est aussi le cinquième de la série française et, après le Sud-Ouest, le Nord-Ouest, le Nord-Est et le Sud-Est, il est consacré aux maisons d´écrivains, d´artistes, de compositeurs, d´inventeurs ou de grands intellectuels de la région parisienne, plus exactement de l´Île-de-France, moins Paris.
    De ces maisons, la plus fidèle à son grand homme, et sans doute la plus séduisante, est celle de Ravel à Montfort-l´Amaury. Parmi les demeures de musiciens, elle n´a pas de mal à l´emporter sur la maison natale de Debussy à Saint-Germain-en-Laye, qui n´est hélas qu´un musée, flanquée d´un office du tourisme. Le Prieuré de Maurice Denis, dans la même ville, est lui aussi un musée plus qu´une habitation mais dans son cas c´est plus légitime, les oeuvres d´art y abondent, de même qu´à Meudon chez Rodin, non loin de là. Et si la muséification a frappé un peu trop fort, sans les dépouiller tout à fait de leur charme et de leur intérêt, la maison de Mallarmé à Valvins ou celle de Cocteau à Milly-la-Forêt, elle a laissé intacte celle de Foujita à Villiers-le-Bâcle ou celle de Pierre Mac Orlan à Saint-Cyr-sur-Morin.
    La plus modeste est probablement celle où naquit Louis Braille à Coupvray, près de Meaux ; la plus fastueuse est sans doute la Vallée-aux-Loups, à Châtenay-Malabry, où Chateaubriand mena grand train dix années durant. Celle d´Aragon et d´Elsa Triolet à Saint-Arnoult-en-Yvelines est un vaste moulin ; celle de François Mauriac à Vémars est devenue la mairie du village. Rosa Bonheur habitait un château nommé By, à Thomery ; Jean-Jacques Rousseau une maison de poupée à Montmorency. Daubigny vivait en bourgeois à Auvers-sur-Oise, Jean-François Millet en rapin à Barbizon. À Bossuet un palais épiscopal, dans Meaux ; à Tourgueniev une datcha à Bougival, avec vue sur Pauline Viardot, dont le manoir est en contrebas. Quant au pauvre Alexandre Dumas, non loin de là, à Port-Marly, il ne profita que quelques mois de son opulente folie, Monte-Cristo.Table détaillée des sites en fin de volume avec appréciations et renseignements pratiques.

  • Le huitième volume de la collection des Demeures de l'esprit est le quatrième qui soit consacré à la France, en l'occurrence à son quart sud-est, constitué ici des régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur .
    Voltaire et Rousseau sont presque voisins, entre Ferney et les Charmettes. Mme de Sévigné trône au centre du dispositif, au sommet de la butte de Grignan, ce Versailles de la Provence. Cézanne n'était pas mal logé non plus, dans son joli Jas de Bouffan, si élégant qu'on prétendait naguère, à tort, semble-t-il, que ç'avait été la résidence du duc de Villars, le gouverneur de la province. Mais quand Renoir vient y voir son ami, il s'enfuit rapidement car il trouve que l'avarice règne dans la demeure. La vie était sans doute plus gaie aux Colettes, sa propre maison de Cagnes-sur-Mer. Et Picasso menait grand train à Vauvenargues, derrière la montagne Sainte-Victoire. Ce ne sont là, avec Fragonard, que les plus fameux des peintres dont ce volume nous fait franchir le seuil, parmi lesquels Réattu, Ravier, Hébert, Utrillo, Valadon, Mélik au château de Cabriès, auxquels on ajoutera le sculpteur Gilioli.
    Un seul compositeur, mais de taille : Hector Berlioz à la Côte-Saint-André. Les inventeurs sont quatre, pourtant ils n'ont que deux maisons, celle des frères Lumière à Lyon, celle des frères Montgolfier dans l'Ardèche. Alexandra David-Néel entre ses voyages avait son port d'attache à Digne. Cependant nous sommes loin d'en avoir fini avec les écrivains et les poètes : Alphonse Daudet n'a jamais habité le moulin de Fontvieille mais son ami Mistral demeurait à Maillane, Jean Aicard à La Garde, près de Toulon, Henri Bosco à Lourmarin, Giono à Manosque et, si nous remontons dans le temps, Honoré d'Urfé en son château de La Bastie. Dans Hyères hivernait Paul Bourget, au Plantier de Costebelle, tandis que sur la butte voisine Marie-Laure de Noailles, moins connue pour ses livres que pour son rôle d'hôtesse, il est vrai, recevait au Clos Saint-Bernard, actuelle villa de Noailles, édifiée par Mallet-Stevens pour son mari et elle, tout ce qu'une génération ou deux ont pu compter d'artistes, de cinéastes, de photographes et d'écrivains.

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