• Décrivant son projet pour Fragments d'un discours amoureux, Barthes précise que « tout est parti du principe qu'il fallait faire entendre la voix de l'amoureux ». D'où le choix d'une « méthode dramatique : ici, pas de théorisation de ce discours amoureux, mais sa seule expression. « C'est un portrait qui est proposé, mais ce portrait n'est pas psychologique » ; il se fait l'écho de « quelqu'un qui parle en lui-même, amoureusement, face à l'autre - l'objet aimé -, qui ne parle pas ».
    Un texte si juste qu'il retentit en chacun, longuement ?
    « C'est donc un amoureux qui parle et qui dit ? »
    Absence - Altération - Angoisse - Annulation - Atopos - Attente - Casés - Conduite - Contacts - Dédicace - Étreinte - Fading - Fête - Insupportable - Jalousie - Je t'aime - Rencontre
    Pour cette « dramaturgie » d'un discours amoureux tour à tour lucide, ironique, douloureux, impossible de rêver plus subtile interprétation que celle de Fabrice Luchini, dont l'intelligence et l'amour des mots rendent à Roland Barthes le plus bel hommage qui soit.
    Durée : 1 h 10 min
    Photos de Marc Garanger (R. Barthes) et de Sylvie Lancrenon (F. Luchini)

  • « Marpa fut très remué lorsque son fils fut tué, et l'un de ses disciples dit: "Vous nous disiez toujours que tout est illusion. Qu'en est-il de la mort de votre fils, n'est-ce pas une illusion?". Et Marpa répondit: "Certes, mais la mort de mon fils est une super-illusion." »
     
     
    Pratique de la voie tibétaine
    La Chambre claire se présente au départ comme un essai sur la photographie. À ce titre, il est devenu une référence majeure. Mais il s'agit aussi et surtout d'un superbe récit. Au moment où Roland Barthes découvre le lien essentiel entre la photographie et l'épreuve intime qui l'obsède - la mort de sa mère -, il parvient à nous emporter dans un cheminement à la recherche du temps perdu et de l'être aimé.
    Comme l'explique Benoît Peeters dans l'entretien qui accompagne ici la bouleversante lecture de Daniel Mesguich, l'expérience la plus noire devient alors lumineuse; c'est pourquoi ce livre, peut-être le plus beau de Roland Barthes, ne s'appelle pas la chambre obscure, mais bien La Chambre claire.
     

     
    © Éditions de l'Étoile, Gallimard, Le Seuil, 1980.
     
    © et (P) Audiolib, 2016
     

     
    Durée : 3 h 27 min

  • Comment travaillent les écrivains ? S'enquérir de la manière dont un auteur taille un crayon, de la couleur du papier qu'il utilise, de la marque de sa machine à écrire, tout cela constitue peut-être une voie d'approche détournée pour connaître davantage ce mystérieux pouvoir qu'un écrivain exerce sur ses lecteurs en assemblant des mots avec des mots. Chez certains auteurs interrogés par Jean-Louis de Rambures le travail s'accompagne d'un rituel quasi fétichiste : Roland Barthes change souvent de stylo, Hervé Bazin a transformé son bureau en laboratoire, Claude Lévi-Strauss travaille en musique tandis que Michel Butor exige le silence absolu et que Le Clezio prend soin d'ouvrir les fenêtres de la chambre où il écrit sur le vacarme de la rue. Au terme de son enquête, Jean-Louis de Rambures avoue n'avoir pas découvert la méthode de travail idéale pour écrire. Peut-être parce que ses interlocuteurs sont, eux aussi, à sa recherche et que, s'ils écrivent, c'est afin d'essayer de trouver cette méthode idéale qui les protégerait d'une angoisse qui leur est commune.

  • Mythologies

    Roland Barthes

    Les Mythologies présentent des pensées par fragments que Roland Barthes a écrites au fil des mois, à partir de supports d'actualités diverses, et qui, ensemble, permettent de faire un sens et de découvrir les mythes de notre vie quotidienne. Roland Barthes offre une tentative aboutie de réconciliation de l'homme avec l'objet, en distinguant toujours l'histoire et le naturel, l'objet et son mythe. ©1957 Éditions du Seuil (P)

  • « Je dois commencer sous peu la réalisation d'un film documentaire d'une heure sur le sport. Mon intention n'est pas de faire l'histoire du sport, mais plutôt, disons, sa phénoménologie et sa poétique. Vous avez déjà deviné que votre premier chapitre de Mythologies m'a beaucoup intéressé et que je viens, par cette lettre, vous demander d'écrire le commentaire de mon film » ; Aussi étonnant soit-il, Hubert Aquin, l'auteur de ces lignes, s'adresse ici à Roland Barthes.

    Le projet qui naîtra de cette rencontre s'intitule Le sport et les hommes. En voici le texte qui est à la fois un témoignage sur le sport et sur l'homme, témoignage qu'il faut lire pour ce qu'il est : des mythologies inédites. Nous le livrons en primeur à tous les amateurs de l'oeuvre de Barthes, qui seront curieux de lire ce que le mythologue pouvait penser du sport, au-delà ou en deçà du mythe, quelques années après les Mythologies.

    Le sport et les hommes est le fruit d'échanges inattendus mais soutenus qui éclairent l'oeuvre respective de ses créateurs. Il est aussi une des premières contributions à une réflexion appelée à occuper des générations de commentateurs, celle sur le sport-spectacle.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Les études littéraires tentent aujourd'hui de définir leurs méthodes et leur champ d'application, en s'inspirant des résultats obtenus depuis une vingtaine d'années par les diverses sciences humaines : linguistique, psychanalyse, histoire de l'art, sociologie, anthropologie culturelle, sémiologie, etc. A l'intention du public de l'enseignement supérieur français et étranger et de tous ceux qui désirent s'initier et s'adapter aux travaux de la critique contemporaine, la collection L présente des "modes de lecture" portant sur des textes, des thèmes, des écrivains particulièrement représentatifs, et qui composent un panorama des tendances et des techniques modernes de l'analyse littéraire, ainsi que des documents, habituellement dispersés ou peu accessibles, et qui rassemblés serviront de base à une réflexion nouvelle sur les textes.

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