• Retraçant les vies passées et présentes des habitants d'un immeuble du Xe arrondissement de Paris, Ruth Zylberman livre un magnifique récit. Là se sont succédé, depuis les années 1850 jusqu'à nos jours, des générations d'enfants, d'artisans et d'ouvriers, d'immigrés de l'est ou du sud de l'Europe. Là se sont noués des amours, des amitiés, des tragédies. Là, l'ordinaire du quotidien a côtoyé l'extraordinaire du fait divers et des violences de l'Histoire. Ruth Zylberman propose une réflexion bouleversante sur les traces du passé, les lieux où se loge la mémoire et le lien invisible entre les vivants et les morts. Car cette autobiographie d'un immeuble est aussi une forme d'écriture de soi.
    " Nous autres du 209, les pauvres, les morts et les vivants, les disparus et les revenants, nous autres les communards et les artisans, les résistants et les dénonciateurs, nous autres les jeunes filles amoureuses et femmes de mauvaise vie, nous autres les Kabyles et les Polonais, les Juifs, les Portugais et les Bretons, les Marocains et les Italiens, nous autres, Odette, Albert, Daniel, Henry, Charles et les autres."Nous autres du 209', c'était la forte et fière affirmation d'une patrie imaginaire dont l'étendard serait ce toit de ciel découpé en carré au-dessus de la cour. "
    Née en 1971, Ruth Zylberman est cinéaste et écrivain. Elle a réalisé de nombreux films et publié un roman, La Direction de l'absent, en 2015. Elle a grandi à Paris, dans le XVIIIe arrondissement. Son film Les Enfants du 209 rue Saint-Maur, Paris Xe (2018, Zadig Productions/Arte) a été couronné par de nombreux prix.

  • « Lui qui n'avait jusqu'ici été qu'une ombre morte, il avait été vivant, la lettre nous le disait, il l'était peut-être encore. Cette certitude transfigurait la maison de banlieue. Le salon était envahi par une présence qui occupait les lieux : derrière nos fauteuils, à côté de nos corps et nos visages, près du visage douloureux de Pesia, des mains inquiètes de maman, près de nos pieds, ceux de Judith et les miens, bien calés sur le sol, Ovadia avait bondi hors de sa relégation, il avait parcouru les lieux et les années, il avait traversé les frontières - mi-fantôme, mi-homme -, il avait bouleversé les successions normales du temps et de la mémoire, pour nous apparaître (et cette apparition c'était un tourbillon, du sang neuf) en instance de rapatriement. »

  • Le kibboutz, îlot de socialisme a visage humain, a longtemps excité l'imagination des idéalistes du monde entier. Il est aussi l'incarnation, par excellence, du rêve sioniste. Pourtant le kibboutz comme Israël a profondément changé. Le témoignage d'une famille issue du kibboutz Degania illustre ces changements.

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