• « Un jour Aziz errant comme à l'accoutumée avait croisé un regard enfermé dans un long tissu blanc, une femme jeune, vive, qui revenait du souk, son couffin chargé de poissons. Il s'était senti différent ; quelque chose s'ouvrait à Zarziz où la poussière du sol paraissait geôlière de tout. Il n'avait vu que la lueur de ses yeux comme une lame dans le soleil blanc, sur les cailloux beiges ». N'ayant pas l'argent nécessaire pour épouser sa bien-aimée, Aziz, jeune Tunisien du sud, décide de quitter sa ville natale. Il arrive à Paris, dans une France mythique, chez son cousin beur, deuxième génération. Celui-ci l'initie au monde des loubards. Ce jeune homme d'Orient regarde ces jeunes délinquants, délaissés par leurs parents, ignorés du reste du monde : personnages directement inspirés de « Los Olvidados ». Sans les juger, ils assistera à leur tragédie banale, inéluctable ; sans intervenir il verra se dérouler leur drame et choisira de repartir. Choc de deux cultures, affrontement de deux langues, violence des amitiés, mélange des traditions, l'Occident aura perdu, pour Aziz, son éclat.

  • Patio, opéra intime : le titre de ce beau récit en est la parfaite métaphore. Le patio - cette cour carrée intérieure des maisons du Sud - est le lieu, à la fois clos et ouvert sur le ciel, où le personnage féminin se trouve recluse par la passion qui l'attache à Franz - marié, incertain, disert et pourtant, dense, meurtri et cocaïnomane. Une passion qui, peu à peu, verrouille les quatre portes du patio, excluant le compagnon de longue date. La gageure - parfaitement tenue - est de raconter cette histoire, banale mais toujours unique, d'un amour déchiré, selon une technique musicale. La prose y prend en charge l'intrigue dans une sorte de récitatif ; les vers - ou plutôt une parole syncopée - rendent compte de la violence des sentiments et des affrontements, tandis qu'un mode plus lyrique donne la mélodie intérieure de la narratrice. Et si le patio est le lieu de l'enfermement, l'histoire, elle, mêle Paris, Bruxelles, des îles mystérieuses, et un Maroc bruissant de souvenirs et de couleurs. Un opéra intime qui bat au rythme du désir et de la douleur.

  • Un roman ambitieux et flamboyant par l'auteur de Ils préféraient la lune.

  • Entre Marrakech et Paris, les interrogations qui surgissent à la mort d'un père, un voyage philosophique autour de la perte et des objets retrouvés. La parole comme ciment d'amour, comme sens, comme secret, comme objet toujours dérobé, comme chant qui donne une présence à l'absence.

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