• « La finalité des polices dans les démocraties ne devrait pas être de faire régner un ordre. L'ordre devrait, en réalité, n'être qu'un moyen. Mais un moyen de quoi ? Les agents ne forment pas une armée face à un adversaire - même si certains responsables aiment à les caricaturer ainsi. La mission éminente des polices est de produire de la certitude et de la confiance en défendant des normes et des valeurs supérieures et, ainsi, de contribuer à la cohésion sociale ». Toute démocratie a besoin d'une police, et réciproquement la police a besoin que les citoyens la soutiennent, qu'ils la considèrent comme « leur police ». Mais les gouvernements ont peu soutenu la transformation des forces de l'ordre en service tourné vers le public et soucieux de l'égalité de tous les citoyens, en particulier des minorités. Nos grands voisins européens sont bien meilleurs que nous sur ces points.  Les conséquences sont lourdes, sur notre sol, au moment où la confiance est particulièrement nécessaire. D'autres défis sont également devant nous. Le ministère de l'Intérieur confond force et autorité. Or, la façon dont la police agit en banlieues et l'injustice observée dans les contrôles au faciès fragilisent encore l'autorité étatique. A l'heure où la diversité de la population est une réalité que nul ne peut plus ignorer, et où les conflits de valeurs et d'identité entre les différentes communautés (musulmane en premier lieu) sont soulignés, la question religieuse s'invite dans les enjeux de police. La distance prise par certaines communautés face à la collectivité politique nationale et aux valeurs qu'elle doit incarner (liberté, égalité) se traduit par une défiance croissante manifestée face à la police. Sa légitimité, et partant son efficacité, sont affaiblies. Et avec la cohésion de notre pays. Dans cette enquête unique et inédite, Sebastian Roché analyse « l'expérience de la police » vécue par la population française actuelle et dresse un constat préoccupant. Loin des stéréotypes et des idées toutes faites, il dévoile l'état de la police et de son rapport au peuple dans un pays en colère et en transformation, et propose des solutions pour renverser la spirale négative dans laquelle nous sommes engagés.

  • Armand ColinLe besoin de sécurité et le «  sentiment d'insécurité » qui l'exprime jouent désormais un rôle essentiel dans la vie politique et le thème n'est pas près de quitter le devant de la scène. Comment concilier (surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001) la garantie des libertés publiques et le renforcement des dispositifs sécuritaires ?Sans aller jusqu'au terrorisme, véritable épée de Damoclès de nos démocraties, la délinquance routière, les délits économiques et financiers, la délinquance de rue, etc., sont désormais jugés radicalement insupportables et motivent une demande de sécurité qu'il serait hâtif de réduire à un simple accès d'esprit punitif encouragé par les médias.L'objet de ce livre est de prendre l'exacte mesure de cette nouvelle donne. Quels sont les éléments crédibles d'explication de la montée des diverses délinquances ? Quels sont les dangers qui nous guettent réellement ? Quelle est la position de la France en Europe ? Comment agissent les médias ? Que penser des politiques de sécurité mises en oeuvre ?Les auteurs se sont efforcés de répondre à ces questions par la recherche d'informations pertinentes dans les statistiques, mais aussi sur le terrain. On prendra la mesure des avancées et les limites de l'action gouvernementale, le chemin restant à parcourir et les réformes nécessaires pour permettre à la police de répondre à la demande des citoyens.Ce livre éclairera tous ceux qui ont à envisager la problématique sécuritaire et la prévention dans une logique d'études, d'enseignement ou d'action sur le terrain, ou veulent faire leurs choix sociaux et politiques en toute connaissance de cause.Sebastian ROCHÉ, chercheur au CNRS, où il est responsable du pôle «  Sécurité et société », enseignant à Science Po Grenoble et secrétaire général de la Société Européenne de Criminologie (Cambridge), a réuni une équipe comprenant Laurent Bègue, Pierre Berthelet, Olivier Hassid, Jacques de Maillard, Gilles Ivaldi, Christian Mouhanna, Véronique Pujas, Vincent Tournier.
    Introduction. Faits et causes de la délinquance. Les explications de la délinquance. Peurs, médias et politique. Prévention, répression. Le pouvoir et la sécurité : reconfiguration des réponses. Conclusion.

  • À l'automne 2005, la France connaît la pire vague d'émeutes de son histoire contemporaine. L'intensité des affrontements survenus après la mort de deux adolescents à Clichy-sous-Bois soulève nombre de questions restées sans réponse. Qui sont les émeutiers : des professionnels de l'agression, des délinquants, des gamins isolés ou des révolutionnaires ? Qu'est-ce qui déclenche la révolte ? Comment se propage la vague des violences urbaines ? Quelle place tiennent les minorités ethniques ? Pourquoi nos voisins européens, soumis à des conditions économiques et sociales semblables, ne sont-ils pas touchés par ce phénomène ? Le pouvoir n'a d'autre réponse que la posture guerrière - notoirement inefficace. Les instruments qui permettent d'anticiper, de dégonfler une crise, voire de la prévenir, ne sont pas mis en oeuvre. Pire, lorsqu'ils existent, ces outils sont régulièrement détruits par nos responsables politiques. La mise au rebut de la police de proximité au profit de la seule force détériore les relations avec les banlieues et les minorités ethniques sans améliorer la sécurité de chacun. Sebastian Roché a scruté l'événement, sa chronologie, l'engrenage de la révolte, le profil des émeutiers et leur goût du frisson, l'attitude des pouvoirs publics et du ministre de l'Intérieur, celle des médias et des juges. La conclusion est simple : sans un changement profond de nos institutions policières et de nos outils de réflexion et de gestion, le risque d'une nouvelle vague d'émeutes menace. S'appuyant sur une analyse scrupuleuse des faits, loin des tabous, des clichés et des idéologies, Sebastian Roché propose des solutions réfléchies et pragmatiques.

  • Qu'est-ce que la « tolérance zéro » ? Et la « police de proximité » ? Vit-on dans un « état d'insécurité permanente » ? Nos sociétés se dirigent-elles vers un « sécuritarisme » liberticide ?Ce livre fait le point sur la question de la sécurité aux États-Unis, en Angleterre, en France, en Italie et en Allemagne. Il fait apparaître les évolutions récentes grosses d'une révolution dans le rôle traditionnel de l'État : ainsi le recours croissant aux polices privées ou le rôle dévolu aux autorités locales. Il dresse un bilan contrasté des réformes de la police et de ses méthodes de travail dans différents pays confrontés aux mêmes problèmes : populations acculturées et déshéritées, gestion de villes tentaculaires, relations entre les policiers et les autres professionnels de la paix civile : juges, travailleurs sociaux, médiateurs, élus locaux. Un bilan où se profile notre avenir. Sebastian Roché est directeur de recherche au CNRS. Il enseigne à l'Institut d'études politiques de Grenoble et à l'École nationale supérieure de la police.

  • Faut-il réprimer tous azimuts la délinquance ou bien peut-on en rester à des mesures de prévention ? Désormais, en France, les taux de délinquance rejoignent ceux que connaissent les États-Unis. Dès lors, pourquoi ne pas appliquer dans notre pays la solution américaine : la tolérance zéro ? Mais d'abord, notre politique de prévention est-elle vraiment adaptée ? Peut-on se contenter d'améliorer les conditions sociales et économiques des plus défavorisés ou bien doit-on lutter très tôt contre tous les comportements qui peuvent conduire à la délinquance ? Sebastian Roché propose une réévaluation radicale du « problème de l'insécurité » et il élabore des solutions concrètes. Sebastian Roché, chercheur au CNRS, enseigne à l'Institut d'études politiques de Grenoble. Il est secrétaire général de la Société européenne de criminologie.

  • This book examines the processes for social integration and social cohesion among young people, drawing on data collected from the International Self-Report Delinquency (ISRD) study, which covered 35 studies.This report examines case studies from 5 selected countries (France, Germany, the Netherlands, the United Kingdom, and the United States) to provide an in-depth comparative study.
    Social integration processes are defined by sociologists as the mechanisms through which a society is held together, and populations are transformed into collectivities and communities. They are understood by criminologists to be an important factor in crime prevention, and factors such as peer groups and families are strong determinants of criminal behavior.
    In a time when society, and particularly young people, can seem increasingly fragmented (due to new technologies, rapidly increasing migration, economic inequality, and increased individuation), the researchers in this volume seek to understand whether and how these phenomena affect young people, and how they may have an impact on the development of criminal and antisocial behavior.
    This work will provide a framework for researchers in criminology and criminal justice, particularly with an interest in juveniles, developmental criminology, and crime prevention, as well as related fields such as sociology, social work, and demography.

  • Ce livre tente de cerner ce qui est devenu un problème central de la vie quotidienne de biens des gens : l´insécurité, et le sentiment d´insécurité qui l´accompagne. Il ne concerne pas seulement quelques cités de banlieue, et il n´est pas seulement dû à des bandes de jeunes à la dérive. Il ne s´explique pas seulement par des raisons sociales (chômage, exclusion). Vols, agressions, incivilités de toutes sortes ont connu à partir des années 60 une croissance vertigineuse dans toutes les sociétés riches, où les biens de consommation courante abondent. Tous les lieux publics, de rassemblements ou de passages, sont touchés : rues, transports, écoles, centres commerciaux... Jean-Louis Schlegel a posé à Sebastian Roché les questions les plus simples : qui, où, pourquoi ? Quels auteurs pour quelles victimes ? Que font la police, la justice ? Prévention ou répression ? Surtout : comment contrer l´insécurité ? N´est-il pas urgent de se donner pour objectif une société d´hospitalité, c'est-à-dire une société où l´accueil de tous irait de pair avec des règles à respecter par tous ?

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