• L´époque moderne est une période particulièrement importante dans l´histoire des sciences occidentales.De la Renaissance aux Lumières, on assiste en Europe à une transformation remarquable des pratiques savantes qui se traduit par l´émergence de nouveaux savoirs, dont savants et philosophes, à la fin du XVIIIe siècle, se plairont à dresser l´inventaire, afin d´attester la réalité d´un progrès que nul ne remet alors en question. À ce processus ont contribué tous ceux que l´on tient pour les « pères » de la science moderne : Copernic, Paracelse, Kepler, Galilée, Descartes, Newton, mais aussi Bacon, Pascal, Maupertuis ou Lavoisier. Mais plus qu´à ces « grands hommes » qui focalisent sur eux l´attention des historiens, c´est à l´analyse de cette « révolution » que veut se consacrer cet ouvrage en la resituant au sein d´une configuration globale, aux multiples composantes contextuelles, philosophiques, religieuses, sociales et politiques.

  • A partir du récit de la querelle du vide, qui s'est déroulée en France entre 1654 et 1648, l'auteur met en évidence la complexité historique du processus de constitution de la science moderne, au confluent d'une configuration sociale et d'une configuration intellectuelle spécifiques.

  • Si Fontenelle (1657-1757) est surtout connu comme l'auteur d'un ouvrage de « vulgarisation scientifique », les Entretiens sur la pluralité des mondes (1686), on sait généralement beaucoup moins qu'il a exercé durant plus de quarante ans la fonction de secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, créée par Colbert en 1666. C'est dans le cadre de cette fonction qu'il a rédigé, avec un talent exceptionnel, les Eloges des académiciens décédés et les volumes de l'Histoire de l'Académie royale des sciences, qui constituent les textes fondateurs d'une nouvelle discipline, l'histoire des sciences, que philosophes et savants comme Voltaire, d'Alembert et Condorcet, Montucla et Bailly, pratiqueront à leur tour tout au long du XVIIIe siècle, et dont la pratique s'est depuis lors constamment poursuivie. C'est cette « invention » de l'histoire des sciences que l'ouvrage de Simone Mazauric se propose de reconstituer, en rappelant d'abord les circonstances particulières et tout à fait remarquables de leur composition, au premier rang desquelles figure la fondation des grandes académies scientifiques européennes. Mais aussi et avant tout, cet ouvrage permet de découvrir la manière dont, pour la première fois, cet événement majeur dans l'ordre intellectuel qu'a constitué la naissance de la science moderne en Europe a pu être perçu et interprété par celui dont ses successeurs, même pour s'en distancier, ne cesseront de s'inspirer.

  • L'époque des Lumières se voulut le siècle de la Raison et a reconnu le rôle des passions, comme aiguillon de la connaissance, moteur des actions humaines, ressort de la vie privée tout autant que de la politique. C'est le noeud formé par Raison et passions qui caractérise le mieux ce siècle. Cette confrontation est reconnaissable aujourd'hui dans les principes de notre droit, dans les questions éthiques qui animent médecine et gouvernement, dans les interrogations de nos pratiques esthétiques.

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