• Le monde des mythes révèle une pensée intimement articulée au quotidien. Omniprésents à Athènes, ils surgissent dans tous les espaces du paysage grec pour construire le passé comme le présent politique. Grâce à la mythologie, les Athéniens s'ancrent et se réinventent en permanence. Au banquet, les vases à boire circulent entre les buveurs, entrainant une cohorte d'images qui voyage de main en main. Sur les décrets de l'Assemblée du peuple, c'est Athéna qui, en image, fait écho au texte des hommes. Sur la porte de la maison, le père accroche, à la naissance de son fils, une couronne d'olivier, qui inscrit le nouveau-né dans la communauté de ses frères athéniens. Au théâtre et au tribunal, les mythes dramatisent la condition humaine face aux citoyens assemblés. Quant aux pièces de monnaie athéniennes, frappées de l'effigie d'Athéna et de ses symboles, elles véhiculent parfaitement combien il est difficile de tracer une frontière entre mythe et politique. C'est tout le propos de l'auteur, qui a choisi de retracer une histoire d'Athènes entre mythe et politique, en racontant les discours et les images qui contribuent à façonner les grands enjeux de la cité.  

  • Comme les hommes, les mots ont une histoire. Pour les faire résonner de tout leur sens, il nous faut plonger au coeur de la mythologie et de l'histoire antiques.

    Au-delà des expressions imagées qui nous emportent vers l'Olympe, en compagnie de Zeus, Éros ou Dédale, les cités grecques et l'ancienne Rome sont, de manière générale, les matrices de notre vocabulaire. Que l'on soit provocateur ou stoïque, hypocrite ou ambitieux, laconique ou mystérieux, c'est bien à l'Antiquité que nous nous référons. Celle-ci a façonné notre imaginaire, tissé la toile linguistique de nos sentiments, donné du sens à nos émotions, nos peurs, nos révoltes ou nos revendications politiques.

    S'il peut être évident que la démocratie ou la dictature relève du langage institutionnel de la cité, il est plus surprenant d'apprendre qu'égérie, patibulaire, nostalgie ou panique trouvent leur origine, et donc leur sens profond, dans des concepts antiques. Sonia Darthou nous invite alors, à travers cinquante termes et expressions qui ont valeur de modèle, à voyager dans la mémoire des mots pour aller à la rencontre des hommes.

  • Zeus, Athéna, Poséidon, Hadès, Aphrodite : nous voici au coeur d´une mythologie grecque foisonnante de dieux, de héros et de monstres. Polythéistes, les Grecs ne reconnaissaient pas la prééminence d´un Dieu unique, premier et créateur, mais croyaient en une kyrielle de divinités masculines ou féminines. Ces dieux, organisés en société, avaient des vies très proches de celles des hommes. On racontait leur naissance, ils faisaient la guerre, intriguaient, tombaient amoureux, trahissaient... Mais ces dieux n´étaient pas seulement des figures aux aventures romanesques. Faire croître le blé, calmer la mer, gagner une bataille, guérir, protéger un voyage, accompagner la fondation d´une colonie : la réussite de tous les actes humains relevait des dieux, véritables partenaires du citoyen.
    À travers d´innombrables récits, les mythes racontaient alors la gloire de l´exploit héroïque, la confrontation avec la mort, la puissance de l´amour et les affres de la tentation. Ils exposaient la confiance des mortels en des dieux protecteurs et porteurs de victoire, les dangers de l´orgueil et de la démesure, le destin des femmes entre érotisme, mariage et maternité. Ce sont ces mythes, racontés à travers le portrait des douze dieux Olympiens, que nous explique avec brio Sonia Darthou.

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