• Mais que s'est-il passé ? Après trois décennies d'un parcours de recherche entièrement consacré, dès l'origine, à la violence de guerre, un " objet " imprévu a coupé ma route. On aura compris qu'il s'agit du génocide perpétré contre les Tutsi rwandais entre avril et juillet 1994, au cours duquel huit cent mille victimes au moins ont été tuées, en trois mois. Ce qui se joue ou peut se jouer chez un chercheur, dans l'instant tout d'abord, dans l'après-coup ensuite, constitue l'axe du livre qui va suivre. Car l'objet qui a croisé ma route ne s'est pas contenté de m'arrêter pour un moment : il a subverti, rétroactivement en quelque sorte, toute la gamme de mes intérêts antérieurs. Stéphane Audoin-Rouzeau est directeur d'études à l'EHESS et président du Centre international de recherche de l'Historial de la Grande Guerre (Péronne-Somme). Il est notamment l'auteur au Seuil de Quelle histoire. Un récit de filiation (1914-2014) (2013 et " Points Histoire ", 2015, avec l'ajout d'un texte inédit " Du côté des femmes ") et de Combattre. Une anthropologie historique de la guerre moderne (xixe-xxie siècle) (2008).

  • L'expérience du combat a suscité de nombreux témoignages, mais peu de réflexions approfondies dans le champ des sciences humaines et sociales. Comme si la guerre ' au ras du sol ' était un objet pour eux interdit, rares sont les anthropologues et les historiens à s'y être intéressés, y compris parmi ceux qui portèrent les armes et connurent le feu des batailles (Marcel Mauss, Marc Bloch, Norbert Elias, Edward Evans-Pritchard, Edmund Leach, pour ne citer que les plus célèbres). C'est à partir d'une enquête sur cet étrange silence que Stéphane Audoin-Rouzeau tente de poser les jalons d'une anthropologie historique de la guerre moderne, depuis le début du XIXe siècle jusqu'à l'aube du XXIe. Penser la violence de guerre au plus près du combattant, la placer au centre de l'inverstigation, c'est non seuolement s'efforcer de combler une lacune, mais accepter de la regarder en face, dans ses moindres détails, et s'interroger à nouveaux frais sur la nature profonde de nos sociétés.

  • « L'écriture spécifique d'habitude mise en oeuvre pour parler des combattants des tranchées, des femmes en deuil ou des enfants de la guerre, j'ai tenté de l'appliquer à ceux auxquels, d'une manière ou d'une autre, je tiens. Il se trouve que sur trois générations en demeure une trace écrite.J'ai souhaité rester sur les terres de l'Histoire. Mais celles-ci sont étendues et, dans bien des directions, les frontières deviennent poreuses au point d'être parfois peu discernables : c'est sur ces frontières-là que je me suis déplacé en m'éloignant du plus qu'il m'était possible mais sans perdre tout à fait des yeux mon point d'ancrage. J'espère n'avoir pas franchi les bornes - mais si c'était le cas, je n'en aurais pas trop de regrets. Ce sont les risques de l'expérience.Même si elles s'y apparentent parfois, les pages que l'on va lire ne constituent pas un récit de famille : je m'en suis tenu à ce que la Grande Guerre a fait aux miens, à la manière dont elle a traversé leur existence, quitte à inscrire ses effets au-delà même de leur propre vie. »Stéphane Audoin-Rouzeau

  • Journal incroyable d'une simple paysanne russe, engagée dans l'armée, pendant la guerre de Russie puis les débuts de la guerre civile.  Elle obtient du tsar de créer un bataillon de femmes, pour sauver sa patrie. Mais au moment où les soldats commence à fraterniser avec l´ennemi, gagnés aux idées menchéviques puis bolchéviques, elle s´insurge la débacle et veux continuer le combat, en résistant seule contre tous. Elle échoue malgré de nombreuses tentatives pour galvaniser les troupes, son bataillon se fait massacrer. Elle n´aura qu´une solution : partir en Amérique convaincue que seule l´ami américain peut envoyer des renforts en tant qu´allié. C'est là qu'elle recontre un exilé russe Isaac Levine qui couche sur le papier son récit .Publié en 1924, il était tombé dans l'oubli.Ce récit exceptionnel de cette Jeanne d'Arc russe dans un monde en train de se déliter pourraît apparaître comme un véritable roman si Stéphane Audoin Rouzeau et Nicolas Werth n'en soulignaient pas la véracité et la portée historique.

  • Mais que s'est-il passé ? Après trois décennies d'un parcours de recherche entièrement consacré, dès l'origine, à la violence de guerre, un " objet " imprévu a coupé ma route. On aura compris qu'il s'agit du génocide perpétré contre les Tutsi rwandais entre avril et juillet 1994, au cours duquel huit cent mille victimes au moins ont été tuées, en trois mois. Ce qui se joue ou peut se jouer chez un chercheur, dans l'instant tout d'abord, dans l'après-coup ensuite, constitue l'axe du livre qui va suivre. Car l'objet qui a croisé ma route ne s'est pas contenté de m'arrêter pour un moment : il a subverti, rétroactivement en quelque sorte, toute la gamme de mes intérêts antérieurs. Stéphane Audoin-Rouzeau est directeur d'études à l'EHESS et président du Centre international de recherche de l'Historial de la Grande Guerre (Péronne-Somme). Il est notamment l'auteur au Seuil de Quelle histoire. Un récit de filiation (1914-2014) (2013 et " Points Histoire ", 2015, avec l'ajout d'un texte inédit " Du côté des femmes ") et de Combattre. Une anthropologie historique de la guerre moderne (xixe-xxie siècle) (2008).

  • Découvrez une vision renouvelée de la Grande Guerre. Le conflit est présenté dans tous ses aspects : politiques, militaires, économiques mais aussi quotidiens et humains.
    Un enregistrement dense et émouvant qui permet de comprendre cette fracture brutale qui a orienté dans un sens tragique tout le destin du XXe siècle.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Tandis que disparaissent les derniers combattants, la Grande Guerre nous revient, dans une tout autre lumière, comme la matrice d'où sont sortis tous les désastres du XXe siècle. Romans, films, recueils de lettres et documents, collections d'objets, sites historiques : une curiosité nouvelle s'exprime de la part des jeunes générations pour ce qui apparaît comme l'énigme d'un suicide collectif de l'Europe.
    Du côté historien, c'est une équipe internationale réunie autour d'une expérience de terrain, l'Historial de la Grande Guerre de Péronne, dans la Somme. Stéphane Audouin-Rouzeau et Annette Becker s'en font ici les interprètes et les porte-parole. Il ne s'agit plus de savoir, comme autrefois, qui porte la responsabilité de la guerre ou comment se sont déroulées les opérations, mais d'explorer une culture de la violence, d'analyser un nationalisme de croisade, de mesurer la profondeur d'un deuil peut-être non terminé.
    Il s'opère aujourd'hui sur la guerre de 14 le même type de subversion du regard que sur la Révolution française dix ans plus tôt. Le phénomène mérite attention : en peu d'années, deux des plus gros massifs de l'histoire nationale auront connu ainsi un basculement comparable et, dans des conditions différentes, un renouvellement du même ordre.

  • Entre 1914 et 1918, la Grande Guerre a fauché près de dix millions d'Européens. La mort de masse fut souvent une mort sans sépulture, privant les survivants du corps de ceux qu'ils avaient aimés. Ainsi la Première Guerre mondiale a-t-elle souvent suscité des deuils interminables, dont la trace n'est pas effacée aujourd'hui encore, près d'un siècle après la fin des combats. Cette dimension intime de la perte nous est peu connue et les rares destins individuels que l'on puisse vraiment restituer laissent apparaître que chaque deuil fut unique. Il y eut autant de deuils de guerre, tous irréductiblement différents, qu'il y eut de veuves, d'orphelins, de parents, d'amis composant les cercles de deuils. Ces cinq récits de vies endeuillées dévoilent la spirale de douleur qui se noua autour de chaque mort à la guerre. Ils renvoient aux portraits jaunis conservés dans nos familles, au souvenir des femmes vêtues de noir, à une mémoire de la souffrance pudiquement enfouie : la nôtre.

  • Guerres totales, conventionnelles, de décolonisation... le XXe siècle a connu des conflits qui ont touché des populations civiles dans des proportions inédites. Ces diverses expériences guerrières possèdent-elles une forme d'unicité ou se caractérisent-elles par d'irrémédiables spécificités ? Cinq historiens apportent ici leur contribution.
    Ce volume inaugural - en association avec la Documentation photographique - sur la guerre au XXe siècle, propose la reprise de synthèses, tirés de dossiers de la Documentation photographique et mis à jour par les auteurs lorsque l'état de la recherche le demandait. Il s'agit des dossiers suivants : La guerre d'Algérie ; la guerre au XXe siècle, l'expérience combattante ; la guerre au XXe siècle, l'expérience des civils ; la guerre froide.

  • Les historiens se sont très tôt penchés sur le déroulement et les suites de la Première Guerre mondiale, conflit qui a orienté le destin du XXe siècle tout entier. Les armistices de 1918, les traités de paix et le complexe écheveau territorial qui s'en est suivi, les après-guerres et leurs dynamiques de reconstruction ont ainsi suscité une abondante littérature, aussi remarquable que nécessaire. Elles ne disent pas, cependant, comme les peuples et les nations sont sortis de la Grande Guerre. Une équipe internationale d'historiens, placée sous la direction de Stéphane Audoin-Rouzeau et Christophe Prochasson, interroge dans ce livre le monde de l'après-1918 : pays vainqueurs (France, Grande-Bretagne, États-Unis...), pays vaincus (Allemagne, Autriche, Hongrie), pays libérés (Belgique, Roumanie, Yougoslavie), pays engagés dans de nouveaux conflits, civils ou territoriaux (Russie, Pologne, Turquie, Grèce), enfin colonies et dominions. L'histoire de l'après-1918 est celle d'une démobilisation. Démobilisation effective des combattants et des économies, mais aussi démobilisation culturelle des sociétés : il fallut, après plusieurs années d'investissement collectif dans le conflit, reprendre les relations avec les ennemis d'hier et organiser le retour aux normes, elles-mêmes ébranlées par près de cinq années de guerre. À cela s'est ajoutée une dimension morale, voire psychique, où les commémorations ont joué leur rôle : celle du deuil, collectif, ou familial, de nations touchées par la mort de masse, et celle du traumatisme chez les victimes, militaires ou civiles. À la limite, on ne peut exclure que bien des contemporains du conflit ne soient jamais « sortis » de la Grande Guerre.

    Traduit par Gérard Marino, Elsa Vonau, Guillaume

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