• Blanche, une femme d'une trentaine d'années aux allures de grande dame, arrive dans le quartier français de La Nouvelle-Orléans pour rendre visite à sa soeur Stella. Là, elle découvre que sa cadette a épousé un ouvrier fruste et qu'ils vivent dans un sordide appartement. Après plusieurs semaines de lutte, de résistance, de mensonges, le papillon de nuit qu'elle est s'y brûlera les ailes.
    De cet infernal ménage à trois, composé de " gens ni bons ni méchants, juste d'individus qui ne se comprennent pas les uns les autres " et à jamais incarné au cinéma par Vivien Leigh, Marlon Brando et Kim Hunter, Tennessee Williams a tiré l'une des pièces majeures du XXe siècle, couronnée du prix Pulitzer.

  • Dans un jardin tropical vénéneux et inquiétant, la richissime Mrs Venable tente de convaincre le jeune et très beau docteur Sucre : sa nièce Catherine est coupable, c'est elle qui est responsable de la mort de Sébastien, son fils unique et adoré, décédé dans des circonstances étranges l'été dernier. La sentence exigée par la vieille femme est terrible : une lobotomie pour faire taire Catherine et faire cesser ses insupportables ragots.
    Tennessee Williams convoque ici les thèmes qui lui sont chers : la vieillesse et la beauté des femmes, la folie et son cortège diabolique, tout cela sous un soleil blanc, aveuglant, incandescent, qui donne un charme salé insupportable à cette grande pièce de théâtre.


  • Redécouvrez la version originale de l'oeuvre de Tennessee Williams dans une traduction de Pierre Laville, inédite en poche.

    Il a fallu attendre plus de quarante ans pour voir publiée en France la traduction du texte original de La Chatte sur un toit brûlant, que Tennessee Williams considérait comme sa meilleure oeuvre dramatique et qui lui valut un second prix Pulitzer en 1955. Jusqu'alors, seule la version scénique, modifiée à la demande d'Elia Kazan, était disponible.
    " Dans le sud des États-Unis, au coeur de la propriété d'un des plus riches exploitants d'une plantation de coton, toute une famille se réunit le temps d'une journée autour du chef de clan pour fêter son anniversaire. Hormis la présence de domestiques, d'un médecin et d'un prêtre, le patriarche est entouré des siens : sa femme, ses deux fils Brick et Gooper, accompagnés de leurs femmes respectives, Maggie, surnommée "la chatte', et Mae, enceinte de son sixième enfant. Il fait chaud, les esprits sont à vif, les antagonismes entre les uns et les autres resurgissent peu à peu, le ton monte, et à la fin de la journée le banquet aura tourné au cauchemar. "
    Catherine Fruchon-Toussaint


  • " Les personnages qui traversent ou hantent les onze nouvelles de Tennessee Williams sont tous des êtres singuliers, mais de cette singularité indicible et légère qu'on ne remarque pas forcément. Clochards illuminés, voyous repentis, ils ont en commun de transformer une vie a priori sans éclat en destin magnifique. " Nathalie Agogue, Libération.

    Poètes, vagabonds, criminels, prêtres fous, vierges folles... C'est toujours sur des marginaux, des " maudits ", que se porte le regard de l'auteur d'Un tramway nommé Désir. Pour lui, ce ne sont ni des malades ni des monstres, bien au contraire ; il leur voue une tendresse plus que fraternelle, presque complice. Durant leur vie, les personnages de Tennessee Williams incarnent et poussent à l'extrême tous les conflits sociaux, religieux ou sexuels dont ses frères les hommes lui paraissent menacés ; par leur mort, souvent dramatique, ils résolvent toutes les contradictions du monde - et le purifient.
    Tour à tour violent et poétique, Tennessee Williams nous étonne et nous envoûte par sa grâce et sa sensibilité.

  • " Toute sa vie, Tennessee Williams n'a eu qu'un but, qu'un sujet, qu'une obsession : la flétrissure des êtres. Dans ses pièces, ses nouvelles, ses scénarios, et dans son existence même, il court après cette abjection, et hérisse les censeurs. " François Forestier, L'Obs.

    Le dos de Marlon Brando et la chemise de Baby Doll ont nourri les fantasmes de tant de cinéphiles qu'on en vient à oublier que Tennessee Williams est avant tout un grand écrivain américain, trop négligé en France. Les nouvelles qui composent ce recueil sont en effet des chefs-d'oeuvre de baroque, de tendresse et d'ambiguïté. Des personnages qu'aurait pu dessiner Norman Rockwell y trouvent une fin délicieuse dans des cinémas mal famés et tous les clichés de la littérature du Sud y sont pulvérisés avec une minutieuse et prodigieuse perversité.
    À l'instar de son théâtre - Soudain l'été dernier, La Chatte sur un toit brûlant ou La Nuit de l'iguane -, ses nouvelles sont vénéneuses : l'amour et la haine s'y côtoient et, sous le raffinement, rôde la sauvagerie.

  • Les nouvelles de Tennessee Williams sont ses vrais Mémoires. Tout ce qui lui est arrivé dans sa vie, réelle ou fantasmée, s'y retrouve. C'est particulièrement vrai pour celles qui sont réunies ici et qui datent des années 1970. On s'en convaincra aisément en lisant " Le poulet tueur et la folle honteuse ", histoire d'une initiation gay d'un comique assez irrésistible. Ou, au rayon des fantasmes affectueusement misogynes, " Miss Coynte de Greene " et " Das Wasser ist kalt ", délicieuses comédies autour de femmes attirées par le sexe mâle. C'est que, pour Tennessee Williams, le désir est au coeur de nos existences. Bien plus important et fondamental qu'on se plaît souvent à l'avouer.
    Malgré l'alcool, la maladie, les médicaments et le reste, l'auteur d'Un tramway nommé Désir nous a livré dans ses dernières nouvelles un feu d'artifice à la fois drôle et émouvant et qui - au-delà des excès des personnages - touche juste.

  • La Ménagerie de verre, Un tramway nommé Désir, La Chatte sur un toit brûlant... Tout le monde connaît l'oeuvre de dramaturge de Tennessee Williams, lyrique, exaltée, adaptée au grand écran avec la postérité que l'on sait. Pourtant, en privé, l'homme se définissait avant tout comme un poète, un poète inspiré de la lecture de Keats, Shakespeare, Rilke et Rimbaud. Lorsqu'il publia Dans l'hiver des villes, en 1956, sa célébrité en tant qu'auteur dramatique était déjà telle qu'elle ne pouvait qu'éclipser son oeuvre poétique.
    Aujourd'hui, trente ans après sa mort, on comprend combien sa poésie abreuve tout son travail d'écriture, destiné ou non à être mis en scène. On y reconnaît l'intensité de son expression, son sentiment de solitude, sa compassion. Mais, contrairement à son théâtre qui se voulait exempt de toute thématique ouvertement homosexuelle, son travail poétique lui offre la possibilité de tomber le masque, de faire le récit de ses expériences avec les hommes ou de dire son amour pour Frank Merlo, son compagnon de longue date.
    Publié en français en 1960 dans une édition très parcellaire, Dans l'hiver des villes reparaît enfin dans sa version intégrale, avec une nouvelle traduction, comme restauré à neuf, étincelant de beauté.
    Édition bilingue.

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