• « Et si l'aventure humaine devait échouer... Supposition absurde ? Pensez donc ! L'homme n'occupe-t-il pas le sommet de l'évolution biologique ? N'est-il pas le seul animal dont la tanière s'éclaire la nuit ? Le seul aussi qui soit capable d'avoir une histoire et de l'écrire ? L'antique Serpent nous l'avait promis : Vous serez comme des Dieux... Et la puissance, certes, nous l'avons eue, au moins matérielle. Nous, les rois orgueilleux de la création. Nous les maîtres d'une terre bordée de nuit... Mais aurons-nous un jour la sagesse de respecter la vie ? »

  • Le désert Libyque, le plus aride de tous les déserts, situé de part et d'autre de la frontière égyptolibyenne, est aussi le plus mystérieux. Ses secrets, enfouis sous les sables, captivent les scientifiques dès la fin du XIXe siècle. L'origine inconnue de fragments de verre, dispersés dans la Grande Mer de sable, la recherche de l'oasis perdue, la découverte de vastes dépôts de jarres sont autant d'énigmes qui poussent Théodore Monod à arpenter cette partie orientale du Sahara. Cet ouvrage, placé sous sa direction, décrit le paysage, la faune, la flore, le peuplement préhistorique et l'histoire de l'exploration de ce lieu magique.

  • La Terre est un jardin bordé de nuit. Tels des aveugles nous avançons, mais sûrs de nous, fiers, cruels, consommateurs, assoiffés de profit. Modernes ?
    Que restera-t-il à nos enfants de cette oasis si humaine ? Seront-ils seulement là pour contempler nos méfaits ? Verront-ils, comme nous, les fleurs, le désert, le ciel aux mille étoiles, la vie menacée, la guerre ?
    Théodore Monod - qui avait seize ans quand les cloches de France sonnèrent la paix en 1918 - nous offre une méditation lucide et pleine d'espoir. Il se bat aujourd'hui comme il l'a toujours fait. Et nous dit : ne mourons pas résignés devant nos ordinateurs. Dans le silence. Dans nos lits. Battons-nous. Cherchons le beau, le vrai. Ayons enfin le courage des larmes. Et révérons la vie.

  • L'auteur, naturaliste et ethnologue, nous livre les impressions de son deuxième voyage en Afrique, en 1925. En parcourant le Cameroun, le Tchad, le Sénégal, il réalisa 59 aquarelles reproduites ici.

  • Extrait
    PRÉFACE
    Avant d’affronter en l’an 2000 le plus secret, le plus définitif et le plus mystérieux des voyages, celui qui mène à l’autre rive de la vie, Théodore Monod, comme pour prendre des forces, s’offre une nouvelle aventure. Une dernière pour la route !
    Il a comme toujours un problème à régler, une énigme à résoudre, une histoire à conclure. Cette fois, le temps presse.
    Le cinéaste-voyageur Maximilien Dauber lui propose l’occasion inespérée d’une folle équipée en plein désert, son biotope préféré. Sans hésiter, il est partant. Et c’est parti.
    Voici donc le récit de la juvénile impatience d’un vieux savant, habité par la métaphysique d’un Graal botanique, où l’objet du désir légitime tous les moyens de le chercher. Ici, une petite fleur dans un désert, comme une aiguille dans une meule de foin !
    La petite fleur, unique exemplaire au monde, a été recueillie en 1940 sous les fougères d’une paroi suintante. On l’a appelée Monodiella. En 1996, il faut la retrouver.
    S’élance alors à sa recherche une expédition à risque, où le plus motivé, le plus enthousiaste et le plus érudit des participants n’a que 94 ans. C’est Théodore Monod, ichtyologue toujours prêt à prendre la mer, géologue avide de terres arides, botaniste passionné, naturaliste plus stimulé par l’appétit de chercher que par la satisfaction de trouver.
    À cet âge, dans les éboulis du Tibesti, quand le corps suit encore, l’esprit jubile. Après des dizaines de traversées à chameau, cette fois en pleine expédition motorisée, le « professeur Monod » se souvient de l’authenticité saharienne : le sable, le dromadaire et le temps, qui gagne au désert en densité.
    Ainsi, le récit au jour le jour que nous fait Maximilien Dauber des péripéties du trajet, accompagné du journal parlé de Théodore, dont nous savourons la fidèle transcription, est un hymne à la volonté, une célébration du voyage, un salut à la mémoire des épopées sahariennes et une leçon d’optimisme, où l’échec scientifique est aussitôt relayé par l’espérance d’une nouvelle expédition.

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