• Le présent ouvrage propose une étude systématique de deux indéfinis en khmer contemporain : naa et ??y. L'indéfinition exprimée par ces deux unités correspond à la non individuation des éléments sur lesquels elles portent. Avec naa, non individuation signifie qu'il y a mise en suspens d'une distinction première, tandis qu'avec ??y les éléments sont considérés en deçà de toute distinction. Autrement dit, ??y met en jeu une classe d'éléments sans qu'aucun d'entre eux ne soit distingué. Chaque emploi de ces deux unités est décrit à la fois du point de vue de la sémantique propre à l'indéfini et de celui des propriétés de la séquence où il apparaît : propriétés lexicales des N, statut modal du prédicat, relations intersubjectives. Outre la question sur le concept d'indéfinition, cette étude de ces deux marqueurs du khmer constitue un lieu de questionnement sur deux autres faits linguistiques observés : d'un côté, les rapports entre la détermination nominale et la détermination discursive et, de l'autre, les différences et affinités existant entre certaines formes d'interrogations partielles et les indéfinis, qui se retrouvent également dans les langues voisines du khmer, le siamois, le lao et le vietnamien.

  • Temporalités khmères Nouv.

    Dans un précédent volume dont ce livre est en partie la continuation, une série d'enquêtes linguistiques, ethnographiques et historiques illustrait certains aspects des représentations du passé chez les Khmers, tandis que des spécialistes d'autres aires culturelles que l'Asie du Sud-Est apportaient un contre-point comparatif pour chacune des disciplines concernées. Ce premier jalon amenait à questionner plus avant la notion de temporalité. Le prisme comparatif retenu à nouveau dans cet ouvrage fait fond sur une double perspective insulaire et péninsulaire, celle de terres encerclées ou bordées par la mer. Aux propos concernant le royaume khmer, luimême lové au coeur de la péninsule indochinoise, il appose ceux de spécialistes de la péninsule indienne, des îles insulindiennes, japonaises, papoues et malgache. Cette juxtaposition, qui étonnera peut-être, s'inscrit toutefois dans une tradition historiographique, celle des conceptualisations de l'aire culturelle sud-est asiatique, dans laquelle, de Paul Mus à Denys Lombard, l'au-delà des mers tient un rôle décisif dans l'appréhension des civilisations qui s'y nouent, entre océan Indien et mer de Chine.

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