• Le premier défi de la démocratie est de donner le «goût de lavenir» (Alexis de Tocqueville), de générer lenthousiasme qui poussera les jeunes desprit à progresser deux-mêmes vers de nouvelles quêtes de sens et de savoir, à renouveler peut-être surtout, dans le contexte des nouvelles connaissances et dune prise de conscience accrue des richesses des différentes cultures, les questions que lon appelle «ultimes et les plus hautes», pour citer Husserl, celles que la science exclut par principe et qui sont pourtant «les questions les plus brûlantes», portant «sur le sens ou sur labsence de sens de toute cette existence humaine». Le simple mot question évoque d'emblée le vieux français queste, c'est-à-dire la quête, du latin quaerere, «rechercher», «aimer»; il traduit le désir de voir et de savoir, impliquant du coup les deux dimensions à la fois les plus essentielles et les plus grandes de notre être proprement humain, la capacité daimer et celle de penser. Une éducation qui exclurait, comme tranchées davance, ces questions ultimes, ne serait nullement à la hauteur de lhumain. Les essais composant ce livre explorent six dentre elles, à savoir la dignité humaine, lintelligence, la liberté, le bonheur, la mort et la beauté.

  • Cet ouvrage tire parti des savoirs nouveaux, ainsi que des immenses richesses héritées de la tradition, en ce domaine fondamental entre tous qu´est l´éducation, afin de dégager des éléments de solution, ou, mieux encore, de prévention, à ces problèmes. Il se découpe en treize leçons rédigées en un style plus direct que les autres ouvrages que Thomas De Koninck a consacré à l´éducation et à la culture, dans l´espoir de contribuer de manière certes très modeste, mais peut-être plus efficace, à bâtir l´avenir de nos jeunes.

  • On l'a remarqué avec justesse, nos gains inouïs de connaissance se paient en gains inouïs d'ignorance. Plus indispensable que jamais, la philosophie est donc appelée à critiquer inlassablement les réductions et les abstractions pour reconduire au concret, en particulier à la question du sens et à l'être le plus concret et le plus complexe qui soit en ce monde, l'être humain.

  • Si les problèmes de société et les problèmes politiques s'avèrent de plus en plus complexes, au sens de "tissés ensemble", le déploiement des connaissances va dans le sens opposé, suivant des labyrinthes de plus en plus spécialisés, fragmentés, détachés du tout. C'est assez dire l'importance accrue de la philosophie, qui a, depuis toujours, affaire au tout de la réalité.

    La philosophie ne sert à rien, en ce sens qu'elle ne sert rien de particulier. Elle est libre, autonome. À quoi sert la philosophie? À ce compte, à quoi sert la musique? Ou, sur un autre registre, à quoi sert la santé? Toutes servent l'être humain. La différence est qu'elles le servent tout entier. Et dans le cas de la philosophie, c'est la vie proprement humaine en toutes ses dimensions qui est servie.

  • Il faut remercier tout particulièrement Stéphanie Grimard et Valérie Roberge, toutes deux étudiantes diplômées à la Faculté de philosophie de l'Université Laval, pour les précieuses heures de travail qu'elles ont dépensées avec tant de générosité et de compétence à mettre sur pied ce fort volume des OEuvres de Charles De Koninck, entièrement consacré à la Vierge Marie. La tâche leur incombait de rassembler, en un seul, trois livres de théologie mariale de teneur très différente. Le premier, Ego Sapientia... : la sagesse qui est Marie, a davantage le caractère d'une méditation d'ordre mystique. Le second, La Piété du fils, concerne l'Assomption du corps de Marie, en se concentrant sur la mort de Marie et plus particulièrement, pour des raisons qu'on verra, sur l'instant de sa mort. C'est le plus strictement philosophique et le plus difficile d'accès des trois. Tout en demeurant conscient, avec regret, de cette difficulté, Charles De Koninck le considérait comme un de ses travaux les plus importants. Le troisième, intitulé Le Scandale de la médiation, prend la défense de Marie contre celles et ceux qui sont portés à réduire à une forme d'idolâtrie la reconnaissance de son titre de médiatrice.
    Les bons pédagogues savent faire en sorte qu'on ait le sentiment d'avoir découvert par nous-mêmes ce qu'ils entendent nous faire voir - quasi inveniendum, écrivait Quintilien, décrivant leur effet sur les auditeurs ou lecteurs. Stéphanie Grimard et Valérie Roberge possèdent cet art et nous en font tirer profit dans leur introduction, en posant avec finesse et précision, pour nous comme pour elles-mêmes, la question « Qui est Marie ? » Étant donné que cette question traverse et unifie à la fois les trois livres qui suivent, elles ne pouvaient mieux faire pressentir le vif de l'ouvrage aux lectrices et aux lecteurs.

    Thomas De Koninck

  • Voici donc le tome IV et le septième et dernier volume de notre réédition des OEuvres de Charles De Koninck. Des inédits de première importance ont déjà fait surface en d'autres volumes, mais les Archives Charles-De Koninck en recélaient encore plusieurs autres. 
    Dans la première partie, en introduction aux inédits, l'analyse détaillée de Maxime Valcourt-Blouin permettra aux lectrices et aux lecteurs de mieux saisir les tenants et aboutissants des textes retenus par lui, de leurs circonstances et de leur portée philosophique. 
    La seconde partie du volume est constituée de témoignages, nommément ceux de mon frère Rodolphe, de son ancien étudiant Jacques Vallée et de son ancien professeur le Père Matthijs. Il sera vite évident qu'un point focal de ces trois témoignages est la mort subite de Charles De Koninck à Rome le samedi 13 février 1965, à la suite d'un malaise cardiaque, à l'âge de 58 ans. 
    Thomas De Koninck 

  • La beauté en question est la beauté dite morale dont relève notre responsabilité de protéger. Aussi, nous proposons la dignité à titre de nouveau paradigme pour penser, orienter et imprégner les actions visant à préserver les écosystèmes mondiaux et assainir les relations humaines concernées, car la dignité est la cause la plus fondamentale de toute action d'aide et parce que le respect de « la dignité inhérente à tous les mem­bres de la famille humaine », telle qu'énoncée dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, appelle au respect de notre oikos (« habitat ») auquel renvoie le mot « écologie », bref de notre « maison commune ».

  • Ce colloque a eu pour objectif de proposer la dignité à titre de nouveau paradigme pour penser, orienter et imprégner les actions visant à préserver les écosystèmes mondiaux et à assainir les relations humaines concernées. Nous avons tenté de montrer que le respect de « la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine », telle qu'elle a été rappelée dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, appelle au respect de notre oikos (« habitat ») auquel renvoie le mot « écologie », bref de notre « maison commune ». Il importait aussi de s'éveiller encore plus à notre dignité d'agents libres, en vertu de laquelle nous avons à répondre de nos choix et de nos actes. Ceux-ci affectent tant la nature qu'autrui, à commencer par celles et ceux qui sont les plus immédiatement exposés à la grave dégradation actuelle du Nord, notamment les Autochtones du Canada. Nous osons penser que la sagesse des peuples autochtones, qui rend témoignage à la dignité de la nature elle-même, nous invite à redéfinir les rapports de l'être humain à son environnement et à dépasser le paradigme technocratique inféodé au profit à court terme.

  • Les deux grands philosophes se sont interrogés sur la question fondamentale de la philosophie : qu'est-ce que Dieu? Mais la réponse de Hegel ne recouvre pas parfaitement celle d'Aristote.

  • Ce colloque a eu pour objectif de proposer la dignité à titre de nouveau paradigme pour penser, orienter et imprégner les actions visant à préserver les écosystèmes mondiaux et à assainir les relations humaines concernées. Nous avons tenté de montrer que le respect de la "dignité humaine à tous les membres de la famille humaine", telle qu'elle a été rappelée dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, appelle au respect de notre oikos ("habitat") auquel renvoie le mot "écologie", bref de notre "maison commune". Il importait aussi de s'éveiller encore plus à notre dignité d'agents libres, en vertu de laquelle nous avons à répondre de nos choix et de nos actes. Ceux-ci affectent tant la nature qu'autrui, à commencer par celles et ceux qui sont les plus immédiatement exposés à la grave dégradation actuelle du Nord, notamment les autochtones du Canada. Nous osons penser qe la sagesse des peuples autochtones, qui rend témoignage à la dignité de la nature elle-même, nous invite à redéfinir les rapports de l'être humain à son environnement et à dépasser le paradigme technocratique inféodé au profit à court terme.

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