• Après vingt ans de croissance mais aussi de perte des espoirs de la Libération, le mouvement de Mai mit en cause un type de société et de culture. Il ne fut pas seulement un mouvement de révolte et de rupture : il annonça l'entrée de la culture dans le champ politique et la fin de la séparation entre vie publique et vie privée. Mais cette signification centrale de son action fut en partie cachée par lui-même : alors qu'il ouvrait sur l'avenir, il recourut à des mots et à une idéologie hérités du passé. Il y a trente ans, comme aujourd'hui encore, s'opposent, parmi les contestataires de l'ordre établi, ceux qui en appellent à un État interventionniste ou révolutionnaire et ceux qui veulent reconstruire l'action politique sur un nouvel état des protestations sociales et des demandes culturelles. Mais le message de Mai peut être mieux compris aujourd'hui, au moment où nous sortons d'une longue période de refus de l'avenir pendant laquelle ne pouvaient s'opposer qu'un libéralisme brutal et la défense corporative d'intérêts acquis. Nous comprenons mieux l'importance d'un mouvement qui a modifié presque tous les aspects de notre vie collective.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Un livre fondateur, qui rompt avec les images classiques de la société forgées par le discours sociologique traditionnel. Ni objet naturel, cristallin ou liquide, ni système en changement permanent, la société est l'espace où agissent et interviennent les mouvements sociaux. La Voix et le Regard rend compte de cette conception dynamique et, parallèlement, élabore une méthode, l'intervention sociologique, pour répondre aux besoins de ce qui s'affirme désormais une sociologie de l'action.

  • La société de communication et ses acteurs Nouv.

    Les femmes, les migrants. Deux acteurs fondamentaux de la société de communication dans laquelle nous entrons sans toujours bien comprendre ce qui nous arrive. Finie la bonne vieille lutte des classes, finis les conflits hérités de la société industrielle, place au Sujet évoluant dans la société globalisée, capable de création et de transformation de son environnement, place à la revendication universelle des droits.

    Les femmes, en nous libérant du règne de la raison masculine, tiennent une place éminente dans ce passage. Mais les migrants aussi, puisque seule la reconnaissance de leurs droits nous libérera de l'héritage colonial.

    Bien sûr, cette dynamique d'entrée dans le monde nouveau n'opère pas sans secousses, et le risque est grand de voir la démocratie débordée par les crispations sexistes, la haine de l'autre et le sentiment d'exclusion dont se nourrissent les populismes. À nous de contrer ces vents mauvais en consacrant toutes nos forces à l'éducation et à la recherche, à la réduction des inégalités, à la démocratisation du travail, à la décentralisation de l'administration , en ne cédant jamais sur l'affirmation de la dignité de chaque être humain, d'où qu'il vienne et où qu'il aille. Bref, en nous engageant sans réserve sur la voie de la subjectivation, qui est tout à la fois la condition et le propre de la société de communication.

  • Nous sommes, depuis la crise financière, confrontés à cette évidence : avec la décomposition du capitalisme industriel, toutes les institutions sociales, la famille, l'école, la ville, les systèmes de protection et de contrôle social, l'entreprise, la politique elle-même perdent leur sens. Que se passe-t-il pour que les piliers de nos sociétés démocratiques se dérobent ainsi quand la globalisation du monde appellerait leur renforcement ?Loin de céder à la peur du chaos qui accompagne et accélère le déclin, cet ouvrage s'efforce d'unir le récit d'une fin et l'annonce d'un commencement : celui d'un autre type de vie collective et individuelle fondé sur la défense des droits humains universels contre toutes les logiques d'intérêt et de pouvoir. À travers leurs revendications éthiques, les militants du Printemps arabe ou d'Occupy Wall Street, les indignados de la Puerta del Sol, les nouveaux dissidents chinois, les étudiants chiliens ou, plus généralement, le mouvement des femmes et des minorités sexuelles comme l'écologie politique fraient les voies de l'ère post-sociale et post-historique dans laquelle nous entrons.À charge pour nous d'apprendre à quelles conditions le sujet de droits que chacun peut invoquer est susceptible de se faire l'acteur d'expériences entièrement nouvelles, où le capitalisme financier, devenu sauvage aujourd'hui, pourrait être à nouveau contrôlé.Sociologue de renommée internationale, Alain Touraine a publié en un demi-siècle de carrière une quarantaine de livres. La Fin des sociétés marque le couronnement théorique de son oeuvre.

  • Plaidoyer pour une plus grande liberté et pour le respect accru de la volonté des personnes, cet ouvrage présente la bioéthique d'une façon concrète, pratique et accessible à tous.

     La bioéthique est née des progrès médicaux d'une part et de la nécessité de se prémunir contre toute répétition des horreurs pratiquées par les expérimentateurs nazis d'autre part. Cela a conduit à des règles très diversement définies dans les différents pays. La France est sous un régime éthique caractérisé par un dirigisme important et des responsabilités confiées essentiellement aux professionnels. Dans ce livre, il est proposé d'ouvrir un peu plus le champ de la responsabilisation individuelle, de privilégier les droits du malade et d'accroître le respect de la liberté (encadrée) de chacun. En pratique, cela implique notamment moins de restriction dans la procréation médicalement assistée et dans la possibilité pour les malades en fin de vie de choisir la modalité de leur mort.

  • Contre un économisme brutal qui menace d'en finir avec les sciences sociales, c'est de l'idée de modernité qu'Alain Touraine nous invite à repartir pour penser notre époque. Il s'agit d'abord de reconstruire une conception de l'action sociale fondée sur l'être historique de l'homme issu de la modernité, l'homme capable, par l'expérience et l'exercice de la volonté, de transformer son environnement social et la condition humaine elle-même.
    Il s'agit ensuite de concentrer l'attention sur la société nouvelle qui prend, sous nos yeux, la place de la vieille société industrielle. Or, là où certains n'aperçoivent qu'une chute de notre vieux monde dans la postmodernité, Alain Touraine met au contraire en évidence son entrée dans l'hypermodernité, avancée qui recèle, certes, de terribles périls attachés aux nouvelles formes de domination, mais qui est porteuse aussi de nouveaux mouvements sociaux affirmant plus directement que par le passé les droits des Sujets humains.
    Il donne, ce faisant, la mesure de l'importance des mouvements de libération des femmes et désigne la question de l'accueil ou du rejet des populations issues de cultures différentes comme l'enjeu principal des politiques nationales.
    ¿Fondamentalement, et à rebours du fatalisme économique de ceux qui gouvernent la planète, Alain Touraine entreprend d'associer réélaboration des objets centraux de l'analyse sociologique et connaissance du monde pour redonner vie aux mouvements de libération.

  • "Comment la crise économique que nous traversons agit-elle sur les tendances à long terme qui transforment nos sociétés ? Comment entrevoir ce qui nous attend lorsque nous en sortirons ? Telles sont les deux questions autour desquelles se noue l'essai le

  • La globalisation est la plus importante transformation survenue dans le monde depuis la chute du communisme. Et, dans ce contexte nouveau, nous sentons bien que le vieux clivage gauche/droite n'opère plus. Non pas qu'il n'y aurait plus de gauche ni de droite, mais parce que la vie dans chaque pays est aujourd'hui commandée par l'état général du monde et que, du coup, la contradiction principale oppose désormais ceux qui acceptent de se projeter dans le monde globalisé et ceux qui résistent de toutes leurs forces à cette perspective. Mais comment s'y retrouver et assumer son devoir civique quand les repères sont brouillés à ce point ? Pour nous aider à entrer de plain-pied dans le « nouveau siècle politique », Alain Touraine, à la veille d'échéances cruciales en France et dans le monde, revisite, à l'intention des électeurs de demain, les grandes questions sur lesquelles ils devront se prononcer à partir de ce point de vue neuf : la question nationale, la question religieuse (et la laïcité), la lutte anti-terroriste, la question écologique. L'enjeu est d'importance : si nous acceptons de nous confronter à la politique dans la pleine conscience que nous sommes entrés dans un monde nouveau, nous donnerons aux citoyens actifs que nous serons redevenus une chance de se faire entendre en résistant aux forces de la technologie, du profit et de la propagande de masse.

  • Après avoir analysé, dans La Fin des sociétés (2013), le déclin des sociétés industrielles et le délitement de leurs piliers, Alain Touraine élabore dans cet ouvrage une nouvelle pensée sociale capable d'appréhender le monde qui leur succède. Les promesses de la globalisation et du développement des technologies de l'information sont aussi vastes que sont grands les obstacles à leur réalisation. Alors que nous prenons de plus en plus conscience du droit inaliénable au respect de la dignité humaine, nous nous heurtons dans nos pays à la puissance d'un capitalisme financier déconnecté de l'économie productive et, ailleurs dans le monde, à des régimes tyranniques ou totalitaires qui menacent de dominer la sphère de la subjectivité autant que celle des ressources matérielles. Si notre capacité de nous transformer nous-mêmes et d'agir sur notre environnement n'a jamais été aussi forte, le potentiel de destruction de l'humanité apparaît simultanément inégalé. Face à ces enjeux décisifs auxquels l'indignation ne peut à elle seule répondre, Alain Touraine en appelle à la mobilisation de nouveaux acteurs susceptibles de remplacer les mouvements sociaux dont les conflits structuraient les sociétés industrielles. À la fois éthiques et démocratiques, ils doivent se faire les défenseurs des droits fondamentaux du sujet humain pour combattre des formes de pouvoir dont l'emprise se révèle de plus en plus totale.Sociologue de renommée internationale, Alain Touraine a publié en un demi-siècle de carrière une quarantaine de livres.

  • Quel rapport entre la prière chrétienne et la philosophie ? Apparemment aucun. Pourtant, « la foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité» (Jean-Paul II, Fides et ratio). C'est le chemin de Claude Tresmontant philosophe, laïc vivant dans le monde, homme de la recherche, et penseur catholique. Claude Tresmontant n'a guère écrit sur la prière. Il n'était pas un « auteur» ou un « maître spirituel ». Il fut un enseignant de philosophie à la Sorbonne, un chercheur de la Vérité. Pour la trouver, il insistait sur l'analyse rationnelle des faits, et sur la lumière ultime qu'est le Christ Jésus. Mais son oeuvre philosophique fut portée par la contemplation, l'adoration de « l'unique Incréé ». Par surcroît, sa recherche métaphysique de la Vérité intégrale fut un « itinéraire de l'esprit en Dieu ». Toute son oeuvre, sa parole et son écriture, ouvrent à la prière, à la contemplation, à la ferveur sobre et pleine de pudeur vis-à-vis de Celui qui est « l'Homme véritable uni à Dieu véritable ». Sans jamais chercher à séduire ni se plier aux idées reçues, il permettait à ses auditeurs et permettra à ses lecteurs de trouver ou de retrouver la prière chrétienne. Yves Tourenne est entré chez les franciscains à la suite de sa conversion. Docteur en théologie et en philosophie, il a enseigné la philosophie au Centre Sèvres à Paris et enseigne désormais au séminaire de Bayonne.

  • Penser autrement

    Alain Touraine

    • Fayard
    • 3 Octobre 2007

    Après avoir étudié, dans ses livres précédents, les grands changements qui ont transformé notre vie personnelle et collective, Alain Touraine choisit ici de se consacrer à la nécessaire transformation de notre manière de penser ces changements. Car l´idée même de société est en crise : la mondialisation sous toutes ses formes, les désirs libérés des interdits ont entraîné l´écroulement de l´édifice social. La définition du bien et du mal dans notre société n´est plus du ressort des institutions ; la conscience de soi l´emporte sur la conscience des règles : le sujet devient créateur de lui-même. À partir d´une critique de ce qu´il nomme le Discours interprétatif dominant, qui a cherché à imposer, tout au long du XXe siècle, l´idée d´une société sans acteurs, soumise à des déterminismes surtout économiques, Alain Touraine invite le lecteur à découvrir que le seul principe permettant d´évaluer les conduites de chacun et les situations sociales est la reconnaissance des droits, politiques, sociaux et culturels, de tous les êtres humains, reconnus comme des êtres libres et égaux. Il appelle à repenser l´individu en tant que sujet, clé de voûte d´une sociologie reconstruite. Là où certains dénoncent l´individualisme, l´auteur vante la subjectivation, qui passe par la défense des droits de chacun contre tous les modes d´intégration sociale. L´unité des conduites sociales n´est plus imposée par la société ou la culture, mais par le sujet, porteur de droits universels vécus dans des situations sociales et culturelles particulières. La dépendance des femmes, le rejet des minorités et les difficultés des jeunes à l´école et au travail sont les trois principaux domaines de la vie sociale dans lesquels le retournement nécessaire de la pensée sociale que propose Alain Touraine trouve ses champs d´application.

  • Voici un ouvrage original par son propos comme par sa facture. Le grand sociologue Alain Touraine propose une grille de lecture de la société française, à laquelle la responsable politique Ségolène Royal réplique, thème par thème, discutant la pertinence de l'analyse et en tirant des conclusions politiques.

    Ces « rencontres » intellectuelles, ce va-et-vient, par courts chapitres où alternent les textes de chaque co-auteur, entre l'approche théorique des bouleversements engendrés par la mondialisation et la traduction pratique, concrète, tangible, dans la sphère politique, nourrissent un ouvrage de fond qui apporte, une fois n'est pas coutume, une véritable valeur-ajoutée à l'intelligence de la nouvelle France.

  • La métaphysique n'est pas quelque chose de mystique, ni de magique, ni d'irrationnel. La métaphysique est tout simplement l'analyse logique complète, intégrale, du donné de notre expérience. Il s'agit tout simplement de s'instruire en ce qui concerne ce qui est donné dans notre expérience, dans toute notre expérience, et de s'efforcer de raisonner correctement. A l'opposé du nominalisme, Claude Tresmontant jugeait que le choix préalable de la démarche des sciences expérimentales inaugurée par Aristote peut seul nous prémunir contre ce risque de croire que nos idées sont des réalités, quand, dans les faits, elles ne sont le plus souvent que des constructions sans objet, ce qui est la mort de la philosophie. Il s'est toujours efforcé d'analyser les problèmes de manière rationnelle en partant de la réalité donnée objectivement dans l'expérience. Et au coeur de cette expérience, celle du peuple hébreu et la langue dont elle est le compte-rendu ont, dans la genèse de sa pensée, une fonction originelle et décisive. Une oeuvre magistrale, ouverte et décisive pour l'avenir de la pensée...

  • Les itinéraires rassemblés dans cet ouvrage, ces "histoires" mises bout à bout, dessinent un paysage intellectuel, une gestalt, un contexte à partir duquel on voit émerger, au-delà de la présentation des auteurs, des questions théoriques, des objets de connaissance, des débats épistémologiques.

  • Les thèmes politiques et moraux n'appellent pas nécessairement l'écriture de livres compacts, de traités systématiques. Alain Touraine et Farhad Khosrokhavar adoptent ici la démarche inverse, celle du dialogue. Elle permet à Alain Touraine de pousser sa réflexion sur le sujet, travail qu'il avait initié dans Critique de la modernité (1992) et Pourrons-nous vivre ensemble ? (1997). Farhad Khosrokhavar l'accompagne dans sa réflexion, n'hésitant jamais à exprimer réserves et inquiétudes.
    L'un et l'autre constatent que, face aux philosophies de l'histoire en ruines, à la pression de l'intérêt personnel et à l'autosatisfaction des tenants de l'ordre économique, l'individu d'aujourd'hui, pour retrouver le sens de sa vie, se tourne délibérément vers lui-même - et non plus vers le passé, l'avenir ou le présent comme ce fut longtemps le cas. C'est en lui qu'il découvre le désir de se construire comme sujet de sa propre existence. Dès lors, l'action collective s'incarne dans des mouvements plus culturels que sociaux.
    On l'aura compris, c'est plus de l'individu que de la société dont parlent ici les sociologues, hantés par une question qui traverse tout le livre : la recherche de soi peut-elle nous apprendre à vivre ?

    Alain Touraine et Farhad Khosrokhavar sont directeurs d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales et chercheurs au Centre d'analyse et d'intervention sociologiques (CADIS), fondé par le premier.

  • Un an après le vote de la loi sur le foulard islamique, il convient de faire le point. Fallait-il voter cette loi ? A-t-elle réglé les problèmes ? Deux auteurs bien connus ont choisi d´en débattre : Alain Touraine, sociologue, a fait partie de la commission Stasi dont le rapport a été à l´origine de la loi ; Alain Renaut, professeur de philosophie politique, est connu pour ses prises de position en faveur d´un multiculturalisme raisonné. Ils partagent les mêmes valeurs républicaines. Mais ils divergent sur les moyens à employer pour faire face à la montée du fondamentalisme musulman, sur les moyens de reconnaître les droits des minorités culturelles, sur le rôle de l´école.

    Alain Renaut est fondamentalement opposé à la loi et, d´une façon générale, très critique à l´égard de la politique française en matière de reconnaissance de la diversité culturelle. Alain Touraine continue de défendre la loi sur le foulard, dont il pense qu´elle a servi à marquer un cran d´arrêt dans la pénétration des fondamentalistes.

  • La critique de la modernité

    Alain Touraine

    • Fayard
    • 23 Septembre 1992

    L'Occident a longtemps cru que la modernité était le triomphe de la raison, la destruction des traditions, des appartenances, des croyances, la colonisation du vécu par le calcul. Mais, aujourd'hui, toutes les catégories qui avaient été soumises à l'élite éclairée, travailleurs et colonisés, femmes et enfants, se sont révoltées et refusent d'appeler moderne un monde qui ne reconnaît pas à la fois leur expérience particulière et leur accès à l'universel. De sorte que ceux qui s'identifient à la raison apparaissent désormais comme les défenseurs d'un pouvoir arbitraire. Faut-il renverser leur domination et reconnaître une diversité sans limite des expériences vécues et des traditions? Mais ce différencialisme extrême porte en lui l'intolérance, le racisme, les guerres de religion. Et la fuite dans le postmodernisme ne découvre que l'épuisement de l'idéologie qui identifiait la modernité à la rationalisation. Il faut reconstruire la modernité, d'abord en revenant à ses origines. Dès le début, dès la rupture entre la Renaissance et la Réforme, elle a rompu l'unité du monde ancien, à la fois rationnel et sacré. Elle a chargé la raison de découvrir les lois du monde, et la conscience de faire apparaître un sujet qui n'était plus divin mais humain. Ce dualisme de la modernité, présent chez Descartes comme dans la Déclaration des Droits de l'Homme, a été détruit par l'orgueil de la philosophie des Lumières et des philosophes de l'histoire. Maintenant que le règne de la raison conquérante s'est achevé, renversé par Nietzsche et par Freud, mais aussi par la consommation de masse et les nationalismes, il faut écouter la voix du sujet, qui n'est pas introspection mais lutte pour la liberté contre la logique de la marchandise et du pouvoir, qui est volonté de l'individu et du groupe d'être acteurs de leur vie, mais aussi mémoire et appartenance. La modernité est faite des complémentarités et des oppositions entre le travail de la raison, la libération du sujet et l'enracinement dans un corps et dans une culture. Ce livre marque une nouvelle étape majeure, après Sociologie de l'action et Production de la société, dans la réflexion d'Alain Touraine.

  • Notre société est-elle encore capable d'agir sur elle-même, de générer des idées et des politiques économiques et sociales ou s'enferme-t'elle dans une crise sans fin ? D'un côté, les libéraux nous conseillent de renoncer à construire un avenir volontariste et de nous laisser guider par le marché. De l'autre, l'ultra-gauche se contente de dénoncer la domination et de parler au nom de victimes réduites à l'impuissance. Au centre, beaucoup, autrefois de gauche, prenant acte du vide et de la confusion qui règne sur la scène sociale, ne croient plus qu'à la défense des institutions républicaines, synonyme, ou peu s'en faut, d'ordre et de discipline. J'ai écrit ce livre contre ces trois manières de proclamer, d'accepter, de renforcer le vide social. Sortir du libéralisme ? Rien n'est plus urgent. Mais il y a les bonnes et les mauvaises manières de le faire. La voie que j'emprunte ici passe par l'identification et la reconnaissance de nouveaux acteurs, qui cherchent avant tout à faire reconnaître leurs droits culturels et qui peuvent, sans perdre leur indépendance, régénérer l'action politique. Il est grand temps de redéfinir, au-delà de la puissance déchaînée des marchés et des communautarismes extrêmes, une politique du possible et d'obtenir de chacun l'acceptation de l'identité et des projets des autres, regardés comme égaux et différents.

  • Le Laboratoire de Sociologie Industrielle de l'École Pratique des Hautes Études (VIe section) a été créé en 1958. Son but est d'étudier directement les conditions de travail et les attitudes des travailleurs industriels, ainsi que les mouvements sociaux auxquels ils participent. Chacun des mémoires qu'il publiera présentera des recherches concrètes. Mais son ambition est que chaque observation, loin d'être monographique, contribue à l'élaboration de principes généraux d'analyse, refusant ainsi d'accepter la dangereuse séparation de la recherche « empirique » et de la spéculation « théorique ». Aux mémoires, qui présentent les recherches effectuées par le laboratoire, s'ajouteront des publications plus générales, présentant l'état actuel des divers domaines de la sociologie du travail. A mi-chemin des articles et des ouvrages d'ensemble, ces mémoires chercheront à faire connaître les intentions, le mouvement et les méthodes de la recherche. Dans les prochaines publications, B. Mottez suivra l'évolution des systèmes de rémunération ; R. Bassoul, P. Bernard et A. Touraine proposeront une analyse des attitudes au travail dans une usine de la région parisienne ; L. Karpik considérera de nouveaux aspects de l'arrivée dans l'industrie des ouvriers d'origine rurale ; R. Bassoul présentera les méthodes modernes de construction de plans d'analyse ; J. Lenfant étudiera les conseils ouvriers yougoslaves.

  • Le Laboratoire de Sociologie Industrielle de l'École Pratique des Hautes Études (VIe section) a été créé en 1958. Son but est d'étudier directement les conditions de travail et les attitudes des travailleurs industriels, ainsi que les mouvements sociaux auxquels ils participent. Chacun des mémoires qu'il publiera présentera des recherches concrètes. Mais son ambition est que chaque observation, loin d'être monographique, contribue à l'élaboration de principes généraux d'analyse, refusant ainsi d'accepter la dangereuse séparation de la recherche « empirique » et de la spéculation « théorique ». Aux mémoires, qui présentent les recherches effectuées par le laboratoire, s'ajouteront des publications plus générales, présentant l'état actuel des divers domaines de la sociologie du travail. A mi-chemin des articles et des ouvrages d'ensemble, ces mémoires chercheront à faire connaître les intentions, le mouvement et les méthodes de la recherche. Dans les prochaines publications, B. Mottez suivra l'évolution des systèmes de rémunération ; R. Bassoul, P. Bernard et A. Touraine proposeront une analyse des attitudes au travail dans une usine de la région parisienne ; L. Karpik considérera de nouveaux aspects de l'arrivée dans l'industrie des ouvriers d'origine rurale ; R. Bassoul présentera les méthodes modernes de construction de plans d'analyse ; J. Lenfant étudiera les conseils ouvriers yougoslaves.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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