• Au XVIe siècle, les anatomistes commencèrent à disséquer les corps morts ; au XIXe, Claude Bernard se proposait d'ouvrir les vivants ; à la fin du XXe siècle, naissait le premier bébé éprouvette. Le besoin de connaissance, permanent et multiforme, est-il un risque ? Les philosophes des Lumières, partagés sur la question, s'interrogèrent, à cette occasion, sur la place de l'éthique dans l'expérimentation scientifique. Depuis, il y eut la pratique de l'eugénisme, organisée aussi bien par l'État nazi que par certaines démocraties, il y eut des embryons congelés et les clones d'animaux. La science a-t-elle tous les droits en matière de recherche, alors que ses travaux engagent le devenir des humains ? L'éthique a-t-elle le pouvoir de tracer des interdits aux activités de la connaissance ? Voilà des questions, qui mettent d'abord en évidence l'inquiétude des sociétés humaines face à la science, face à une démarche qui transforme - systématiquement - le sujet pensant en objet à soigner, à améliorer, à transformer.

  • La France vieillit mais c'est la jeunesse qui mobilise l'attention. Doit-on s'en étonner ? Si la notion de jeunesse n'a pas toujours existé, la tendance est aujourd'hui à l'allongement de cette période entre enfance et âge adulte. Soumise à des traits communs liés à l'allongement des études, à la crise de l'emploi, au retour de la famille et au SIDA, la jeunesse n'en demeure pas moins plurielle et multiple par ses origines sociales, ses engagements, ses parcours scolaires et professionnels.

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