•    En acceptant d'assurer la défense de Marc Dutroux, le présumé monstre de Marcinelle, kidnappeur, violeur et assassin d'enfants, l'avocat Xavier Magnée, ténor du barreau de Bruxelles, s'attend au pire. Pourtant, rien ne l'a préparé à des crimes sordides, nauséeux, certes, mais aussi, de la part des pouvoirs judiciaire et exécutif, une volonté extravagante, mais obstinée et au bout du compte payante, de couper tous les fils qui relient Marc Dutroux à des complices et à d'éventuels commanditaires - ces fils qui constituent ce qu'on appelle communément un réseau.   Car si la question posée aux jurés d'Arlon par le ministère public fut de savoir si Marc Dutroux était ou non coupable, il y en a une autre tout aussi importante, qui taraude Xavier Magnée : comment a-t-il pu enlever six jeunes filles coup sur coup et les séquestrer dans une impunité totale - on a presque envie de dire "au vu et au su de tous" - malgré son casier judiciaire qui en faisait un suspect évident, malgré la surveillance constante dont il était l'objet de la part de la gendarmerie, malgré deux perquisitions à son domicile, malgré les innombrables indices qui convergeaient vers lui ?   La question, comme on dit, ne sera pas posée. Evacués d'autorité vers un dossier "bis", tous les indices et les dépositions ne cadrant pas avec la théorie du "prédateur isolé" attendront une enquête approfondie et un deuxième procès... qui n'auront jamais lieu. Le 24 novembre 2004, l'affaire est classée par la cour d'appel de Bruxelles, comme si elle était trop nauséabonde pour ne pas être enterrée.   Un lourd couvercle se referme ce jour-là sur ce qui reste l'un des plus grands scandales policiers et judiciaires qui aient jamais secoué la Belgique - et Dieu sait s'il y en eut !   Dans ce livre captivant, Xavier Magnée rouvre le dossier comme on rouvre une plaie : pour l'assainir une bonne fois, quitte à raviver la douleur. Pièce après pièce, en s'appuyant sur sa connaissance intime du dossier et avec un rare esprit de synthèse, il assemble le puzzle de l'affaire Dutroux sous nos yeux effarés et nous laisse avec l'inquiétante conviction qu'il y a décidément quelques chose de pourri au royaume de Belgique.

  • « Tout citoyen a le droit d'être défendu quelle que soit l'horreur des crimes dont il est accusé » Somme toute est un bilan, mais pas un bilan déposé. Un regard vers le passé, que l'auteur ne cesse de poser jour après jour, tirant de sa jeunesse chrétienne les leçons de l'examen de conscience, voire de l'acte de contrition. Il apprend très vite que la justice n'est pas nécessairement la vérité et que les deux déesses forment un couple d'enfer. Les causes « impossibles » qu'il assume, il les paie cher dans l'estime de l'opinion publique, très cher parfois, pour ensuite recevoir des encouragements, voire des félicitations, ou plus simplement le silence perplexe après les sanctions. Ce plaideur vous balade dans sa vie publique et dans sa vie privée, cherchant avec vous la clef de la destinée. C'est que tout est encore à faire. Avec ceux qui vous aiment, si vous acceptez de les reconnaître. Ceux qui vous pardonnent ou qui, pourquoi pas, vous comprennent et vous encouragent. Diable d'homme, Somme toute ! Les coulisses de la vie privée et publique de Xavier Magnette EXTRAIT Nous étions encore au temps du shah d'Iran. J'étais l'avocat habituel de l'ambassade quand un Iranien m'appela depuis la prison et me dit : « Voilà, mon père était ministre. Il est décédé. C'est un complot, on veut nuire au shah ; par l'intermédiaire de feu mon père, je circule en Belgique avec un ami, et on nous accuse d'avoir visité un village des environs de Bruxelles, Beersel, d'avoir fait un petit achat tout à fait bénin - un bâton de chocolat -, mais d'avoir voulu le payer avec un gros billet, attirant ainsi la patronne du magasin à l'arrière de sa boutique pour y chercher la monnaie dans une caissette qui contenait ses réserves. Nous l'aurions suivie et aurions dérobé le tout. Ensuite, nous sommes repartis, dit l'accusation, en Mercedes. » Il niait formellement : « Ce n'est pas moi ni mon ami. Pure calomnie. Mon père se retournerait dans sa tombe. Non : c'est un complot total. C'est bien simple : nous n'avons même jamais mis les pieds à Beersel. » CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE - « Ce ténor du barreau revient sur une carrière brillante mais aussi sulfureuse. Le bâtonnier Xavier Magnée a traversé le monde de la justice belge en y laissant la marque d'un grand plaideur. » La Libre Belgique - « Me Magnée apprend très vite que la Justice n'est pas nécessairement la Vérité. Les causes « impossibles » qu'il assume, il les paie cher dans l'estime de l'opinion publique, pour ensuite retrouver des encouragements. Il nous ballade dans sa vie publique et dans sa vie privée. » Librairie Molière A PROPOS DE L'AUTEUR Xavier Magnée est né en 1935 à Uccle. Après des études primaires et secondaires difficiles, il obtient son diplôme en philosophie et lettres à Louvain, suivi d'un doctorat en droit à l'Université libre de Bruxelles. Contrairement à son père, avocat de banques et de compagnies d'assurance, Xavier Magnée manifeste très vite une liberté d'esprit et d'action dans la défense des délinquants de tous bords, liberté qui le mène aussi à divorcer trois fois non sans le bonheur de deux magnifiques enfants. Un parcours professionnel, quant à lui plus classique : prix Janson, président du Jeune Barreau, membre du Conseil de l'ordre, bâtonnier. Il exerce encore, démontrant sans doute que cette carrière demande plus d'opiniâtreté dans l'idéal que de rigueur pour la vie courante. Et elle court encore, cette vie...

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