• Cet ouvrage passe l'idéalisme philosophique qui a dominé notre histoire intellectuelle, de l'Antiquité à nos jours, au crible du matérialisme. Il fait apparaître son enracinement général dans le faible développement des sciences et des techniques, et sa persistance anachronique aujourd'hui. Critiquant l'influence que la religion a eue sur l'idéalisme, il en montre le rôle néfaste dans l'histoire, en se mettant souvent au service des pouvoirs en place et de leur idéologie. Yvon Quiniou en appelle donc, pour finir, à un réveil de la philosophie : un matérialisme accordé aux sciences et motivé par l'idéal progressiste d'une humanité émancipée, dont Marx nous a fourni l'idée.

  • Yvon Quiniou entend ici relever le défi que la science lance à la philosophie en investissant l'ensemble de la réalité : elle ne peut survivre qu'en élaborant une pensée matérialiste, liée à celle-ci et associée à une pratique politique émancipatrice. Sur cette base où elle retrouve son double objectif originel, le Vrai et le Bien, il peut démythifier des grands noms de la philosophie contemporaine et dénoncer leur irrationalisme, qui voue la réflexion à l'impuissance théorique et pratique.

  • La montée d'une fascination incontrôlée pour la démesure, à travers le développement des sciences et des techniques, est inquiétante : le monde naturel aujourd'hui est détruit, notre vie et notre identité sont menacées par la consommation marchande. La cause principale s'en trouve dans un capitalisme débridé et irresponsable, déjà dénoncé par Marx, mais aussi dans des affects humains visant la puissance dont le transhumanisme est la forme ultime. Contre cela, Yvon Quiniou refuse les réactions irrationnelles de ceux qui, comme Nietzsche ou Heidegger, veulent nous faire revenir en arrière et nient les bienfaits possibles d'une maîtrise de la nature. Il appelle donc à un réveil critique général et à une nouvelle sagesse humaniste, politique et sociale : retrouver un sens de l'humain au service d'une vie « mesurée ».

  • Depuis la fin du système soviétique, nous connaissons une crise sans équivalent de la politique qui paraît renoncer à intervenir moralement dans la marche du monde. Comment lui redonner une ambition tout en évitant le risque totalitaire ? L'ouvrage répond en distinguant clairement l'éthique individuelle et la morale prise dans sa dimension collective. S'appuyant sur Kant et Rousseau, se réclamant d'une manière originale de Marx, multipliant les références polémiques et les débats (Nietzsche, Foucault, Hayek, Comte-Sponville), l'auteur entend ainsi revitaliser "l'hypothèse communiste".

  • « Marx croit au progrès », « La lutte des classes est une pure invention de Marx », « Pour Marx, l'histoire est écrite d'avance », « Le communisme, c'est l'état omniprésent », « Pour Marx, la religion est "l'opium du peuple" », « Marx veut rendre tous les hommes égaux », « Le communisme est une utopie, il a échoué partout » ... Yvon Quiniou procède ici, d'une manière vivante et précise, au bilan d'une pensée complexe et mal connue, souvent déformée par ceux-là même qui se déclarent « marxistes ».

  • Dans cet ouvrage à deux voix, le matérialisme est interrogé : sur son statut scientifique d'abord, que l'idéologie spiritualiste dominante tend à nier malgré l'apport de Darwin. Mais aussi en comparant le matérialisme classique de Marx et celui, vitaliste, de Nietzsche. Mais aussi sur des questions plus larges qui interpellent la pensée matérialiste : comment concevoir la morale ? Implique-t-elle nécessairement l'athéisme ? Comment concevoir l'aliénation humaine ? D'où l'intérêt de revenir au matérialisme historique marxien et de l'éclaircir.

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